Le piratage est plus rentable que le téléchargement légal

Julien L. - publié le Samedi 10 Octobre 2009 à 18h07 - posté dans Peer-to-Peer

Si de nombreux internautes militent pour le téléchargement libre et gratuit sur Internet, cette position est farouchement combattue par les ayants droit, les industries culturelles et les différents intérêts de ce secteur. Or, la société spécialisée dans la lutte contre le piratage DigiPritect a une autre approche de la question. Pour elle aussi, le téléchargement illégal a un grand intérêt. Mais ce n'est pas tout à fait le même.

Et si le piratage était bien plus intéressant économiquement que les plates-formes légales de téléchargement ? C'est l'idée originale que défend DigiRights Solutions, une entreprise allemande spécialisée justement dans... la lutte du piratage. Dans une récente démonstration Powerpoint, l'organisation a démontré que les ayants droit peuvent gagner jusqu'à 150 fois plus d'argent grâce au téléchargement illicite que sur des sites de vente en ligne comme iTunes ou Amazon MP3. Une position qui tranche nettement avec les postures habituelles de ce genre de sociétés.

La présentation débute avec quelques informations générales sur la grande variété des réseaux peer-to-peer et les sur les méthodes de détection utilisées par DigiRights Solutions pour attraper un internaute suspecté de télécharger du contenu protégé par le droit d'auteur. Comme l'explique Torrentfreak, leur fonctionnement est assez similaire à des organisations comme DigiProtect ou Logistep qui mènent des opérations comparables dans d'autres régions du monde.

Après avoir récupéré les adresses des internautes incriminés, DigiRights Solutions envoie à chacun d'entre eux une demande formelle de dommages et intérêts dont la somme est généralement de quelques centaines d'euros par infraction constatée. Jusqu'à présent, nous ne savions pas si cette solution était efficace et surtout si elle permettait de dégager des profits substantiels. Pour DigiRights Solutions, c'est une évidence : le piratage est une poule aux oeufs d'or.

L'entreprise indique donc envoyer systématiquement des e-mails aux internautes accusés d'échanger des fichiers protégés par le droit d'auteur. En partant du principe que la somme réclamée est 450 euros par fichier, DigitalRights Solutions conserve 80 % de la somme pour couvrir diverses dépenses techniques, administratives et juridiques, le reste allant dans la poche des ayants droit. Donc, sur une amende de 450 euros, la part revenant à l'industrie culturelle s'élève à 90 euros.

On pourrait évidemment débattre sur le partage assez déséquilibré entre l'organisation anti-piratage et les ayants droit, mais ce n'est pas la question. De toute façon, mais dans une répartition 80/20, les ayants droit semblent être très largement gagnants. En effet, un achat légal d'un titre sur Internet est facturé 0,99
€. Principal bénéficiaire de la vente, l'ayant droit, puisqu'il récupère 0,60
€. Or, cette rentrée d'argent est très largement inférieure aux 90 euros récupérés sur un titre téléchargé illégalement. La vente légale de musique est donc 150 fois moins rentable que le piratage, du moins si l'on se place du côté des ayants droit.

Évidemment, tous les internautes qui seront ciblés par DigitalRights Solutions ou n'importe quelle autre organisation du même genre ne paieront pas. Pourtant, les statistiques présentées par la société allemande font état d'un taux de réponses positives de 25 %. Dit autrement, un internaute sur quatre choisi de payer l'amende sans protester ou se poser la moindre question.

En partant du principe qu'une organisation anti-piratage peut traquer 5 000 internautes par mois, en considérant que 25 % d'entre vont payer 90 euros, il faudrait que l'industrie du disque vende environ 150 000 titres pour arriver peu ou prou à la même rentabilité. Sachant qu'en Allemagne, le nombre de ventes à réaliser pour décrocher un disque d'or est justement 150 000.

Les entreprises comme DigitalRights Solutions, DigiProtect ou Logistep sont parvenus à construire un véritable business autour du téléchargement illégal, dont la pratique est justement de causer le plus grand tort aux différentes industries culturelles. Or ici, ce phénomène est justement l'occasion d'engranger beaucoup d'argent sur le dos des internautes pris dans les mailles du filet.

Finalement, ces sociétés n'ont absolument aucun intérêt de voir les droits d'auteur respectés sur Internet. Justement, plus le téléchargement augmente, plus ce secteur se portera bien. Et il va sans dire que la licence globale a toutes les chances de recueillir la plus violente hostilité de la part de ces organisations. La situation actuelle est un jack-pot, il n'est donc pas question que cela change. Au grand dam des internautes, qui sont une fois de plus les vaches à lait de l'histoire.

Publié par Julien L., le 10 Octobre 2009 à 18h07
 
 
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Commentaires à propos de «Le piratage est plus rentable que le téléchargement légal»
 

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zorro3364, le 10/10/2009 - 21:10
vous avez craqué chez numérama ou le vendredi soir a été trop arrosé? en vrac, comme ça:
"Or, la société spécialisée dans la lutte contre le piratage DigiPritect" prOtect?
"une entreprise allemand" allemandE
"spécialisée justement dans... la lutte du piratage" CONTRE le piratage.
"des réseaux peer-to-peer et LES sur les méthodes"
au début: "C'est l'idée originale que défend DigiRights Solutions"
puis:"Les entreprises comme DigitalRights Solutions"

sinon, je me demande quand même comment on peut envoyer du courrier (électronique ou pas) aux gens juste en connaissant leur adresse IP. il faut bien que le FAI donne le nom de son abonné, non? hors on parle ici de 5000 lettres par mois, ce qui est impossible a traiter en manuel coté FAI, et j'imagine qu'il n'y a pas de système automatique pour fournir à ces société le nom des internautes.
bref plus interrogations que de réponses, cet article aurait mérité d'être plus fouillé.


Ha ça, la critiques est facile hein !!! Fais un site ayant la notoriété de Numerama et on en reparle... alors les prout-prout là, ça va bien 2minutes.
Et sincèrement je préfère voir des erreurs de la sorte et voir que derrière Numerama il y ait des gens simplement comme nous!!
DigiRights n'inventent rien et ne font rien d'autre que copier et ainsi copier de mauvaises idées !! un Ip n'est pas fiable!! quand est-ce qu'ils comptent le comprendre ça !?
Ils le savent, ils connaissent la technique, eux, contrairement aux majors. Mais ça n'empêche qu'ils obtiennent 25% de résultats ! Alors pourquoi s'arrêter ? Tant que certains payent...
Finalement c'est un lobby comme celui des syndicats.
Mwarf, le 10/10/2009 - 18:32
Paie, on sait où tu habite et sinon on te casse les jambes à coup de batte. Super comme business model.

lol... c'est valable dans l'autre sens aussi tu sait ;)
EDU, le 11/10/2009 - 10:22
Mwarf, le 10/10/2009 - 18:32
Paie, on sait où tu habite et sinon on te casse les jambes à coup de batte. Super comme business model.

lol... c'est valable dans l'autre sens aussi tu sait ;)

Ha ? j'ignorais ça vois-tu ! ce que je n'exclue pas mais aussi ne crois pas pour autant... car forcé de constater que certains ont une sacrée bonne expérience en ce domain... ça des années qu'ils pratiquent ;)
Je suis curieux de connaître la légalité de ce truc.... voyons, une entreprise qui demande de l'argent aux gens en les intimidant par rapport à des actes illégaux qu'ils auraient (présumément) commis.... une sorte de mafia mélangée à une police privée ? àa passera jamais un truc pareil.

Ceci dit je veux bien croire que des gens payeront oui, mais le premier qui portera plainte contre ça, je donne pas cher de la boîte (encore qu'ils doivent avoir des tas d'avocats et tout).
aubasmots, le 11/10/2009 - 08:27
Le meilleur moyen de lutter efficacement contre ce genre de pratique douteuse, et se débarrasser définitivement de tous ces parasites, serai de ne plus télécharger ni acheter leur musique illégale, et se tourner vers la Musique LIBRE...

Tout est dans le terme de la loi hadopi et consort :
Suspecté de téléchargement, donc aucune preuves n'ont à être fournies, à partir de cela on peut t'accuser sans preuve, et tu n'as qu'un droit c'est payer, ou arréter ton abo internet.
Je recois un courrier comme ca. Je le considére comme du spam ou de la pub sans interet, direct à la poubelle.
Et frauder c'est aussi plus rentable pour la RATP sous prétexte qu'une amende c'est plus d'un mois de carte Orange ?
Hipparchia, le 12/10/2009 - 03:12
Et frauder c'est aussi plus rentable pour la RATP sous prétexte qu'une amende c'est plus d'un mois de carte Orange ?
Aucune idée. Il y a quelques années, la SNCF a annoncé qu'à partir de la 10e amende non payée, le fraudeur se retrouverait au tribunal, ce qui laisse penser que chez eux un bon paquet de fraudeurs ne payaient pas non plus les amendes.

Ceci dit, je trouve la logique "favoriser le téléchargement illégal (ou la fraude) pour matraquer les courriers de menaces (ou les amendes)" franchement malsaine.
Vive le pognon.
Je sens que je vais monter ma boite de détection d'adresses IP :p

Voire même, meilleure idée : envoyer des emails au petit bonheur la chance. Il doit bien y avoir 1 chance sur 5 que je tombe juste, fois 0,25 de taux de retour... à moi le pognon lol.

T'ain, chte jure...
Hipparchia, le 12/10/2009 - 03:12
Et frauder c'est aussi plus rentable pour la RATP sous prétexte qu'une amende c'est plus d'un mois de carte Orange ?
La RATP t'envoie-t-elle des lettres de menaces ? Image IPB
Ca me rappelle furieusement les brevets européens : on crée un système qui ne fonctionne pas (brevets logiciels illégaux) en faisant croire aux clients qu'il fonctionnera.
Une fois qu'il y a suffisamment de clients on enclenche le lobbying en expliquant (*) qu'on n'a pas dépensé des millions et engrangé des dizaines de milliers de clients pour les jeter à la poubelle.
Simple non ?
Excessivement mafieux sûrement.
Même les organes européens s'y sont adonnés avec, par exemple, l'octroi du .eu.

db
(*) Monsanto a fait de même dans les années 80. En investissant des centaines de millions et en pleurnichant ensuite auprès du délégué à l'industrie qu'était alors le père Bush :
- nous n'avons pas investi des centaines de millions pour rien. Si les autorités ne bougent pas (sur la légalité de la commercialisation des produits génétiquement modifiés ce qui visait directement la FAO) cela se passera mal.
Réponse de Bush : je suis ici justement pour améliorer les relations entre l'industrie et les autorités.

db
Ce n'est pas un business, c'est de l'escroquerie, de l'extorsion de fonds.
Le problème c'est que quasiment aucune des victimes escroquées iront porter plainte...

A quand les class actions en Europe ?
N'est-il pas illégal de se comporter comme de vulgaires usuriers ? C'est exactement ce que sont ces sociétés. Elles se comportent comme la mafia et ça c'est illégal
AxS/Natsume, le 12/10/2009 - 12:08
Ce n'est pas un business, c'est de l'escroquerie, de l'extorsion de fonds.
Le problème c'est que quasiment aucune des victimes escroquées iront porter plainte...

A quand les class actions en Europe ?

Euh quel jour est-on ? Jamais :(

Chirac avait prévu l'arrivée des class actions en France. Le texte était pratiquement voté jusqu'à l'opposition d'une certaine personne. Devinez qui ?

Un indice : il est tout petit, porte des talonnettes, a un comportement de chien hargneux et baveux, est paranoïaque et traite de pauv'con tout ceux qui ont le courage de ne pas lui serrer la main.
Autre indice : il est marié à une chanteuse dont on n'entends que le musique.
moi soit disant pirater me fait découvrir des auteurs et acteurs et depuis j'achete
vu leur raisonnement, ils devraient d'ailleurs cibler ceux qui partagent/téléchargent du X: je suis certain que ça marcherait encore mieux.

de vrais vautours ceux-là!
Je pensais en lisant le titre qu'il y avait une avancée dans leur raisonnement ... Mais en fait ils sont encore plus crétins qu'hier, et moins que demain. :)
idem
It
Ha tient, Monsieur (Madame) X télécharge piratement une zic (je vois ça de mon écran Allemand)
Je cherche à qui correspond cette IP
Une fois trouvée, j'appel, exemple, Numéricable pour connaître l'adresse mail.
Ici Numéri, ne quittez pas, ici Numéri, ne quittez pas, ici ....
Allez va, 1 heure plus tard, oui allô, Régis à votre service en quoi puis je vous être utile ? Ich Habe ein Kestion ...
Pardon, ici Régis, en quoi ...
Ach, Cheiz ces Fransoze,

A moins de recruter du mondialingue, il risque d'y avoir un problème de communication

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