Claire Chazal première victime de la loi Hadopi !
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 16 Octobre 2009 à 00h06 -
posté dans Société 2.0
![]() Un webmaster poursuivi pour diffamation publique par la journaliste Claire Chazal a été relaxé de l'essentiel des poursuites par le tribunal de grande instance de Paris. C'est la promulgation l'été dernier de dispositions de la loi Hadopi relatives à la responsabilité pénale des éditeurs de sites qui l'a sauvé d'une condamnation plus lourde.
En l'espèce, Carl Zephir était poursuivi par la présentatrice pour avoir publié le 28 octobre 2007 sur son site Mixbeat des messages à caractère diffamatoire particulièrement injurieux, dont 19 signés du pseudonyme "admin". La plainte a été déposée le 25 janvier 2008, et le juge d'instruction n'a renvoyé que le 9 janvier 2009 le prévenu devant la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris, spécialisée dans les délits de presse, pour "diffamation publique envers un particulier". Appelée une première fois à l'audience le 10 avril 2009, au moment où les débats parlementaires sur la loi Hadopi commençaient, l'affaire a été renvoyée une première fois au 14 mai puis au 26 juin 2009, après la publication au journal officiel de la loi Hadopi du 12 juin 2009. Ce qui change tout. L'article 27 de la loi Hadopi dispose en effet que "lorsque l'infraction résulte du contenu d'un message adressé par un internaute à un service de communication au public en ligne et mis par ce service à la disposition du public dans un espace de contributions personnelles identifié comme tel, le directeur ou le codirecteur de publication ne peut pas voir sa responsabilité pénale engagée comme auteur principal s'il est établi qu'il n'avait pas effectivement connaissance du message avant sa mise en ligne ou si, dès le moment où il en a eu connaissance, il a agi promptement pour retirer ce message". Cette loi étant plus favorable pour le prévenu que la législation antérieure, elle s'applique avec effet rétroactif. C'est un principe fondamental du droit pénal. Et le tribunal a estimé dans un jugement du 9 octobre 2009 (.pdf, via Calimaq) que cette disposition s'appliquait à tous les services de communication en ligne, et pas uniquement aux services de presse. Depuis le 12 juin, Carl Zephir ne pouvait donc être condamné en qualité de directeur de la publication que si les plaignants démontraient qu'il avait eu connaissance des messages avant leur publication, ou qu'il n'a pas agit rapidement pour les retirer une fois qu'il en a eu connaissance. Or c'est là qu'intervient le défaut de preuve, qui n'aurait pas eu d'importance sous le régime antérieur à la loi Hadopi. Le tribunal a bien relevé que "l'expertise technique effectuée sur le matériel informatique saisi au domicile du prévenu a révélé que (le pseudonyme 'admin') pouvait être utilisé par Carl Zephir", mais il n'a pas identifié l'adresse IP de l'expéditeur pour vérifier que ça n'était pas un tiers qui a utilisé le compte. Le prévenu a nié être l'auteur des messages signés "admins", et rien ne prouve le contraire. Rien ne prouve, donc, qu'il avait connaissance des messages avant leur publication, comme l'impose la loi Hadopi. Par ailleurs, le fil de discussion "Claire Chazal" où apparaissaient les messages litigieux a été supprimé après que l'hébergeur américain de Mixbeat a été contacté par les avocats de la plaignante, et qu'il a fait suivre la plainte. Enfin, Carl Zephir ne gardait pas sur ses serveurs l'adresse IP des utilisateurs qui postent des messages sur son forum, comme l'impose pourtant la loi pour la confiance dans l'économie numérique. Pour la plaignante, il s'agit d'un signe manifeste de mauvaise foi. Mais "le tribunal ne peut que constater que la loi ne sanctionne pas le manquement d'un directeur de publication à l'obligation qui lui est faite par l'article 6-II de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique de conserver les données de nature à permettre l'identification de quiconque a contribué à la création d'un contenu illicite", semble regretter le juge, incapable de trouver un fondement en droit pour condamner M. Zephir. La morale est toutefois sauve pour Claire Chazal. Le webmaster avait remis en ligne trois messages qu'il avait retiré, pour lesquels le tribunal a constaté le caractère diffamatoire. Puisqu'il en connaissait cette fois le contenu avant la publication, le tribunal l'a condamné à une peine d'amende de 1000 euros, et 1 euro de dommages et intérêts pour Claire Chazal. Il devra également rembourser 3500 euros de frais juridiques à la plaignante. à lire aussi
Prix indiqués avec livraison
34
Commentaires à propos de «Claire Chazal première victime de la loi Hadopi !»
il est vraiment... il est vraiment... il est vraiment phénoménal lalalala laaaaaaaaaaaa !
il mériterai... il mériterai... il mériterai d'être dans la journal lalalala laaaaaaaaaaaa ! dans le journal... dans le journal... dans le journal de claire chazal lalalala laaaaaaaaaaaa ! La diffamation est de toute façon une méthode dégueulasse. J'ai rien contre le fait que ça puisse être sanctionné, ni que les webmaster n'ai la responsabilité de veiller que leurs forums soient clean de ce point de vue là.
Qui consiste il va y avoir tellement de litige sur cette loi complétement débile qu'ils vont être surchargés de travail .
je rigole suis mort de rire . Quand même 4500 euros. Mais c'est clair que ça aurait pu être plus sévère.
4501 avec l'euro symbolique qu'il va donner à Claire Chazal c'est vraiment risible comme dédommagement...It enter, le 16/10/2009 - 11:03 >>>"Le webmaster avait remis en ligne trois messages qu'il avait retiré, pour lesquels le tribunal a constaté le caractère diffamatoire." Il est un peu con, aussi, non ? Peut-être que non. Il a accepté le retrait des messages sauf 3 messages qu'il estimait pas insultants. Le webmaster ne souhaitait pas se montrer censeur. Sûrement un gars de bon aloi, un cromagnon libertaire. Malheureusement pour lui, même ces 3 messages sans insultes ont été considéré diffamatoire par le tribunal. Puis-je faire remarquer que le sous-titre de cette page, "Réfléchir le numérique", est une belle bourde, car c'est une faute de français manifeste?
T'a tout faux. En effet, le verbe "réfléchir" n'est pas transitif. En d'autres termes, il ne peut pas recevoir de complément d'objet direct: on réfléchit, point final; on ne réfléchit pas quelque chose. Si jamais tu prends un appareil photo numérique, et que tu le met devant un miroir, qu'est-ce qu'il va faire, le miroir ? Il va réfléchir le numérique. Dont acte ! Je connais un peu ce site, zephyr est un tocard qui passe son temps à squatter la jet set pour ensuite lui vomir dessus. Non pas que je défense les premiers, dans l' ensemble méprisables, mais le 2nd ne vaut pas mieux, la condamnation de ce colporteur de ragots diffamatoires est une bonne nouvelle.
Si vous voulez en savoir plus, suffit de suivre ce lien : http://anti-mixbeat.forumpro.fr/ Le type étant plus ou moins SDF aux dernières nouvelles, il y a des risques qu' il ne paye jamais l' amende... >>>"Il va réfléchir le numérique. Dont acte ! "
Donc, d'après toi, il y a à peu près autant de réflexion dans les articles de Numérama que dans un miroir ? la meilleure façon de lutter contre la li Hadopi, loi au service des riches serait de ne plus s'abonner à un accès internet, supprimer également les sufureux trésors de guerre d'abonnements en tout genre nous liant pieds et mains à ce libéralisme (lébralisme=esclavagisme=argent=sarkozisme=impèrialisme)
C'est fou le nombre de lois qui protègent nos "vedettes" et autres "élites" de toutes critiques. Sous prétexte de protections des libertés nos "élites" n'ont cessés de faire des lois qui les arrangent.
|
A LA UNE
LES + COMMENTÉS
8 offres à partir de 79 €
Télécharger
logiciel alcatel,
emule islande,
voissa anonymo,
online tv adult,
my torrent client,
emule island,
ultrasurf,
windows 7 gratuit,
Accès rapide :
Photo numérique |
Outils Réseau |
Codecs et plugins |
Nettoyeurs |
Optimisation |
Navigateur Web |
Capture et enregistrement |
|
- La charge de preuve est parfaitement bien gérée selon les nouvelles dispositions de la loi Hadopi (ce qu'il en reste après le CC)
- L'erreur de remettre les messages en ligne est punissable et punie (ce qui en plus me semble moralement juste)
- La non-conservation des IPs est condamnée mais non punie. Subtil mais application correcte de la Loi.
C'est une excellente nouvelle pour le web en France, car la protection des éditeurs de service en ligne redevient normale. On se souvient que suite à la jurisprudence de l'affaire Pere-Noel, l'éditeur de service web mettant à disposition des contenus générés par les utilisteurs se voyait pleinement responsable de ces contenus en tant que directeur de la publication.
Grâce à cette jurisprudence ce n'est plus le cas, ce qui est beaucoup plus logique. Cette jurisprudence établit aussi qu'un compte web et à fortiori un pseudo ne permettent pas l'identification d'un individu ! C'est une avancée énorme !
@clpfr : n'accusez pas Numerama de nous endormir, c'est vraiment le comble ; cet article est très bon.