Les Prix Nobel d'Economie défavorables à la lutte contre le piratage

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 18 Septembre 2009 à 15h02 - posté dans Société 2.0

Après Paul Krugman, c'est un autre Prix Nobel d'Economie, Joseph Stiglitz, qui prône une remise en cause profonde de la propriété intellectuelle et l'arrêt de la lutte contre le piratage au profit d'une redéfinition des modèles économiques.


(CC, apesphere)

Il y a un an, lorsque Paul Krugman avait remporté le Prix Nobel de l'Economie, nous avions fouillé dans les archives pour retrouver un éditorial de l'économiste qui plaidait pour la gratuité de l'accès aux oeuvres. "Octet après octet, tout ce qui peut-être numérisé sera numérisé, rendant la propriété intellectuelle toujours plus facile à copier et toujours plus difficile à vendre (...) Et nous devrons trouver les modèles économiques et les modèles d'affaires qui prennent cette réalité en compte", avait-il écrit dans le New York Times. Il estimait que le piratage était tellement irrémédiable qu'il devait devenir le fondement d'un nouveau modèle économique pour la propriété intellectuelle.

Cette semaine, c'est Joseph Stiglitz, lui aussi Prix Nobel d'Economie, qui va dans le même sens. "La restriction à l'utilisation (du) savoir, soit le système de la propriété intellectuelle, est inefficace", écrit-il dans une tribune sur Libération. "Essayer de maintenir coûte que coûte le système existant est une trop lourde charge financière alors que les bénéfices se réduisent". Pour une raison très simple, c'est que "quand des produits deviennent trop chers, les consommateurs contournent le système pour acheter moins cher. Sauf que, ici, le coût est égal à zéro".

L'économiste plaide donc pour une forme de licence globale ou de contribution créative. "Le principe d'une contribution raisonnable par utilisateur, à laquelle s'ajouterait une aide du gouvernement au titre de la recherche, est un bon système", écrit ainsi Stiglitz. "Imaginons que chaque possesseur d'ordinateur verse annuellement une contribution à la hauteur de ce qu'il télécharge ou de ce qu'il regarde et écoute par le biais de cet ordinateur. Il garderait une trace de sa consommation, et des organismes spécialisés reverseraient aux artistes le fruit de cette consommation".

Intransigeant, singeant le discours de dangereux utopistes libertariens, il affirme que "les producteurs dont le métier consistait à apporter la musique des artistes aux consommateurs n'ont plus leur raison d'être aujourd'hui". C'est Patrick Zelnick, producteur chargé de dessiner l'avenir de l'offre légale sur Internet en France, qui va être content.

Publié par Guillaume Champeau, le 18 Septembre 2009 à 15h02
 
 
60
Commentaires à propos de «Les Prix Nobel d'Economie défavorables à la lutte contre le piratage»
 

1
2
3
Sauf que le métier de producteur n'a rien à voir avec ce qu'il décrit. C'est une sacrée simplification mensongère qui n'est pas digne d'un prix Nobel.Le rôle premier d'un producteur est de trouver les financements nécessaires à la création d'une musique. [...]
C'est aussi le role premier d'une banque, que de "trouver" des financements. Les producteurs n'ont plus à "trouver" d'artistes, car ceux -ci peuvent rencontrer leur public sur internet. Ils n'ont plus à faire la pub des artistes (hormis johnny et diams, l'ont ils déjà fait ?) car les artistes peuvent s'auto-promouvoir sur le net...

C'etait le metier des barbiers de veiller à ce que nous joues et nos mentons satisfassent les dames lors des scèances de baisés, c'est devenu notre rôle quotidien avec la sorties des gilettes et autre wilkynson... Le monde évolue, c'est tout
tropsaoulé, le 18/09/2009 - 15:47
rien que pour avoir dit ça il mériterait un deuxième prix nobel !
ou alors une amende, accompagnée d'une déconnexion internet, car cet homme est à l'évidence un dangereux pirate, ça se voit bien à ses petits yeux retors...

C'est un ado attardé et un voleur a la petite semaine, au goulag et vite !
Joseph Stiglitz a une très mauvaise analyse, non le cout n’est pas égal à zéro car il faut investir pour pouvoir échanger. Le gain est égal a zéro ce n’est pas la même chose et ce n’est pas de la faute de ceux qui échangent mais de ceux qui produisent sans prendre en compte la possibilité d’échange.
Mais qu'il soit défavorable a la lutte contre les échanges c'est déjà pas mal.
L'Etat ne doit pas financer la création artistique, sinon on va vers un surveillance totale des utilisateurs. C'est une idée sortie tout droit des archives de l'URSS.
L'Etat peut tout au plus refuser de poursuivre les pirates pour forcer l'industrie à réagir et à se restructurer elle-même. Ceci serait la solution libérale au problème du partage illégal.
societe-equitable, le 18/09/2009 - 15:41
Sauf que le métier de producteur n'a rien à voir avec ce qu'il décrit. C'est une sacrée simplification mensongère qui n'est pas digne d'un prix Nobel.Le rôle premier d'un producteur est de trouver les financements nécessaires à la création d'une musique. Afin de payer les artistes (au travers d'une avance sur droits d'auteurs) les arrangeurs, le studio d'enregistrement, les déplacements, l'organisation des concerts... etc.Les artistes auront toujours besoin de gens pour les soutenir afin qu'ils se consacrent pleinement à leur Art. Les producteurs ont de beaux jours devant eux, même dans un monde exclusivement numérique.Pour plus d'info sur le rôle d'un producteur voir le Wikipédia.

Pas besoin de producteurs, seuls de bons agents suffiraient.
melograph, le 18/09/2009 - 15:47
@societe-equitable : ce n'est pas parce que tu fais soit disant de l'"art" (notons bien les guillemets) que tu dois en vivre.

Ah oui et tu vis comment ? Faire de l'art nécessite un engagement de tous les jours. Ce n'est pas parce que je gratte un peu de temps en temps sur ma guitare que je vais oser me prétendre artiste. Il y a une différence entre un amateur et un artiste.

tropsaoulé, le 18/09/2009 - 16:11
Quant aux tournées, c'est aujourd'hui un très bon moyen de gagner particulièrement bien sa vie, pas la peine pour autant de signer de son sang avec une major de l'industrie musicale, il suffit de signer en direct avec le "tourneur", nan ?

Tourneur, producteur, c'est la même chose, beaucoup de producteurs sont aussi tourneurs. Ensuite il ne faut pas croire que producteur = major, les producteurs sont partout même dans les petites structures. Il s'agit juste d'un terme générique qui définit la personne qui va aider l'artiste en lui trouvant des financements…etc.

tropsaoulé, le 18/09/2009 - 16:11
L'important pour l'artiste "dématérialisé" c'est faire du buzz sur internet pour trouver son public et surtout de se libérer des intermédiaires couteux qui s'engraissent sur son dos.

Et pour faire du buzz efficace qui ne se retourne pas contre lui, il faut une agence de com, donc du pognon, donc un producteur... ou bien il s'occupe de faire son buzz lui même et donc du coup, il ne fait plus de musique (ou bien il en fait de temps en temps, résultat, il fait de la merde vu qu'il n a pas eu le temps d'approfondir son talent...)...
last, le 18/09/2009 - 16:57
Pas besoin de producteurs, seuls de bons agents suffiraient.

Décidement vous avez une dent contre le terme "producteur". Mais bon si vous préférez Agent ou tourneur, pourquoi pas. Mais dans les faits c'est quasiment la même chose, les mêmes gens. Image IPB
societe-equitable, le 18/09/2009 - 17:02
last, le 18/09/2009 - 16:57
Pas besoin de producteurs, seuls de bons agents suffiraient.

Décidement vous avez une dent contre le terme "producteur". Mais bon si vous préférez Agent ou tourneur, pourquoi pas. Mais dans les faits c'est quasiment la même chose, les mêmes gens.

Non, l'agent est l'intermédiaire entre producteur et artiste actuellement.
@NhiKo : proposition intéressante mais voir le public bosser pour les majors (upload, mise à jour..) et malgré tout ça devoir payer pour y accéder ensuite, ça sera sans moi..
Ah oui et tu vis comment ? Faire de l'art nécessite un engagement de tous les jours. Ce n'est pas parce que je gratte un peu de temps en temps sur ma guitare que je vais oser me prétendre artiste. Il y a une différence entre un amateur et un artiste.

Cette phrase me donne juste envie de vomir..
last, le 18/09/2009 - 17:05
societe-equitable, le 18/09/2009 - 17:02
last, le 18/09/2009 - 16:57
Pas besoin de producteurs, seuls de bons agents suffiraient.

Décidement vous avez une dent contre le terme "producteur". Mais bon si vous préférez Agent ou tourneur, pourquoi pas. Mais dans les faits c'est quasiment la même chose, les mêmes gens.

Non, l'agent est l'intermédiaire entre producteur et artiste actuellement.


Mmm pas toujours... Image IPB ça c'est dans le cas des grosses stars ou il faut parfois plus d'intermédiaires pour gérer tout ça. Chez les petits, le producteur doit avoir souvent de nombreuses casquettes...
Mais bon ça me fait marrer, c'est comme si il y avait des intermédiaires plus présentable que d'autres à vos yeux.Image IPB

societe-equitable, le 18/09/2009 - 15:41
Le rôle premier d'un producteur est de trouver les financements nécessaires à la création d'une musique. Afin de payer les artistes (au travers d'une avance sur droits d'auteurs) les arrangeurs, le studio d'enregistrement, les déplacements, l'organisation des concerts... etc.Les artistes auront toujours besoin de gens pour les soutenir afin qu'ils se consacrent pleinement à leur Art. Les producteurs ont de beaux jours devant eux, même dans un monde exclusivement numérique.Pour plus d'info sur le rôle d'un producteur voir le Wikipédia.

Pour trouver des financements nécessaires à la création de la musique, il existe des solutions autres que devenir un mouton qui va se faire tondre par les producteurs. L'artiste a bien plus à gagner à traiter en direct avec son public via une dématérialisation s'il veut vivre de son art.

Quant aux tournées, c'est aujourd'hui un très bon moyen de gagner particulièrement bien sa vie, pas la peine pour autant de signer de son sang avec une major de l'industrie musicale, il suffit de signer en direct avec le "tourneur", nan ?

L'important pour l'artiste "dématérialisé" c'est faire du buzz sur internet pour trouver son public et surtout de se libérer des intermédiaires couteux qui s'engraissent sur son dos.

Un artiste qui prend (beaucoup) de son temps pour assurer le financement de son projet et son montage (Internet ou pas, CD ou pas, si tu veux enregistrer des morceaux, il faut un studio, du matériel, des musiciens... Bref, une infrastructure que tous les artistes n'ont pas, et ils n'ont pas forcément les compétences ou le temps nécessaire pour organiser tout çà.

Le métier de producteur en tant qu'assistant technique et organisateur n'est en effet pas prêt de disparaitre. Tout comme il est vrai que le côté "marchand de CD" du métier tend à disparaitre.
estann, le 18/09/2009 - 17:14

Cette phrase me donne juste envie de vomir..

Ben vas y, te gène pas, une fois que c’est fait, ça soulage.

Tu pensais peut être que pour être artiste il suffisait juste de faire un mois à la « star académie » ? Eh bien non, il faut un énorme travail derrière. Qui nécessite d’y travailler tous les jours. Le talent ne leur est pas tombé comme ça sur la tête, c’est des années de répétitions. J’ai du respect pour ces gens là.
Même à la star machin ils sélectionnent des gens qui travaillent le chant depuis des années (Mais bon, ça ils évitent de trop le dire, sinon la machine a rêve ne marche plus). Alors bien sur, y a toujours quelques clowns de sélectionnés qui ne savent pas chanter qui sont là pour faire rire les gens…

Deux remarques :

1 - Les artistes professionnels ne sont pas indispensables à notre société, pas plus que les sportifs professionnels.
2 - Qui a dit qu'Internet devait permettre de gagner du fric ?
last, le 18/09/2009 - 16:57
Pas besoin de producteurs, seuls de bons agents suffiraient.

Décidement vous avez une dent contre le terme "producteur". Mais bon si vous préférez Agent ou tourneur, pourquoi pas. Mais dans les faits c'est quasiment la même chose, les mêmes gens.

En fait, le problème c'est les intermédiaires. Ce n'est pas réservé au monde de la musique, d'ailleurs: En ce moment, c'est exactement le même problème pour la filière laitière.

Grâce à internet, il deviens possible de payer *directement* l'artiste, "à la Radiohead". Autrement dis, le circuit de l'argent deviens :
Public -> Artiste -> Producteur/Agent/Agence de Com/....
Ce qui permet en particulier à l'artiste de CHOISIR et de mettre en concurrence ces métiers, qui deviennent de simple société de services.

En ce moment, le circuit est:
Public -> Distributeur -> Producteur [Intermédiaire N] -> Agent -> Artiste,
qui chacun se servent généreusement au passage mais surtout , l'artiste deviens le "Client" de ces gens-là : Il dois écrire "sur commande", un nombre d'album défini dans le temps, le style,....
En échange, il dispose pour un cours moment du star-system, des plateaux TV, et de l'Olympia. D'un certain coté, il "paye" pour ca (en permettant aux intermédiaires de se servir dans sa caisse de popularité).

Donc, non, désolé, mais c'est vraiment 2 conception différente du métier d'artiste.

A titre personnel, je ne respecte pas les artistes qui cèdent aux sirènes du show-biz (je ne l'achète pas, ni ne le télécharge d'ailleurs, à tel point que je n'écoute même plus la radio).

Quant aux autres, il m'arrive lorsque c'est possible d'aller voir les concerts, de faire une petite donation lorsque c'est possible. Mais en AUCUN cas je n'achète de CD, ni n'achète de MP3 "à l'unité". Jamais.
La contrainte est le meilleur chemin pour me faire fuir, tant dans le monde réel (magasin & vendeurs insistants) que sur le Net.
Il n'y a guère que l'UMP pour raisonner encore dans les termes : "Mais il n'y a que la sanction qui marche avec les Français".
Deux remarques :

1 - Les artistes professionnels ne sont pas indispensables à notre société, pas plus que les sportifs professionnels.

on verra quand tu iras voir une expo ou tu seras enfermé dans une piece de 4 murs blanc , ou quand tu iras dans un bar et qu'a part du brouhaha il y'aura une ambience d'enterrment quand quelqu'un renversera son verre, je rigolerais bien de voir si t'arrives a entretenir une relation avec une nana qui n'as jamais lu un livre.

etre artiste n'est pas une profession mais un statut et effectivement ou peut "vivre" sans leurs créations.....comme au temps de l'australopitèque.


- Qui a dit qu'Internet devait permettre de gagner du fric ?

personne mais pour pereniser n'importe quel projet il faut de l'argent et un buisness model en accord avec le present et viable sur le futur.


EDIT ; OrtoGaPhe ;)
C'est vrai ça notre société n'a pas besoin d'artistes professionnels.
je rigolerais bien de voir si t'arrives a entretenir une relation avec une nana qui n'as jamais lu un livre.
Les livres qui valent la peine d'être lus n'ont pas été écrits pour gagner de l'argent, mais parce que leurs auteurs avaient envie d'exprimer leurs idées. On ne peut pas comparer littérature et musique, la musique est un art superflu.
obcd, le 18/09/2009 - 17:50
En fait, le problème c'est les intermédiaires. Ce n'est pas réservé au monde de la musique, d'ailleurs: En ce moment, c'est exactement le même problème pour la filière laitière.
Le probleme n'est pas les intermédiaires mais le manque de transparence et de connaissance des métiers.Si chacun savait mieux ce que l'autre fait et pour combien de fric ont aurait pas ces discours hallucinants sur les producteurs de musique.Quand aux producteur de lait, je ne m'avançerai pas plus, je n'y connait rien. Je passe donc sur le parallele avec la fillière laitiere franchement abusé.
P-RoZ, le 18/09/2009 - 17:18
Un artiste qui prend (beaucoup) de son temps pour assurer le financement de son projet et son montage (Internet ou pas, CD ou pas, si tu veux enregistrer des morceaux, il faut un studio, du matériel, des musiciens... Bref, une infrastructure que tous les artistes n'ont pas, et ils n'ont pas forcément les compétences ou le temps nécessaire pour organiser tout çà.

Moué... Enfin de là à signer un pacte avec la sacem et un producteur pour toucher 3% du prix de vente, quand on décide de vivre de son art, ça me donnerai envie de m'intéresser au cout d'un home studio et à me former aux trucs que je sais pas faire, au moins me renseigner, d'autant que les alternatives de contrat existent, y a pas que les producteurs et les sociétés de gestion privées...

Sinon l'argument d'un artiste trouvant pas de musiciens, là vraiment, je sais pas quoi te dire... Genre le mec il veut vivre de sa musique, et il connait pas un autre zikos ? Haynaaaurme... ça pourrait être un argument dans le rapport que Tsarko a demandé au producteur de Carla ça...

1
2
3
Télécharger
Guitar Pro
MAO (Musique) - Editeur de tablatures
 
TorrenTopia
BitTorrent - Client BitTorrent avec moteur de recherche
 
BZFlag
Jeu d'action - Bataille de tanks multi-joueur en open source
 
Warsow
Tir subjectif (FPS) - FPS multi-joueur gratuit dans la lignée de Quake
 
Cam2pc
Photo numérique - L'indispensable logiciel pour les adeptes de la photo numérique
 
Septembre 2009
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
31 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC