Google estime que le droit d'auteur bride l'innovation en France
Guillaume Champeau -
publié le Lundi 29 Juin 2009 à 11h22 -
posté dans Société 2.0
![]() Selon Google, l'innovation serait bridée en France par le manque d'équilibre entre la nécessaire protection du droit d'auteur et la nécessité de donner au public la possibilité d'utiliser les oeuvres à des fins innovantes. Le moteur de recherche plaide pour un "Fair use" à l'américaine en droit français.
"Il est clair qu'il y a des différences d'approches. Prenez l'exemple de notre produit "Recherche de livres" (Book search). Il repose sur le concept de fair use ("usage acceptable"), qui n'existe pas en France", explique Drummond. "Il repose sur l'idée que ce que vous faites ne se substitue pas à l'oeuvre. Vous ne la consommez pas de la manière prévue, mais vous l'utilisez dans un autre but. Aux Etats-Unis, ce concept a permis beaucoup d'innovations qui ont profité à l'ensemble de la société. On peut dire sans exagérer qu'outre-Atlantique, les compagnies qui ont été créatives, de Yahoo ! à Google, en passant par eBay ou encore YouTube, doivent une large part de leur succès à ce régime légal". A contrario, il faut donc comprendre que la France et l'Europe n'auront pas de géant des nouvelles technologies tant qu'elles continueront de placer le droit d'auteur sur un tel piédestal que rien ne peut être fait des oeuvres sans que les ayants droit portent plainte et réclament leur part du bénéfice réalisé. "Quand nous numérisons les livres qui ne sont pas dans le domaine public, nous ne montrons pas réellement leur contenu, mais simplement le sommaire ou quelques extraits. Pour nous, c'est un usage acceptable ; pas en France, où nous ne scannons pas de livres pour cette raison", regrette le cadre de Google. "Nous comprenons très bien que la protection des oeuvres de création est importante. Mais nous pensons aussi qu'il est important pour la société de parvenir à un meilleur équilibre entre la protection des auteurs et le fait de donner au public la possibilité d'innover en utilisant des travaux se trouvant dans la sphère publique", explique Drummond. "Introduire le concept de fair use dans la législation française sur le droit d'auteur serait un développement positif". Les ayants droit français, très puissants dans leur lobbying, freineront toutefois des quatre fers une telle innovation législative, au nom de "l'exception culturelle française" qu'ils opposent sans cesse au copyright à l'américaine qu'ils jugent moins protecteur des auteurs et davantage des multinationales. Mais avec sa décision sur la loi Hadopi, qui juge que le droit d'auteur n'est pas supérieur aux droits de la société civile, le Conseil constitutionnel ouvre la porte vers une évolution législative plus proche de l'idée d'un fair use à l'américaine. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Google estime que le droit d'auteur bride l'innovation en France»
google met en place un racket generalisé du droit d'auteur a son profit, ce n'est pas tres etonnant qu'il soit contre.
'Djaibi', le 01/01/1970 - 01:00 Si ça ne tenait qu'à vous ce serait tout pour les majors, tout pour les lobbies, tout pour celui qui a le pognon. Rien à dire la propagande est efficace puisqu'on arrive à vous faire désirer l'inverse de ce que vous souhaitez, à vous faire croire que le pire sera bien mieux.
Incohérent avec ce qu'on dit, la phrase suivante Le droit d'auteur est un peu trop restrictif c'est clair et il faudrait le revoir ou en tout cas faire en sorte que ça protège vraiment les auteurs et pas les lobby.
Tu noteras qu'on parle de protéger vraiment les auteurs, je ne vois pas où tu vois qu'on veut tout pour les lobbys mais ce n'est pas grave on voit ce qu'on a envie de voir. Après moi je trouve que le discours de Google n'est pas idiot après les intentions derrière c'est une autre histoire. ce que Mr Drummond oublie de dire sur la numérisation des livres sous droit, c'est que les auteurs et les éditeurs américains ne partagent pas son point de vue et avaient intentés un procès pour contrefaçon. Le 28 octobre, Google et les plaignants ont signés un accord et Google va payer 125 millions de dollars (si l'accord est approuvé) pour numériser les livres. Donc exit le fair use...
Le problème, c'est que David C. Drummond ne donne pas une définition correcte du "fair use" - Le "fair use", c'est l'utilisation à but non commcerciale et à usage exclusivement privée ou de recherche. Cette notion n'est pas étrangère au droit européen (directive 2001) et droit français. La vérité, ce que david ne dit pas, c'est que Google a systématiquement violé le droit d'auteur américain sur la base de cette "auto" définition complètement erronée, si fait que plusieurs grandes associations dont the Authors Guild Association on assigné Google en justice en 2005. Le Settlement négocié récemment est un accord commercial, pas la reconnaissance de l'innocence de Google en matiére de violation du droit d'auteur américain.
La France n'est pas "en retard" comme l'affirment certains ici... C'est un autre système juridique qui protège l'oeuvre et l'auteur (droit d'auteurs) alors que le copyright protège la copie de l'oeuvre (copyright). Si en tant qu'auteur vous créer quelque chose 1) primo : vous souhaitez en recueilleir les revenus (pas le moteur de recherche) 2) secondo : en contrôler l'usage un minimum ...
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