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Hadopi 2 : le nouveau casse-tête de Christine Albanel

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 17 Juin 2009 à 16h23 - posté dans Société 2.0

Christine Albanel devrait transmettre cette semaine au Conseil d'Etat son projet de loi complémentaire à l'Hadopi 2, qui doit confier aux juges le pouvoir de couper l'accès à Internet des abonnés dont la ligne a été utilisée pour pirater des contenus. Mais c'est un nouveau casse-tête constitutionnel qui se présente devant elle...

Les deux sources concordent. Emmanuel Beretta dans Le Point et Astrid Girardeau dans Libération expliquent ensemble que le projet de loi complémentaire à l'Hadopi, qui devrait être présenté la semaine prochaine ou la semaine suivante en Conseil des ministres, ferait disparaître le délit de surveillance de l'accès à Internet que devait sanctionner l'Hadopi. La mesure aurait l'avantage d'évacuer l'usine à gaz du logiciel de sécurisation de l'accès à Internet, dont seule l'installation pouvait valablement exonérer les internautes de toute responsabilité aux yeux du gouvernement.

"Retour donc à la peine pour téléchargement comme délit de contrefaçon. Actuellement, dans le code pénal, cet acte est passible de 3 ans de prison et de 300 000 euros d'amende. A ces deux peines, le gouvernement propose de rajouter une troisième : la coupure de l'accès à Internet", explique Astrid Girardeau. "Selon la gravité de la faute, le juge pourra ainsi opter parmi ces trois sanctions. Soit une amende, via une ordonnance pénale (...), soit une peine de prison. Soit une coupure de l'accès Internet, de deux mois à un an".

Une telle solution, si elle était avérée, serait très étrange. L'Hadopi serait alors chargée d'avertir les internautes de leur responsabilité de surveillance, et demanderait aux tribunaux de sanctionner ce défaut de surveillance sur une toute autre base légale. Après tout, pourquoi pas.

Mais il n'est pas sûr que le Conseil constitutionnel voit d'un bon oeil l'ajout d'une sanction de coupure de l'accès à Internet dans l'arsenal laissé à disposition des juges en matière de contrefaçon.

Lorsqu'il avait censuré la réponse graduée de la loi DADVSI, le Conseil avait clairement indiqué qu'il n'était pas conforme au principe d'égalité de créer un régime pénal différencié pour les actes de contrefaçon réalisés par Internet. C'est justement cette exigence qui avait conduit à créer une obligation de surveillance de l'accès à Intenret, distincte de la contrefaçon, avec l'Hadopi.

Le gouvernement devra donc prétendre officiellement que la sanction de la suspension de l'accès n'est pas réservée, sur le papier, aux contrefaçons en ligne. Même s'il en fera instruction aux parquets.

Or dans ce cas, le Conseil constitutionnel pourra cette fois se reposer sur le principe de la légalité des délits et des peines, et décider que la sanction est sans rapport avec l'infraction commise, et disproportionnée. En reconnaissant que l'accès à Internet était une composante de la liberté d'expression, le Conseil a en effet admis qu'il était "loisible au législateur d'édicter des règles de nature à concilier la poursuite de l'objectif de lutte contre les pratiques de contrefaçon sur internet avec l'exercice du droit de libre communication et de la liberté de parler, écrire et imprimer". Mais que "toutefois, la liberté d'expression et de communication est d'autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l'une des garanties du respect des autres droits et libertés", et que donc "les atteintes portées à l'exercice de cette liberté doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif poursuivi".

Or il n'y aurait rien de nécessaire, adapté et proportionné au fait de couper l'accès à Internet à ceux qui n'ont pas commis de contrefaçon par Internet. La boucle est bouclée. Le gouvernement est dans une impasse.

Publié par Guillaume Champeau, le 17 Juin 2009 à 16h23
 
 
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Commentaires à propos de «Hadopi 2 : le nouveau casse-tête de Christine Albanel»
 

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Elle va finir à l'asile si elle continue ...
Hihi ;-)
Si certaines personnes qui s'y connaissent en droit pouvaient m'éclairer sur un point, je leur en serai très reconnaissant:

Le téléchargement d'un fichier (par exemple un morceau de musique protégé par des droits d'auteurs au format mp3) via une plate-forme peer-to-peer, constitue-t-il une contrefaçon?
En effet, il ne s'agit pas d'un vol car il n'y a pas soustraction d'un bien ne nous appartenant pas,
(personne ne voit son fichier supprimé, ni n'en perd la jouissance parce qu'il a été téléchargé), mais pourquoi s'agirait-il plus de contrefaçon?
Le fichier obtenu par ce biais est exactement un exemplaire de l'original (sauf dans certains cas, mais je ne m'intéresse pas à ceux-là ici)qui est vendu sur des supports physiques comme des CD par exemple, or pour moi, la contrefaçon consiste à fabriquer un bien imitant un modèle déposé pour bénéficier de l'image de ce modèle sans en subir les contraintes de fabrication. Je ne vois pas en quoi obtenir un bien qui n'est pas, à mon sens, contrefait puisqu'il s'agit bien d'un original, peut constituer ou rendre complice d'une contrefaçon.

Peut être ma définition de la contrefaçon n'est-elle pas juste?
Quoi qu'il en soit, j'aimerais vraiment avoir une réponse à cette question.
Attendons la suite ...Je pense qu'ils n'ont pas compris, rue de Valois, qu'ils se sont pris les pieds dans le tapis ...
une nouvelle censure leur rafraichira la cervelle
Une amende?!
Peut être mais autant on peut sanctionner un véhicule à partir de sa plaque autant on ne la saisie pas.
De plus, même pour les radars automatiques, bien que difficile mais possible, on peut justifier devant un tribunal que ce n'est pas vous le propriétaire de la voiture qui conduisait.
D'accord il faut payer d'abord ... c'est cela la justice française :Hein: (ce n'est qu'un exemple).
De toute ils tournent en rond. :bienvu: ... surtout si ce nouveau chapitre est à nouveau renvoyé devant le CC :-p
Attention toutefois à ne pas se réjouir trop vite ce qu'a fait le CC est très exceptionnel !
Attendons la suite ...Je pense qu'ils n'ont pas compris, rue de Valois, qu'ils se sont pris les pieds dans le tapis ...

une nouvelle censure leur rafraichira la cervelle

j ai deja posé la question mais bon......

est ce deja arrivé qu une loi se fasse retoquer 2 fois par le CC ?

on y va mine de rien ;)
Une amende?!
Peut être mais autant on peut sanctionner un véhicule à partir de sa plaque autant on ne la saisie pas.
De plus, même pour les radars automatiques, bien que difficile mais possible, on peut justifier devant un tribunal que ce n'est pas vous le propriétaire de la voiture qui conduisait.
D'accord il faut payer d'abord ... c'est cela la justice française (ce n'est qu'un exemple).
De toute ils tournent en rond. ... surtout si ce nouveau chapitre est à nouveau renvoyé devant le CC
Attention toutefois à ne pas se réjouir trop vite ce qu'a fait le CC est très exceptionnel !
sous sarkozy le CC bourrine beaucoup je trouve
Je vais me répéter, mais c'est simplette dans la joyeuse bande de nains du gouvernement... y aurait-il un espoir même infime de voir ces gens si haut placé, réfléchir un peu, un tout petit peu. Et puis connaitre un peu le sujet dont il débattent!
Albanel se lance dans l'illusion en tentant de prendre les membres du CC pour des neuneux, j'adorerai voir cette proposition se faire tacler une 2ème fois...
a trop vouloir copié la chine on se retrouve avec un casse tête chinois
a médité pour nos dinopoliticard...

Très bon ^^
Si seulement leur mauvaise foi ne dissolvait pas le problème... Il faudra espérer que le parti socialiste en appelle une nouvelle fois au Conseil Constitutionnel.
Si seulement leur mauvaise foi ne dissolvait pas le problème... Il faudra espérer que le parti socialiste en appelle une nouvelle fois au Conseil Constitutionnel.

Si la coupure est réintroduite dans le texte, en toute logique le CC doit être saisi, il serait incompréhensible que le PS laisse passer un telle occasion.
c'est son dernier baroud d'honneur avant de se petit-suicider... c'est toujours les meilleurs qui partent en premier, snif. ^^
Un truc m'interroge : on ne coupe pas l'elecricité d'un gars qui s'en sert pour cultiver du canabis dans sa cave, alors pourquoi vouloir à tout prix couper la connexion internet des méchant pirates que vous êtes ? (comment ça, moi aussi ??)
Un truc m'interroge : on ne coupe pas l'elecricité d'un gars qui s'en sert pour cultiver du canabis dans sa cave, alors pourquoi vouloir à tout prix couper la connexion internet des méchant pirates que vous êtes ? (comment ça, moi aussi ??)

aucun pirate ici,mdr et ceux qui téléchargent le font pour conseiller aux autres de ne pas achater de la bouse, genre du Besson...
ok je sors
Yahaaa ! Abandon du délit de non sécurisation de connexion, une véritable aberration qui aurait transformé de fait les français en admin réseaux (fonction necessitant une formation entre bac +3 et bac +5 au moins...)

Ca fait un autre Hadopic fail au compteur d'Albanulle.



J'aime aussi votre conclusion sur la proportionnalité des peines :) Faut avouer que se faire suspendre 2 mois d'internet parcequ'on a fait de la contrefaçon de rolex, ça peut valoir le coup...
Hum, il me semble qu'il résulte précisément de la décision du CC que la coupure de l'accès Internet n'est plus possible (merci à C Albanel et F Lefevre). La réponse doit être proportionnée et donc il n'est possible que d'imposer le filtrage des protocole P2P (pas très faisable).

Donc, le seul boulot qui échoit encore à HADOPI 2, le retour, c'est de boucher le trou laissé béant par le CC en liant le défaut de surveillance à une infraction pénale.
ils ne peuvent pas garder le défault de surveillance de ligne car cela reviens a une attente des libertés du cityoyen. cela revient aussi a une présemption d'inoccence. si j'ai bien lu, le CC a censuré entre autre le fait que la non surveillance constitue un délit.
le trou laissé béant

hmmm, j'aime quand tu parles de ce que les internautes français ont fait dans le fondement du ministère qui essayait de leur faire à l'envers...
Si certaines personnes qui s'y connaissent en droit pouvaient m'éclairer sur un point, je leur en serai très reconnaissant:Le téléchargement d'un fichier (par exemple un morceau de musique protégé par des droits d'auteurs au format mp3) via une plate-forme peer-to-peer, constitue-t-il une contrefaçon?
En effet, il ne s'agit pas d'un vol car il n'y a pas soustraction d'un bien ne nous appartenant pas,
(personne ne voit son fichier supprimé, ni n'en perd la jouissance parce qu'il a été téléchargé), mais pourquoi s'agirait-il plus de contrefaçon?
Le fichier obtenu par ce biais est exactement un exemplaire de l'original (sauf dans certains cas, mais je ne m'intéresse pas à ceux-là ici)qui est vendu sur des supports physiques comme des CD par exemple, or pour moi, la contrefaçon consiste à fabriquer un bien imitant un modèle déposé pour bénéficier de l'image de ce modèle sans en subir les contraintes de fabrication. Je ne vois pas en quoi obtenir un bien qui n'est pas, à mon sens, contrefait puisqu'il s'agit bien d'un original, peut constituer ou rendre complice d'une contrefaçon.Peut être ma définition de la contrefaçon n'est-elle pas juste?
Quoi qu'il en soit, j'aimerais vraiment avoir une réponse à cette question.

Cf. http://fr.wikipedia....iki/Contrefaçon (j'ai la flemme de chercher les textes légaux)
"La contrefaçon est le fait de reproduire ou d'imiter quelque chose sans en avoir le droit ou en affirmant ou laissant présumer que la copie est authentique."

=> le simple fait de créer une copie numérique d'une oeuvre sans l'accord de son auteur est donc de la contrefaçon.
Que la copie soit une copie numérique de l'original, et que le copieur n'ait aucune intention d'en faire commerce ni d'usurper l'auteur original en prétendant détenir un objet de marque ni change rien.

Les CD vendus dans le commerce contiennent tous une copie numérique de l'original, mais ce sont des copies autorisées par les ayants droits.
Effectuer une copie de ces CD sans autorisation est par contre une contrefaçon.

Exception : la copie privée. Ce n'est pas un droit (=> on ne peut pas s'en servir pour obliger un éditeur de nous laisser le droit d'effectuer une copie privée par exemple), mais une défense contre une action en contrefaçon de la part d'un ayant droit.
=> Vous avez parfaitement le droit de faire une copie de sauvegarde de votre CD favori, pour votre usage personnel (et familial), aucun ayant droit n'aura gain de cause en vous attaquant en justice pour celà.


La grande différence qu'il y a entre le trafic de faux Vuittons et le téléchargement d'un mp3 sur Internet, c'est que dans le cadre du téléchargement sur internet, dans la grande majorité des cas, ça se fait sans aucun but lucratif.
C'est un partage 100% gratuit, sans aucune perte où que ce soit.
Mais juridiquement, ça reste de la contrefaçon.

Sauf que les génies marketeux des industries du disque ne l'ont jamais compris comme ça. Eux ils voient : 105 000 téléchargements illégaux = 105 000 CD vendus en moins => à 20€ le CD, 210 000 € de manque à gagner.

Postulat éminemment faux et démenti par plusieurs tribunaux français lors de procès récents. A l'exemple du TGI de Paris statuant que "Un fichier téléchargé n'est pas un fichier non acheté" => les ayants droits peuvent s'asseoir sur leurs 105 000 * 20€ de dommages et interets.
'City, le 01/01/1970 - 01:00
honnetement je serais le gouvernement je mettrais une amende et hop j'en aurai fini avec cette histoire


Sauf que la décision de l'amende avait été refusée par le CC à l'époque ou RDDV avait voulu l'introduire, sous le qualificatif de 'riposte graduée" lors du vote de la DADVSI.

Il semble, que certains aient la mémoire courte ...




:Hein:

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