La loi Hadopi appliquée "courant 2010" selon un Franck Riester sans conviction

Guillaume Champeau - publié le Lundi 08 Février 2010 à 18h51 - posté dans Peer-to-Peer

La riposte graduée imaginée dans la loi Hadopi verra-t-elle un jour le jour ? Repoussée à l'été après déjà de nombreux reports, sa mise en application pourrait ne pas avoir lieu avant l'année prochaine. C'est Franck Riester, rapporteur de la loi Hadopi à l'Assemblée Nationale et membre de la haute autorité, qui le laisse entendre...

Le calendrier de mise en application de la loi Hadopi ne cesse d'être repoussé. Lorsqu'elle était encore ministre de la Culture, Christine Albanel avait promis l'envoi des premiers e-mail pour le début de l'année 2009. Selon un cahier des charges qu'avait ensuite révélé Numerama, l'Hadopi devait commencer à envoyer une centaine de mails par jour en juin 2009, un millier en septembre, puis 10.000 par jours en mars 2010. Finalement, Frédéric Mitterrand a compris à son arrivée que les premiers mails ne pourraient pas partir avant début 2010, repoussant d'autant l'envoi massif. Puis lorsqu'il a officiellement installé l'Hadopi, le ministre de la Culture a reconnu qu'ils pourraient ne partir qu'en juillet 2010. Un calendrier encore optimiste, puisque les décrets d'application fixant les conditions d'autorisation d'ouverture de la chasse aux pirates n'ont pas encore été publiés. L'industrie du disque a beau fanfaronner en attribuant le marché à TMG, l'entreprise nantaise ne pourra commencer à collecter des adresses IP qu'après avoir obtenu l'autorisation de la CNIL, qui va se montrer des plus exigentes.

Ce mois-ci, c'est sans optimisme que le rapporteur de la loi et membre de la Hadopi Franck Riester mise sur une application "courant 2010" de la riposte graduée. "En tout cas, j'appelle vraiment ça de mes voeux", nuance-t-il dans une interview à Legipresse et la FNPS (voir vidéo ci-dessous), comme pour avertir qu'il y aura retard. Un retard qu'il impute à la lenteur du gouvernement.

"On invente un dispositif, et quand on invente un dispositif ambitieux ça prend un peu de temps", consent le député UMP sur l'arrivée tardive des décrets d'application, dont on a fait le pari depuis longtemps qu'ils ne seront jamais tous publiés. En particulier celui qui doit définir le délit de négligence caractérisée. "Ca devrait être dans les semaines prochaines, je ne peux pas vous donner de dates précises car le gouvernement ne nous en a pas données", regrette Franck Riester.

Publié par Guillaume Champeau, le 8 Février 2010 à 18h51
 
 
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Commentaires à propos de «La loi Hadopi appliquée "courant 2010" selon un Franck Riester sans conviction»
 

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Une adresse IP n'est pas un plaque minéralogique.
Talion, le 12/02/2010 - 20:54
Une adresse IP n'est pas un plaque minéralogique.
A un instant donné, un accès internet nécessite une IP unique (fournie par le FAI). Avec cette IP et l'heure précise on peut donc déterminer l'accès et donc identifier le client (l'abonné qui paye pour cet accès).

L'IP est une donnée personnelle.
Croux, le 12/02/2010 - 22:12
Talion, le 12/02/2010 - 20:54
Une adresse IP n'est pas un plaque minéralogique.
A un instant donné, un accès internet nécessite une IP unique (fournie par le FAI). Avec cette IP et l'heure précise on peut donc déterminer l'accès et donc identifier le client (l'abonné qui paye pour cet accès).

L'IP est une donnée personnelle.
Erreur grossière qui démontre ta méconnaissance du dossier (ou encore une fois de plus ta mauvaise foi).

Malgré la volonté affiché du législateur d'en faire une donnée à caractère personnel, ce n'est clairement pas l'avis de la cour de cassation (avec toutes les conséquences que cela implique).

Ce n'est donc pas un élément de preuve irréfragable, ça se plaide. Ainsi, cela n'en fait donc jamais dans le meilleur des cas qu'une preuve relative.

Apprends à lire les décisions de justice et évite de te montrer aussi catégorique à l'avenir ça t'évitera de te ridiculiser

La désinformation ne te mènera pas loin ici.
Talion, le 12/02/2010 - 22:46
Croux, le 12/02/2010 - 22:12
Talion, le 12/02/2010 - 20:54
Une adresse IP n'est pas un plaque minéralogique.
A un instant donné, un accès internet nécessite une IP unique (fournie par le FAI). Avec cette IP et l'heure précise on peut donc déterminer l'accès et donc identifier le client (l'abonné qui paye pour cet accès).

L'IP est une donnée personnelle.
Erreur grossière qui démontre ta méconnaissance du dossier (ou encore une fois de plus ta mauvaise foi).

Malgré la volonté affiché du législateur d'en faire une donnée à caractère personnel, ce n'est clairement pas l'avis de la cour de cassation (avec toutes les conséquences que cela implique).
La cour de cassation a énoncé dans cet arrêt qui ne fait pas jurisprudence que les relevés faits manuellement par un agent de la SACEM à l'occasion de l'affaire ne constituaient pas « un traitement de données à caractère personnel relatives à ces infractions » en considérant que l'IP n'avait pas permis d'identifier directement l'abonné.
Or au sens de la loi française et européenne, l'IP constitue bien une donnée personnelle; une position que la CNIL a toujours défendue.

Un article complet sur le sujet : L'adresse IP : Donnée à caractère personnel
Il n'y a pas consensus sur ce point... Donc ça se plaide et ça enterre l'idée d'un radar sur le réseau avec traitement hors du cadre juridique traditionnel.
Quant au caractère personnel de l'adresse IP que tu vas relever, il va falloir le prouver avec des arguments solides (exemple parmi d'autres) si tu souhaite renverser la charge de la preuve... (Ah le vieux fantasme de la présomption de culpabilité !...)

A noter que de toute façon en cas d'échanges cryptés et bien il n'y a rien à relever et que le fait de communiquer en crypter ne constitue pas une présomption d'usage illicite.

Bref, ton rêve d'une riposte graduée et automatisée à du plomb dans l'aile.
Talion, le 13/02/2010 - 00:04
Il n'y a pas consensus sur ce point... Donc ça se plaide et ça enterre l'idée d'un radar sur le réseau avec traitement hors du cadre juridique traditionnel.
Effectivement ça se plaide, mais la tendance est bien de considérer l'IP comme une donnée personnelle, les CNILs européennes ainsi que les associations d'usagers d'internet font tout pour (avec à la clé davantage de protection pour la vie privée).
Pour ce qui est du "hors cadre juridique traditionnel", il semblerait que ce soit aussi le cas avec les relevés d'infractions des radars automatisés puisqu'au CACIR de Rennes ce travail serait en partie sous-traité.

Quant au caractère personnel de l'adresse IP que tu vas relever, il va falloir le prouver avec des arguments solides si tu souhaite renverser la charge de la preuve... (Ah le vieux fantasme de la présomption de culpabilité !...)
C'est justement pour prouver la matérialité de la contrefaçon que les outils, utilisés par les agents assermentés HADOPI, procèderont à un téléchargement en se connectant à l'IP recueillie (qui a elle seule ne prouve rien) afin de récupérer une partie du fichier placé sous surveillance. Il sera ainsi démontré que l'accès à internet de l'abonné a bien servi à commettre le délit de contrefaçon d'une oeuvre protégée. Ce qui, je suis d'accord avec toi, ne prouve pas que l'abonné est le responsable de cette contrefaçon, mais peut autoriser tout de même la perquisition.

A noter que de toute façon en cas d'échanges cryptés et bien il n'y a rien à relever
"Echanges cryptés" ne veut pas dire "échanges anonymes" et inversement.

HTTPS (le S de sécurisé) qui met en oeuvre le SSL/TLS offre la confidentialité des données échangées mais pas l'anonymat.

Tor lui propose l'anonymat (en prenant des précautions complémentaires) mais pas directement la confidentialité des échanges (surfer en HTTP laisse passer en clair les mots de passe POSTés, les cookies, ... à l'entrée et à la sortie du réseau TOR)

et que le fait de communiquer en crypter ne constitue pas une présomption d'usage illicite.
Heureusement, mais les lois ne font que se durcir. Je n'ai pas envie qu'elles conduisent à l'avenir à ce qui est arrivé à cet utilisateur de Tor en allemagne : zataz.com.

Bref, ton rêve d'une riposte graduée et automatisée à du plomb dans l'aile.
Ce n'est pas mon rêve, je crains au contraire que ce que j'explique devienne effectif.
Je pensais plutôt au P3P crypté et anonyme de type Freenet, GNUnet, etc...

Une généralisation de l'usage de ce genre d'outil est à prévoir dans le contexte actuel.

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