Ca n'est pas Mitterrand qui doit démissionner, mais la Loppsi

Guillaume Champeau - publié le Lundi 12 Octobre 2009 à 15h58 - posté dans Société 2.0

Certains n'ont pas lu, pas voulu lire ou n'ont pas voulu comprendre dans son intégralité l'article que nous publiions cette nuit sur Frédéric Mitterrand, Rachid et la Loppsi. A moins que ça ne soit nous qui l'ayons trop mal écrit pour qu'il soit bien compris.

Toujours est-il que certaines réactions à l'article méritent la mise au point suivante :

  • Non, nous ne disons jamais que Frédéric Mitterrand est pédophile, ni-même qu'il fait l'apologie de la pédophilie ;
  • Non, nous ne le sous-entendons même pas ;
  • Non, nous ne souhaitons pas la démission du ministre de la Culture sur ces motifs ;
  • L'interprétation que nous faisons du film Mon Copain Rachid est notre interprétation, marquée par un contexte et une époque, et ne prétend pas à l'universalité ;
  • Mais elle pourrait être celle d'une administration un peu trop zèlée qui souhaiterait éliminer toute défense de la pédophilie sur Internet, au risque d'un surblocage ;
  • L'article ne parle pas de Frédéric Mitterrand ou de Mon Copain Rachid, mais de la présomption d'innocence, pour dire qu'elle doit être respectée à l'égard de Frédéric Mitterrand et du réalisateur ;
  • Frédéric Mitterrand et Mon Copain Rachid servent uniquement d'illustration au risque de dérive de l'irrespect de la présomption d'innocence lorsque l'on s'en remet de préférence à la morale régulée par l'administration, plutôt qu'à la loi appliquée par la justice ;
  • L'article insiste sur le fait que cette présomption d'innocence est un principe fondamental de la République qui doit être respecté à l'égard de tous et en toutes circonstances, y compris dans le cadre du filtrage administratif des sites "à caractère pédophiles" prévu par la loi Loppsi ;
  • C'est bien la Loppsi qui est le sujet de l'article ;
  • La cohérence gouvernementale impose de défendre Frédéric Mitterrand et alors, à propos de la loi Loppsi, de redonner au juge seul le pouvoir de dire si un contenu ou un site est de nature pédophile ou non ;
  • Si le gouvernement ne fait pas marche arrière sur le filtrage administratif prévu par la Loppsi, alors Frédéric Mitterrand doit démissionner au nom d'une présomption de culpabilité qui deviendrait la règle en France.

Est-ce cette fois plus clair ?

Publié par Guillaume Champeau, le 12 Octobre 2009 à 15h58
 
 
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Commentaires à propos de «Ca n'est pas Mitterrand qui doit démissionner, mais la Loppsi»
 

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L'affaire était pourtant simple, Numerama demandait un peu de cohérence, that's it. C'est visiblement trop demander, on a bien compris.

Cela dit, force est de constater que ce n'est pas nouveau (sang contaminé, affaire Greenpeace, par exemple. Là aussi on aurait souhaité plus de cohérence... Pour beaucoup, ces affaires ont été déterminantes et le PS a perdu pour longtemps la confiance du "peuple de gauche", sans compter l'attribution par Fabius de la 5ème chaîne à Berlusconi - première émission "Cherchez la femme", présentée par... Amanda Lear! Gag ! Premiers commentaires de Fabius à l'époque: "J'ai trouvé ça (l'émission), très... euh... professionnel").
Fren, le 13/10/2009 - 23:49
Gorkk, le 13/10/2009 - 23:42
Fren, le 13/10/2009 - 23:35
Prends nous pour des abrutis, te gêne pas, c'est gratuit.
Bah si tu as effectivement fait un effort de lecture attentive de l'article initial et un effort pour le comprendre, et que tu ne l'as pas compris, je suis désolé de te le dire, mais effectivement tu as des capacités limitées. Si tu n'as pas fait ces deux efforts, bah t'es simplement une feignasse qui attend qu'on lui donne tout en prémâché et se permet d'accuser ceux qui ne lui ont pas prémâché la lecture d'avoir dit quelque chose qu'ils n'ont pas dit, simplement parce que tu n'as pas compris faute d'en avoir fait l'effort.

Maintenant, à toi d'en tirer les conséquences hein.

Le sens critique, ca te parle? On a le droit de critiquer, de dire qu'on n'est pas d'accord, non?
Il dit qu'il ne voit pas le rapport... Ne pas faire l'effort de comprendre un texte et prétendre qu'il dit autre chose que ce qu'il dit (et en particulier en lançant au passages des accusations malsaines), c'est avoir du sens critique et exercer son sens de la critique ?

Je remarque d'ailleurs que tu n'as pas précisé si oui ou non tu avais fait l'effort d'essayer de comprendre le texte :rolleyes:
Merci...je vais donc te "préciser" ce que j'en ai pensé, en recopiant le message que j'ai laissé dans le premier article de Numerama (à lire d'ailleurs là-bas, vu que là il n'y a pas les passages que j'ai souligné) :

Bon quitte à perdre un point de plus de réputation sur ce site (au passage, marrant, ce système :jap: ):

Je copie-colle un paragraphe de l'article : "C'est en effet la petite tête blonde du narrateur qui demande sans relâche à Rachid de pouvoir regarder son sexe, et qui insiste même pour le toucher. Il va jusqu'à payer à de nombreuses reprises (avec de l'argent volé à sa mère) pour que le jeune adulte lui donne ce plaisir. Pour nous faire comprendre que les relations ne s'arrêtent pas là, le réalisateur invente cette scène métaphorique où Rachid invite le jeune Eric à monter sur la "grosse bite" qu'il a construite "pour aller au ciel". "C'est comme une fusée, il faut juste grimper dessus et on va où on veut", lui raconte Rachid. Les deux "volent" ensuite sur l'objet avec une joie ostensiblement partagée. Mais Eric "ne sai(t) plus si ça s'est passé réellement ou pas". Car tout l'objet du film est de dédramatiser l'homosexualité enfantine, ou la pédophilie - on ne sait plus très bien, par le choix des personnages, distinguer l'un et l'autre. En plus de montrer que la sexualité est réclamée par l'enfant et non pas imposée par l'adulte, le film nie le traumatisme que peut être une telle expérience pour un gamin comme Eric.[/color] Devenu adulte, le narrateur est un homme très heureux et équilibré, qui a fondé une famille exemplaire. C'est Rachid qui a sombré dans la prostitution.

De même : "Aujourd'hui, il nous semble impossible de regarder "Mon copain Rachid" avec une interprétation éloignée de la nôtre."

J'ajoute : "Vu avec notre regard de 2009, le film choque terriblement, moins par ses mots et ses images que pour le récit parabolique d'une pédophilie homosexuelle désirée par l'enfant lui-même".

"La déculpabilisation de la pédophilie véhiculée par le film n'a pas semblé sauter aux yeux de Libération. Chronicart n'y avait aussi vu qu'un film destiné à "faire éclater les frontières", [color="#9ACD32"]sans non plus d'émotion particulière".


Après, vous pouvez dire que les sous entendus ne sont dus qu'à une mauvaise lecture du texte. Clairement, Numerama estime que le court métrage véhicule une certaine forme de pédophilie. Mais on a le droit de penser le contraire. En tout état de cause, les crétins comme moi qui ont mal lu le texte ont été rassurés, je pense, par le démenti. Encore une fois, lorsque numerama écrit "La liste des sites à bloquer sera décidée unilatéralement par l'administration sans que le "caractère pédophile" soit vérifié par un juge. Il donne la primauté à l'interprétation morale du moment sur la stabilité de la loi et de la justice. Ce que nous avons toujours dénoncé", je trouve au contraire que Numerama utilise les mêmes armes que ses ennemis. Mais bon, tout cela est peut-être ironique?

Car, oui, "Seul un juge peut décider que Frédéric Mitterrand fait l'apologie de la pédophilie".

Mais, comme le fait remarquer Numerama, "Où se situera le curseur entre les sites indéniablement pédophiles qu'il faut bloquer, et les sites qui prêtent davantage à interprétation ? La morale publique étant une donnée variable dans la société, que censurera-t-on demain au nom de sa protection ?"

Peut être un court métrage sur l'homosexualité des enfants? Remercions Numerama d'avoir montré les ravages qu'une mauvaise interprétation peut avoir sur une personne. Et merci d'avoir joué de cette manière avec nos libertés publiques.

Ce message a été modifié par Fren - Aujourd'hui, 12:15.
Normalement si tu veux copier un message avec les balise tu choisis de modifier le message initial puis tu utilise l'édition du message complet pour avoir le message et les différentes balises.

Tu copie le message initial , puis tu annule les modifications.
Fren, le 14/10/2009 - 17:28
je trouve au contraire que Numerama utilise les mêmes armes que ses ennemis.
Attention, dans l'article Numerama ne prétend pas juger du caractère du film pour en conclure la nécessité de la démission du ministre de la culture. La rédaction donne sa propre interprétation morale du court-métrage, en la considérant comme extrêmement commune aujourd'hui mais pas forcément universelle, notamment judiciairement mais également dans le temps, et s'en sert comme exemple pour justement justifier la nécessité absolue de la présomption d'innocence.

Numerama ne pose pas le problème de la démission de FM dans les termes du contenu de ce film, mais dans la cohérence du ministre sur la présomption d'innocence qui fait cruellement défaut dans la Loppsi, projet de loi du gouvernement auquel il appartient. (D'où respectivement le titre et le sous-titre : "Mitterrand, la "bite de achid" et l'effet boomerang de la Loppsi" et "Présumé innocent dans un gouvernement qui présume coupable ?")

Mais il n'est pas obligé de démissionner hein. Il peut aussi essayer de convaincre ses copains du gouvernement d'appliquer la présomption d'innocence dans tous les domaines et projets de loi... Quoi, je suis en train de rêver éveillé ?
polar_bear, le 14/10/2009 - 22:51
Fren, le 14/10/2009 - 17:28
je trouve au contraire que Numerama utilise les mêmes armes que ses ennemis.
Attention, dans l'article Numerama ne prétend pas juger du caractère du film pour en conclure la nécessité de la démission du ministre de la culture. La rédaction donne sa propre interprétation morale du court-métrage, en la considérant comme extrêmement commune aujourd'hui mais pas forcément universelle, notamment judiciairement mais également dans le temps, et s'en sert comme exemple pour justement justifier la nécessité absolue de la présomption d'innocence.

Numerama ne pose pas le problème de la démission de FM dans les termes du contenu de ce film, mais dans la cohérence du ministre sur la présomption d'innocence qui fait cruellement défaut dans la Loppsi, projet de loi du gouvernement auquel il appartient. (D'où respectivement le titre et le sous-titre : "Mitterrand, la "bite de achid" et l'effet boomerang de la Loppsi" et "Présumé innocent dans un gouvernement qui présume coupable ?")

Mais il n'est pas obligé de démissionner hein. Il peut aussi essayer de convaincre ses copains du gouvernement d'appliquer la présomption d'innocence dans tous les domaines et projets de loi... Quoi, je suis en train de rêver éveillé ?

Je suis d'accord avec toi, et j'avais compris le texte comme ça. Seulement (et c'est un jugement moral, j'en conviens), je trouve ca...honteux. Honteux parce que dans l'histoire, un court métrage s'est vu accusé de pédophilie. Honteux, parce que Numerama s'est servi des soupçons avérés ou non (là n'est pas la question)de pédophilie de FM. Honteux, parce que si un fonctionnaire zélé avait eu le même comportement, j'aurais trouvé ça honteux.

La pilule aurait pu mieux passer si l'article avait commencé par sa deuxième partie. Cela aurait eu pour effet d'introduire "plus en douceur" la première. Du reste, Numerama n'aurait pas du écrire, en gros, "selon nous, et c'est une interprétation qui nous semble commune aujourd'hui, ce film peut être vu comme une promotion de la pédophilie", mais "dans l'air du temps une administration aurait pu passer outre le principe de présomption d'innocence pour estimer ce film à caractère pédophile, et donc.. ". Quelqu'un, au dessus et de manière très sympathique, m'a pris de très haut en estimant que je n'avais pas compris l'article.

Mais, bordel,c'est quand même triste d'en arriver là...

Si Numerama voit ce court métrage comme pédophile, je ne serai pas là quand ils se mettront à faire de véritables critiques de cinéma.
Fren, le 15/10/2009 - 18:59


Je suis d'accord avec toi, et j'avais compris le texte comme ça. Seulement (et c'est un jugement moral, j'en conviens), je trouve ca...honteux. Honteux parce que dans l'histoire, un court métrage s'est vu accusé de pédophilie. Honteux, parce que Numerama s'est servi des soupçons avérés ou non (là n'est pas la question)de pédophilie de FM. Honteux, parce que si un fonctionnaire zélé avait eu le même comportement, j'aurais trouvé ça honteux.

La pilule aurait pu mieux passer si l'article avait commencé par sa deuxième partie. Cela aurait eu pour effet d'introduire "plus en douceur" la première. Du reste, Numerama n'aurait pas du écrire, en gros, "selon nous, et c'est une interprétation qui nous semble commune aujourd'hui, ce film peut être vu comme une promotion de la pédophilie", mais "dans l'air du temps une administration aurait pu passer outre le principe de présomption d'innocence pour estimer ce film à caractère pédophile, et donc.. ". Quelqu'un, au dessus et de manière très sympathique, m'a pris de très haut en estimant que je n'avais pas compris l'article.

Mais, bordel,c'est quand même triste d'en arriver là...

Si Numerama voit ce court métrage comme pédophile, je ne serai pas là quand ils se mettront à faire de véritables critiques de cinéma.


Le problème ne se situe pas là.

Son soutien à R. Polanski, comment doit-il être interprèté en faisant abstraction du reste ?

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