Loppsi : et si le filtrage du web encourageait la pédocriminalité ?

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 29 Janvier 2010 à 18h38 - posté dans Société 2.0

Ce lundi 1er février, à une semaine de l'ouverture du débat parlementaire sur la loi Loppsi sortira aux éditions InLibroVeritas un livre choc auquel nous avons eu l'honneur de contribuer, "Confession d'un pédophile : l'impossible filtrage du web". Parallèlement, Fabrice Epelboin sort aujourd'hui une longue enquête aussi dérangeante qu'indispensable sur l'évolution du "marché de la pédophilie" ces dix dernières années. Elle montre à quel point un filtrage du web pour lutter contrer la pédopornographie est illusoire face au perfectionnement terrifiant des techniques employées par les réseaux criminels. Dans cet article, nous ajoutons un autre chapitre qui s'interroge sur la politique pénale à mener contre la pédopornographie. Peut-être, de manière contre-intuitive, est-ce le filtrage qui va au contraire multiplier les actes pédocriminels les plus redoutables. De toute l'histoire de Numerama, cet article est sans aucun doute l'article qui a été le plus difficile à écrire et à publier. C'est aussi peut-être l'un des plus essentiels, comme le livre dont le PDF sera disponible dès lundi gratuitement.

Précisons si ça n'était pas assez clair que l'article qui suit n'est pas présent dans le livre édité par InLibroVeritas, qu'il n'a pas été soumis à l'approbation de ses auteurs, et qu'il ne saurait donc refléter le contenu de l'ouvrage qui constitue une oeuvre totalement indépendante.

Pour être acceptable, une politique pénale se doit d'être à la fois juste et efficace. Or non seulement le blocage des contenus pédopornographiques prévu par la loi LOPPSI sera très certainement inapte à empêcher les pédophiles d'accéder aux réseaux habituels, mais de surcroît le principe-même du blocage risque d'être totalement contre-productif.

Voici l'extrait d'un courrier électronique que nous avions reçu un jour, alors que nous venions par négligence d'assimiler pédophilie et pédocriminalité dans un article consacré à un projet de blocage des sites Internet, abandonné depuis en Allemagne. Nous avons conscience que ce témoignage et le dialogue qui suit peuvent choquer et déranger, mais il nous paraît essentiel de l'affronter. Il faut s'interroger sans lâcheté ni pudeur paralysante sur l'efficacité du dispositif de filtrage par rapport à l'objectif de la loi tel qu'annoncé par Michèle Alliot-Marie lorsqu'elle était ministre de l'intérieur, " protéger les enfants et leurs familles contre les pédophiles " :

Bonjour,
Dans ce message, je vais me faire un peu l'avocat du diable et j'en suis désolé. Vous parlez de "chasse au pédophile" : cette expression, bien qu'imagée évidemment, engendre souvent une grande souffrance, comme beaucoup d'autres, dans une classe un peu particulière de la population.
Les pédophiles, ce sont les adultes attirés sexuellement par les enfants. Mais de même que les hommes peuvent être attirés par les femmes sans les violer, les pédophiles, si ils ne peuvent pas "passer à l'acte" sans causer une souffrance terrible à leur victime, peuvent "simplement" se passer totalement de passage à l'acte et simplement vivre une existence normale, sans blesser personne.
Vous êtes journaliste, aussi vais-je invoquer la protection des sources avant de vous confier, de manière donc confidentielle, les informations suivantes.
Je suis moi-même, et pour des raisons que je connais, attiré par les jeunes adolescents. Je sais parfaitement la souffrance terrible que cela provoquerait chez eux si je venais à céder à mes envies, et c'est pourquoi (avec l'aide précieuse des psychologues de l'association "l'ange bleu" ) je retiens simplement mes pulsions, et vis par ailleurs une existence parfaitement normale. Je ne regarde pas de contenus pédophiles sur internet, je ne fais rien aux enfants... Bref, ce sont juste des idées qui sont présentes et que je refuse.
Mais dans de trop nombreux articles (et dans les commentaires qui les accompagnent, bien trop souvent) on retrouve la même erreur : on parle de "chasse aux pédophiles" alors que la plupart des pédophiles sont comme moi : ils refusent simplement le passage à l'acte. C'est une minorité de passage à l'acte, toujours dramatique bien sûr, mais une minorité.

A la réception de ce courrier, nous avons entamé une discussion avec ce pédophile pour mieux comprendre un monde qui nous était jusqu'ici totalement inconnu. L'anonymat souvent décrié sur Internet a ceci de particulier qu'il permet d'ouvrir des dialogues francs, où la honte et le préjugé font place à la confession et à l'écoute. Nous avons voulu savoir comment lui pouvait résister et ne pas " passer à l'acte ", comme il le dit, alors qu'il ne " regarde pas de contenus pédophiles sur Internet ". Et c'est bien là pour lui toute la différence entre pédophilie et pédocriminalité :

Pour générer un contenu pédopornographique, il faut faire souffrir un enfant, ce qui fait une vie de gâchée, hélàs. Par contre, et sans faire souffrir qui que ce soit, il existe le principe japonais du "lolicon" qui désigne des hentais mettant en scène des enfants (des jeunes filles, en général). Ce ne sont que des dessins, cela ne fait de mal à personne, mais c'est malheureusement interdit en France (alors d'ailleurs qu'un grand nombre de bandes dessinées pornographiques datant d'une trentaine d'années mettent en scène des enfants).

J'avoue en regarder parfois : cela fournit un exutoire aux pulsions, qui ne fait de mal à personne, ne détruit pas de vies. Juste des dessins.

Ainsi donc, ce pédophile auto-désigné ne regarde pas d'enfants réels photographiés ou filmés, mais des enfants imaginaires dessinés. Pour la plupart d'entre-nous, le fait d'observer avec excitation des enfants nus, quand bien même seraient-ils simplement dessinés, reste insupportable sur le plan des valeurs et des principes. L'idée-même de l'imaginer nous terrifie. Surtout nous craignons, légitimemement, que le dessin ne soit qu'une étape, une rampe de lancement vers l'acquisition de contenus pédopornographiques produits par le viol d'enfants bien réels.

C'est d'ailleurs l'avis du législateur en France. Les " lolicons " évoqués par notre témoin sont effectivement condamnés au même titre que la pédopornographie traditionnelle. L'article 227-23 du code pénal punie en effet " le fait de diffuser, de fixer, d'enregistrer ou de transmettre l'image ou la représentation d'un mineur, lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique ". Il suffit donc de représenter un mineur, même de manière totalement fictive, pour tomber sous le coup de la loi. Si l'on pouvait avoir un doute sur le fait que la loi vise également les représentations d'enfants totalement imaginaires, et non pas seulement les dessins réalisés à partir de modèles existants, la jurisprudence est venu l'effacer. En 2007, la cour de cassation a jugé que la loi visait aussi les " images non réelles représentant un mineur imaginaire ". La morale est sauve.

Mais cette appréciation n'est pas universelle. Au Japon, depuis la fin de la seconde guerre mondiale jusqu'aux années 1980, toute représentation de nudité, de poils pubiens et d'organes génitaux était parfaitement interdite. Aucun acte sexuel ne pouvait être reproduit graphiquement. Puis au tournant des années 1990, la jurisprudence japonaise a considérablement libéralisé la pornographie. Pour être pénalement réprimée au Japon, la pornographie doit être jugée " obscène ". Or les juges ont été de plus en plus réticents à trouver certains types de contenus obscènes, et ils ont notamment toléré les représentations fictives d'enfants totalement imaginaires, même dans des mises en scènes sexuelles. Des contenus classés comme " lolicon " sont depuis distribués librement par une industrie ayant pignon sur rue.

Or une étude menée par l'Université d'Hawai en 1992 s'est intéressée à la corrélation entre le développement de la pornographie notamment juvénile au Japon et l'évolution des données relatives aux crimes et délits sexuels. " Il est très clair d'après nos données et nos analyses qu'une croissance massive de la disponibilité de la pornographie au Japon a été corrélée à une baisse très importante des crimes sexuels ", concluaient les chercheurs, qui s'étonnaient eux-mêmes de leur découverte :

Notre hypotèse était que l'augmentation de la pornographie, sans restrictions d'âge et dans les bandes dessinées, si elle avait le moindre effet négatif, influencerait le plus négativement les individus les plus jeunes. C'est l'exact contraire qui s'est produit. Le nombre de délinquants sexuels juvéniles a énormément diminué à chaque période étudiée pour passer de 1 803 aggresseurs en 1972 à 264 en 1995 ; une diminution d'environ 85%. Le nombre de victimes diminue également particulièrement chez les jeunes de moins de treize ans. En 1972, 8,3% des victimes avaient moins de 13 ans. En 1995 le pourcentage des victimes de moins de 13 ans était descendu à 4,0%.

Notre propos n'est surtout pas d'en conclure qu'il faut légaliser le lolicon en France, même s'il peut être salutaire d'ouvrir le débat. La meilleure manière de combattre les réseaux pédocriminels est peut-être en effet de laisser prospérer la pédopornographie virtuelle, qui ne fait pas de victime. Ou peut-être pas. Notre avis sur la question n'est pas tranché. Il s'agit là d'un lourd débat, beaucoup plus difficile et considérablement moins consensuel que le blocage illusoire de sites Internet que n'utilisent pas les réseaux pédocriminels. L'absence de courage politique fait vite choisir entre une controverse sur le filtrage des contenus pédophiles et une controverse sur la libéralisation de la pédopornographie virtuelle.

En revanche, l'enseignement à tirer de l'exemple japonais, c'est que ça ne sont pas les gouvernements successifs qui ont modifié la loi sur la pornographie pour influer sur la délinquance sexuelle. Ce sont les tribunaux qui localement, de par leur sensibilité et leur expérience auprès des prévenus et des victimes, ont souhaité faire évoluer l'interprétation de la loi dans un sens qui leur semblait préférable pour une politique pénale plus efficace. Non seulement les juges japonais en ont eu le souhait, mais ils en ont surtout eu la capacité.

Or le projet de loi LOPPSI initial prévoyait de retirer ce pouvoir d'appréciation aux juges en France, et de le confier uniquement à l'administration, donc à l'Etat et au gouvernement. Lequel préferera toujours donner l'impression d'en faire trop que pas assez contre la pédopornographie. On ne peut donc que se féliciter que les députés de la commission des lois aient à l'unanimité exigé le retour du juge dans le processus. Et espérer que cette sagesse soit maintenue en séance plénière la semaine prochaine.

Publié par Guillaume Champeau, le 29 Janvier 2010 à 18h38
 
 
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Commentaires à propos de «Loppsi : et si le filtrage du web encourageait la pédocriminalité ?»
 

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L'article est plein de vérité, tant du point de vue du débat qui est nécessaire mais aussi sur l'impossibilité d'avoir un tel débat publiquement aujourd'hui. On vit dans une société dominé par l'émotion où les réaction des politiques notamment (à l'image d'une partie de la population) est fondé sur l'émotion alors qu'il devrait y avoir un certain recul nécessaire à la bonne appréhension d'une information. De sorte que celui qui se risquait à lancer ce débat sur la place public s'en prendrait plein la gueule si vous me pardonnez l'expression.
De toute façon dès qu'on parle de pédophilie la position de certain à droite se résume à les enfermez à vie ou leur coupez la **** sans chercher à comprendre (alors qu'on peut voir au mail que vous citez que comprendre et en parler c'est un moyen de prévention indispensable...)

Et surtout un moyen de connaitre le problème, donc d'en imaginer plus précisément une solution viable et la plus acceptable possible.

Des années que j'attends un article comme celui là, dominé plus par une logique froide mais salutaire que par des émotions toujours délétères quand il s'agit de débattre...

Vraiment chapeau bas numerama... Vivement que ce genre de débat se dépassionne et puisse être mené sereinement, sans à priori ni tabou.

Une réflexion à ce sujet, le débat sur la pédophilie aujourd'hui est le même qu'on a eu sur l'homosexualité il y a 30 ans et qui a conduit à supprimer l'homosexualité de la liste des maladies mentales... à un détail près : comme l'a dit votre correspondant, on peut avoir des relations homosexuelles sans gâcher une vie... avec des enfants, c'est moins sûr... (avec des adolescents, à mon avis c'est pas si évident que çà...)

Encore une fois, un grand bravo à Numerama pour avoir osé lancer ce débat des plus intéressants!
Très joli article, que je trouve particulièrement bien écrit je n'ai pas l'impression que vous condamniez ou que vous souteniez une cause.
Mais juste que vous cassez un assez grand tabou sur le coup!
demon666, le 29/01/2010 - 19:48
argument pourtant difficile à défendre dans notre pays car la suspicion fait presque foi de loi.
prenons un exemple, imaginez un gars qui collectionne les insignes et autres objets nazis et allemands, à priori cela peut juste être un simple collectionneur, mais imaginez une perquisition, je crois que la police ne le verrait pas de cet oeil, c'est là le hic, l'amalgame.
Alors même un fana de lolicon risque fort d'être taxé de pédophile.
Autre problème, autoriser la pédophilie même imaginaire et virtuelle est certes toujours mieux que l'acte, mais comment differencier dès lors le bon du mauvais individu.
le débat risquerait d'être vaste!!!!

Mais il mérite d'être mené le plus froidement possible pour ne garder que la logique et écarter toute émotion!
Ronfladonf, le 29/01/2010 - 21:15
L'article est plein de vérité, tant du point de vue du débat qui est nécessaire mais aussi sur l'impossibilité d'avoir un tel débat publiquement aujourd'hui. On vit dans une société dominé par l'émotion où les réaction des politiques notamment (à l'image d'une partie de la population) est fondé sur l'émotion alors qu'il devrait y avoir un certain recul nécessaire à la bonne appréhension d'une information. De sorte que celui qui se risquait à lancer ce débat sur la place public s'en prendrait plein la gueule si vous me pardonnez l'expression.
De toute façon dès qu'on parle de pédophilie la position de certain à droite se résume à les enfermez à vie ou leur coupez la **** sans chercher à comprendre (alors qu'on peut voir au mail que vous citez que comprendre et en parler c'est un moyen de prévention indispensable...)

Et surtout un moyen de connaitre le problème, donc d'en imaginer plus précisément une solution viable et la plus acceptable possible.

Des années que j'attends un article comme celui là, dominé plus par une logique froide mais salutaire que par des émotions toujours délétères quand il s'agit de débattre...

Vraiment chapeau bas numerama... Vivement que ce genre de débat se dépassionne et puisse être mené sereinement, sans à priori ni tabou.

Une réflexion à ce sujet, le débat sur la pédophilie aujourd'hui est le même qu'on a eu sur l'homosexualité il y a 30 ans et qui a conduit à supprimer l'homosexualité de la liste des maladies mentales... à un détail près : comme l'a dit votre correspondant, on peut avoir des relations homosexuelles sans gâcher une vie... avec des enfants, c'est moins sûr... (avec des adolescents, à mon avis c'est pas si évident que çà...)

Encore une fois, un grand bravo à Numerama pour avoir osé lancer ce débat des plus intéressants!

Le débat sur la pédophilie était bien plus facile il y a 30 ou 40 ans. Il suffit de lire les prises de positions de Guy Hocquenghem et celles de Michel Foucault qui posaient réellement la question de la suppression de la majorité sexuelle comme limite légale à la sexualité.

Aujourd'hui, le débat sur la pédophilie sert surtout de prétexte à celui de la morale sexuelle en règle général, on a érigé en lieu commun le fait que toute sexualité juvénile est dangereuse pour les enfants, au point de les traumatiser artificiellement si on considérait qu'ils ne l'étaient pas suffisamment. Vous vous souvenez du procès d'Outreau, savez vous que la majorité des enfants impliqués dans ce procès n'ont pas rejoint leurs familles car toujours persuadé d'avoir été violé. On leur a tellement monté la tête qu'on a réussi à en faire des victimes alors qu'ils ne s'étaient rien passé. C'est la culture de l'émotion qui a décimé ces enfants, pas les pédophiles.

Personnellement, je prend une position radicale, mais je suis persuadé que tout ce qu'on fait autours de la pédophilie dans ce pays et dans le reste du monde est avant tout au service d'une morale qu'au service des enfants. La vérité c'est qu'on a rien à foutre des enfants, on se sert d'eux pour justifier une attaque par la morale de plus en plus insidieuse (ce qui se passe en australie en est un exemple, mais également le fait qu'on condamne judiciairement les enfants aux USA parce qu'ils ont la bonne idée de s'envoyer des photos d'eux à poil), on va quand même pas me dire qu'on les met en prison pour les protéger ? Et sont coupable de ça aussi bien un certain nombre de pédophiles que de gens qui disent lutter dans leurs faveurs.

Je pense que l'urgence c'est de sortir de cette culture de l'émotion, essayer de se poser les bonnes questions en débattant avec les bonnes personnes, la chasse aux pédophiles ne fait que détruire des personnes n'ayant déjà pas beaucoup d'espoir. On pourrait débattre du contenu pédopornographique sur internet, et on constaterait qu'aujourd'hui, la majorité du contenu créé l'est par les enfants eux-même, que la majorité du contenu échanger dont l'infraction préalable est connue et identifiée, quand il y a eu infraction car beaucoup de films tournée légalement à une certaine époque sont échangées.

Si on veut faire un vrai débat sur la question, c'est possible, mais faut arrêter de se cacher derrière ses émotions et parler avec franchise des choses. Profitez que le droit vous l'accorde encore.
Bravo, article courageux, si seulement il pouvait sortir dans les grands médias !

Oui, je sais, je rêve ...
sparci95, le 29/01/2010 - 22:06
Bravo, article courageux, si seulement il pouvait sortir dans les grands médias !

Oui, je sais, je rêve ...

Les grands médias aujourd'hui c'est quoi ?
Tf1 ? plus aucune crédibilité
Le Figaro ? plus aucune crédibilité
Le nouvel Obs ? plus aucune crédibilité
Marianne ? plus aucune crédibilité (je les ai testés , ils se la pètent mais c'est les mêmes)
NRJ ? no comment

Les grands médias c'est "LE" grand média....le NET
et donc ça sort sur le grand média NUMERAMA
Ronfladonf, le 29/01/2010 - 21:39
demon666, le 29/01/2010 - 19:48
argument pourtant difficile à défendre dans notre pays car la suspicion fait presque foi de loi.
prenons un exemple, imaginez un gars qui collectionne les insignes et autres objets nazis et allemands, à priori cela peut juste être un simple collectionneur, mais imaginez une perquisition, je crois que la police ne le verrait pas de cet oeil, c'est là le hic, l'amalgame.
Alors même un fana de lolicon risque fort d'être taxé de pédophile.
Autre problème, autoriser la pédophilie même imaginaire et virtuelle est certes toujours mieux que l'acte, mais comment differencier dès lors le bon du mauvais individu.
le débat risquerait d'être vaste!!!!

Mais il mérite d'être mené le plus froidement possible pour ne garder que la logique et écarter toute émotion!

l'idée est je l'admets bonne, un débat constructif sans jouer sur l'émotif mais plus sur le constat avec un ton neutre mais direct et constructif!!!
+100
[q]Je pense que l'urgence c'est de sortir de cette culture de l'émotion, essayer de se poser les bonnes questions en débattant avec les bonnes personnes, la chasse aux pédophiles ne fait que détruire des personnes n'ayant déjà pas beaucoup d'espoir. On pourrait débattre du contenu pédopornographique sur internet, et on constaterait qu'aujourd'hui, la majorité du contenu créé l'est par les enfants eux-même, que la majorité du contenu échanger dont l'infraction préalable est connue et identifiée, quand il y a eu infraction car beaucoup de films tournée légalement à une certaine époque sont échangées.[/q]

Je ne peut qu'agréer à ces propos (sauf sur le point que c'est les enfants eux-mêmes qui les posent, car souvent il se font avoir sur les chats etc.. par défaut d'information et pensant se trouver avec des gens de leur âge, donc ils les posent mais la faute repose sur ceux qui en les ont pas éduqués).
Mais le problème est le même, la droite bien pensante, moralisatrice, qui agit d'une façon répressive alors que la prévention est plus que nécessaire (quoi qu'on commence ahui à découvrir les vertu de la prévention et de l'éducation à l'information et à l'internet... n'est-ce pas un peu trop tard?).

Le problème avec le terme pédophilie comme quelqu'un en faisait la remarque dans son commentaire c'est qu'on pense tous à l'homme adulte de 35-50 ans etc... (tout le monde voit le préjugé, même les clips du gouvernement le véhiculait il y a quelques mois). Or lorsqu'il y a des viols est que l'enfant est mineur adolescente on ne parle plus de pédophilie... Derrière un terme se révèle un préjugé qui porte préjudice. Le pédophile qui est passé à l'acte, le pointeur (terme carcéral) ne sera pas traité de la même facon que le violeur d'une adolescente tout ça à cause d'une différence d'age alors le crime (dans un sens plus large que le sens du droit pénal) est le même.
Marika2072, le 29/01/2010 - 19:44
C'est pareil pour beaucoup de monde dans le couple Homme/femme (ca s'appelle tromper)

Ouais, sauf que tromper n'est pas un crime et ne peut "gâcher" de vie que parce qu'on veut que ça puisse "gâcher" une vie. Et encore, même pour les plus hardcore emo, on s'en remet très vite. Après suffit de pas être trop débile pour comprendre que c'est une "faute" parfaitement naturelle qui ne fait de mal à personne, à part au crétin d'humain qui a cru étendre sa propriété à l'autre plutôt que de lui accorder sa confiance. De nos jours quand on parle d'amour on parle de propriété, et pas du tout de sentiments finalement. Eux, ils viennent après.

Par contre, si un pédophile "faute" et abuse d'un enfant, psychologiquement cet enfant peut demeurer traumatisé. C'est donc un tout autre problème puisqu'on lui retire ses chances d'avoir une belle vie. Les problèmes de couple tiennent de la volonté de se gâcher la vie. Là c'est imposé à un enfant, qui comprend pas tout sur le moment, mais qui en garde les séquelles.


demon666, le 29/01/2010 - 19:48
Autre problème, autoriser la pédophilie même imaginaire et virtuelle est certes toujours mieux que l'acte, mais comment differencier dès lors le bon du mauvais individu.

De quel mauvais individu tu parles ? Si aucun fan de lolicon ne passe à l'acte IRL, il n'y a pas de mauvais individu. Serais-tu partisan du soupçon universel, où tout le monde est criminel jusqu'à preuve du contraire ? Ce serait faire le jeu de l'UMP et de son gourou !

Tout ce qui est virtuel devrait être autorisé. Déjà parce que c'est une création, et donc une forme d'art, qu'on le veuille ou non. Ensuite parce qu'il n'y a aucune raison d'interdire quelque chose qui ne fait de mal à personne, qui peut en soulager certaines, et qui en plus a demandé du temps et de l'investissement à son créateur.

Il y aurait bien d'autres choses à dire, mais je préfère ne pas aller trop loin, de peur de choquer les âmes sensibles passionnées par le débat (qu'il faudrait justement dépassionner).
djjeffouille, le 29/01/2010 - 22:11
sparci95, le 29/01/2010 - 22:06
Bravo, article courageux, si seulement il pouvait sortir dans les grands médias !

Oui, je sais, je rêve ...

Les grands médias aujourd'hui c'est quoi ?
Tf1 ? plus aucune crédibilité
Le Figaro ? plus aucune crédibilité
Le nouvel Obs ? plus aucune crédibilité
Marianne ? plus aucune crédibilité (je les ai testés , ils se la pètent mais c'est les mêmes)
NRJ ? no comment

Les grands médias c'est "LE" grand média....le NET
et donc ça sort sur le grand média NUMERAMA

Ben quand même, Numerama commence à se poser comme grand media, tenez, voyez ce lien :
http://www.alexa.com...fo/numerama.com

Certes Alexa perd de sa crédibilité quand on touche au web français, ils sont plus intéressants pour le web anglophone, mais un Alexa Rank de 13 000 (nota pour les anciens : Alexa a modifié ses critères de ranking en 2009, le nouvel index n'a rien à voir avec les précédentes valeurs), c'est très bien.

Scrollez plus bas, Alexa classe Numerama comme le 460e site web pour le traffic issu de France. Devant pcinpact.com par exemple.

Encore une fois, c'est à prendre avec des pincettes géantes, mais on est déjà loin du blog d'un jean-kevin qui commente que linux c'est mieux que microsoft...
Ah, sinon, petit correctif orthographie et lexical :

- " Notre hypotèse était que l'augmentation de la pornographie, "
> hypotHèse

- " qui désigne des hentais mettant en scène "
> est-ce que tu dirais " des porno mettant en scène" ou "des bondage mettant en scène" ?
Si le lolicon est un genre, le hentai est un genre aussi, de type plus générique, caractérisé par sa provenance dessinée à l'ancienne ou par infographie. Donc, il aurait fallu employer l'expression "" qui désigne des contenus hentai mettant en scène "
La pédophilie est un sujet complexe où beaucoup d'éléments hétéroclites sont amalgamés. Je tracerai donc quelques grandes lignes très succinctement avant de donner mon avis.

Tout d'abord, il faut relever le consentement, ce que finalement vous faites parfaitement dans votre article par le parallèle au viol, ainsi en France toute personne de moins de 16 ans n'est pas reconnu capable de prendre un choix de cet ordre.
Ensuite, vient la distinction entre les ados pubères et les non-pubères, allant des ados aux très très jeunes enfants voire bébés.
Enfin, dans cette catégorie des non-pubères, il faut distinguer les raisons des fantasmes pédophiles qui peuvent être très variés.

Je ne reviendrais pas sur les raisons du non-passage à l'acte qui sont propres à tout viol ou atteinte à la personne que vous évoquez très bien, donc je m'attarderai sur la problématique de l'exutoire...

Des contenus pornographiques peuvent très bien soulager ou tout au contraire attiser les fantasmes. La seule possibilité de connaître l'effet, le retentissement chez une personne, est de connaître les raisons de ses fantasmes... Par exemple, dans certains cas de pédophilie, que je considère comme les plus dangereux, les fantasmes reposent sur la dominance totale de l'être tant physiquement que moralement et non-pas sur la "jeunesse" ou des souvenirs. Dans ces cas où le passage à l'acte est très proche et conditionné par la soif de dominance, un contenu pornographique ne pourra que donner une frustration plus grande alimentant le fantasme du passage à l'acte et incitant la réalisation de celui-ci.
Il est bien évident que ces cas sont minoritaires et c'est ce qui semble être confirmé par l'étude que vous citez ; je souscris donc à votre raisonnement visant une légalisation de ces contenus représentatifs.
Mais je ne peux qu'être perplexe quant à son avenir. Car le nombre des cas que je viens d'exposer sont d'une certaine manière, car je ne rentrerais pas dans les détails, incompressibles, or lorsqu'il y a un accident on regarde à postériori si les conducteurs n'étaient pas en discussions téléphoniques et lorsque c'est le cas, qu'il s'agisse d'un main-libre ou non, on rejette la responsabilité sur cet "élément déclencheur"... De même lorsque ces cas de pédophilie passeront à l'acte, le pourcentage de ceux en possession de ces images voire ayant reproduit ces scènes sera élevé. La réaction médiatique et politique en découlant est bien-sûr des plus prévisibles, mais pensez-vous qu'individuellement chacun sera capable de laisser parler sa raison en ne culpabilisant pas que ces contenus qui ont été "réalisés", ne furent plus interdits? Vous, en seriez-vous capables?
Stabbquadd, le 29/01/2010 - 22:49
Après suffit de pas être trop débile pour comprendre que c'est une "faute" parfaitement naturelle qui ne fait de mal à personne, à part au crétin d'humain qui a cru étendre sa propriété à l'autre plutôt que de lui accorder sa confiance. De nos jours quand on parle d'amour on parle de propriété, et pas du tout de sentiments finalement. Eux, ils viennent après.

+10000
Mais ce problème vient du fait qu'on fait une grosse erreur d'identité à mon avis... On croit qu'on n'est qu'un corps physique donc possédable.
En réalité quand on se voit comme un esprit qui possède un corps, et qu'on a compris que les autres sont pareils... la notion de possession disparait complètement!

Posséder c'est avoir peur de perdre... si il y a de la peur, il ne peut y avoir de l'amour.


Si on pousse le raisonnement à fond, on comprend que c'est la source de tous les problème du monde moderne... Ce qui est effrayant c'est la solution...
Hogx, le 29/01/2010 - 23:10
Des contenus pornographiques peuvent très bien soulager ou tout au contraire attiser les fantasmes. La seule possibilité de connaître l'effet, le retentissement chez une personne, est de connaître les raisons de ses fantasmes... Par exemple, dans certains cas de pédophilie, que je considère comme les plus dangereux, les fantasmes reposent sur la dominance totale de l'être tant physiquement que moralement et non-pas sur la "jeunesse" ou des souvenirs. Dans ces cas où le passage à l'acte est très proche et conditionné par la soif de dominance, un contenu pornographique ne pourra que donner une frustration plus grande alimentant le fantasme du passage à l'acte et incitant la réalisation de celui-ci.
Il est bien évident que ces cas sont minoritaires et c'est ce qui semble être confirmé par l'étude que vous citez ; je souscris donc à votre raisonnement visant une légalisation de ces contenus représentatifs.
Mais je ne peux qu'être perplexe quant à son avenir. Car le nombre des cas que je viens d'exposer sont d'une certaine manière, car je ne rentrerais pas dans les détails, incompressibles, or lorsqu'il y a un accident on regarde à postériori si les conducteurs n'étaient pas en discussions téléphoniques et lorsque c'est le cas, qu'il s'agisse d'un main-libre ou non, on rejette la responsabilité sur cet "élément déclencheur"... De même lorsque ces cas de pédophilie passeront à l'acte, le pourcentage de ceux en possession de ces images voire ayant reproduit ces scènes sera élevé. La réaction médiatique et politique en découlant est bien-sûr des plus prévisibles, mais pensez-vous qu'individuellement chacun sera capable de laisser parler sa raison en ne culpabilisant pas que ces contenus qui ont été "réalisés", ne furent plus interdits? Vous, en seriez-vous capables?

On peut faire un parallèle très simple avec les films pornographiques mettant en scène des viols. C'est tout à fait légale et pour en avoir vu un un jour, je me suis surpris à penser que tout ceux qui regardaient ces films ne pouvaient qu'être dangereux pour la société. Or, est-ce qu'on a des histoires dans les médias de violeurs ayant chez eux de tels films pornographiques ? Je n'en ai pour ma part jamais vu.

Je pars personnellement du principe que toute personnes, qu'elle soit pédophile ou pas, est un citoyen comme les autres, et que tant que ses activités personnelles n'ont pas d'influence sur autrui, il est indécent de vouloir l'empêcher de vivre.

Il faut que certain se mettent dans la tête que si demain on leur interdisait toute forme de sexualité, qu'on leur interdisait même d'avoir du désir pour une femme ou un homme, qu'il se rende compte que c'est à peu près ce que vivra un pédophile de sa puberté à la fin de sa vie. Alors qu'on lui permette au moins de se palucher de temps en temps n'est quand même pas énorme.
ça serait un débat que pourrait mener les association de protection des mineurs, de thérapie des pédophile et les députés. S'il y a un soupçon de moyen de faire baisser la pédocriminalité, il serait sage que les plus sages d'entre nous y réfléchissent.
Moi je réagirais sur un point un peu différent (quoique abordé un peu dans les commentaires).

L'article nous indique que regarder des images montrant des enfants purement imaginaire ayant des relations sexuels est "insupportable sur le plan des valeurs".
Supposons. Si l'on suppose que l'enfant est un alien ayant 400 ans et qui a juste l'apparence d'un enfant, qu'est ce que ca fait sur le plan des valeurs ?
Parce qu'on parle juste d'imaginaire, et dans l'imaginaire on peut imaginer a peu près tout.

On dit que c'est "insupportable". Mais quand on fait un headshot dans jv, c'est quoi ? Comment peut on dire que c'est "bien" de décapiter a coup de shootgun ou de railgun un type/un cyborg/... ou de faire des throat kill dans sof ?
Et pourtant dieu que c'est marrant de faire une partie bien bourrine de cs/ut/sof/...

Moi je suis beaucoup plus simple au niveau des valeurs : "la liberté des uns s'arrête a celle des autres". Est ce que les personnes qui ne feront aucun passage a l'acte représente un problème pour les autres, voir même pour elles mêmes ? Non, par définition.
Est ce qu'une personne qui joue à CS represente un danger pour les autres ? Pour les mêmes raisons non.

On peut prendre du plaisir sur quelque chose d'imaginaire comme un jeux vidéo, et personne ici viendra me prendre la tête sur les valeurs qui sont bafoués en grand lorsque je joue un coup à bayonetta où je torture savamment des anges!
Je ne sais pas suis je suis pour ou contre cette libéralisation, mais je suis positivement favorable à l'ouverture de débat sur le sujet. Très bon article dépassionné sur un sujet qui l'est souvent trop (et malheureusement à dessein)...
Moi je réagirais sur un point un peu différent (quoique abordé un peu dans les commentaires).

L'article nous indique que regarder des images montrant des enfants purement imaginaire ayant des relations sexuels est "insupportable sur le plan des valeurs".
Supposons. Si l'on suppose que l'enfant est un alien ayant 400 ans et qui a juste l'apparence d'un enfant, qu'est ce que ca fait sur le plan des valeurs ?
Parce qu'on parle juste d'imaginaire, et dans l'imaginaire on peut imaginer a peu près tout.

On dit que c'est "insupportable". Mais quand on fait un headshot dans jv, c'est quoi ? Comment peut on dire que c'est "bien" de décapiter a coup de shootgun ou de railgun un type/un cyborg/... ou de faire des throat kill dans sof ?
Et pourtant dieu que c'est marrant de faire une partie bien bourrine de cs/ut/sof/...

Moi je suis beaucoup plus simple au niveau des valeurs : "la liberté des uns s'arrête a celle des autres". Est ce que les personnes qui ne feront aucun passage a l'acte représente un problème pour les autres, voir même pour elles mêmes ? Non, par définition.
Est ce qu'une personne qui joue à CS represente un danger pour les autres ? Pour les mêmes raisons non.

On peut prendre du plaisir sur quelque chose d'imaginaire comme un jeux vidéo, et personne ici viendra me prendre la tête sur les valeurs qui sont bafoués en grand lorsque je joue un coup à bayonetta où je torture savamment des anges!

Point de vue intéressant...
Mais argument qui n'a aucune valeur pour le castratrices bien pensantes de Famille de france et autres UMP : les jeux videos sont le mal et les jeux que tu cites ne sont ni plus ni moins que des démons recruteurs pour des pédoterronazis d'ultra gauche priant une statuette de besancenot tous les soirs pour ces culs bénis
le livre, vous sera éclairant à plus d'un titre. J'apprécie en tout cas que le débat ne trolle pas, c'est une bonne chose que de pouvoir analyser cela de manière objective et efficace. Car, in fine, il s'agit de trouver le meilleur moyen d'éradiquer la pornographie pédophile de la toile.
boogieplayer, le 30/01/2010 - 01:24
le livre, vous sera éclairant à plus d'un titre. J'apprécie en tout cas que le débat ne trolle pas, c'est une bonne chose que de pouvoir analyser cela de manière objective et efficace. Car, in fine, il s'agit de trouver le meilleur moyen d'éradiquer la pornographie pédophile de la toile.

Et moi qui croyait que c'était de protéger les enfants, je suis bien bête . . .

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