Hadopi : réactions à la censure du Conseil constitutionnel

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 10 Juin 2009 à 21h15 - posté dans Société 2.0

La censure du volet "sanctions" de la riposte graduée par le Conseil constitutionnel suscite de nombreuses réactions. Voici une petite compilation, régulièrement mise à jour :

Christine Albanel, feignant de ne pas comprendre que son Hadopi tombe à l'eau, "se félicite que le principe d'un dispositif pédagogique de prévention du piratage ait été validé par le Conseil constitutionnel", mais regrette "de ne pouvoir, comme le Gouvernement et le Parlement l'avaient souhaité, aller jusqu'au bout de la logique de " dépénalisation " du comportement des internautes, en confiant à une autorité non judiciaire toutes les étapes - y compris le prononcé de la sanction - du processus" (il faudra penser à remettre à Albanel un prix de l'humour pour toute son oeuvre sur l'Hadopi). Elle a annoncé son intention de modifier la loi pour permettre au juge pénal de prononcer des sanctions à la demande de l'Hadopi.

Contacté dans l'après-midi, le député socialiste Christian Paul a estimé que le Conseil constitutionnel avait "touché au coeur" de l'Hadopi, et qu'il fallait "tourner une page détestable" et donc que "la loi Hadopi doit être enterrée". "Ce qu'il faut maintenant, c'est voir comment rémunérer la création à l'ère numérique", demande le député socialiste. "C'est une obligation morale, politique et culturelle", a-t-il ajouté.

Christian Vanneste, député UMP opposé à l'Hadopi et ancien rapporteur de la loi DADVSI, "se réjouit de la décision de ce mercredi 10 juin, du Conseil Constitutionnel", qui a imposé que seul le juge puisse ordonner la suspension de l'accès à Internet. Il regrette "que la loi Hadopi soit passée à côté de l'objectif essentiel qui était d'équilibrer les droits de ceux qui concourent à la création, avec l'élargissement de l'accès à la création par le plus large public et notamment par le public jeune".

La Quadrature du Net, les fameux 5 gus dans un garage regardés avec dédain par la ministre de la Culture, estime que "c'est une grande victoire pour les citoyens qui ont prouvé qu'ils pouvaient agir ensemble pour protéger leur liberté". "La riposte graduée est finalement enterrée. Il ne reste qu'une immense machine à spams pour les industries du divertissement et payée par le contribuable", résume parfaitement Jérémie Zimmermann, le porte-parole du collectif. Il appelle cependant à la vigilence, avec l'arrivée de la Loppsi, qui participe également au désir de contrôle du net de Nicolas Sarkozy.

Le SNEP et la SCPP, les lobbys des grandes maisons de disques, essayent de retourner la décision à leur avantage. S'ils "se réjouissent de la mise en place d'une Haute Autorité dédiée à la défense de la propriété intellectuelle sur Internet et du dispositif pédagogique destiné aux internautes grâce à l'envoi de messages d'avertissement", ils estiment que le recours obligatoire au juge "replace les téléchargements illégaux sur Internet dans le champ des sanctions applicables à la contrefaçon et renforce ainsi le caractère dissuasif des messages envoyés par l'Hadopi". Ils estiment toutefois que "le dispositif d'avertissements de l'Hadopi et l'intervention de l'autorité judiciaire constitueront ainsi un cadre efficace contre les pratiques illicites sur Internet", et attendent la publication des décrets qui installeront l'Hadopi.

Même son de cloche chez l'UFPI, qui défend les plus grosses maisons de disques indépendantes. "Cette censure partielle ne remet pas en cause fondamentalement le dispositif de la " riposte graduée " qui va pouvoir se déployer au cours des prochains mois. L'essentiel des dispositions prévues dans la loi " Création et Internet " sont ainsi préservées", estime le lobby. Il demande à Christine Albanel de modifier la loi au plus vite pour faire entrer le juge dans le processus.

Martine Billard, la députée Verts qui s'est sans doute le mieux opposée à l'Hadopi lors des débats parlementaires, "se félicite de la décision du Conseil constitutionnel". "Cette décision réaffirme le principe de la présomption d'innocence et reconnaît le droit fondamental à l'accès internet y compris depuis son domicile", résume la députée. "La suppression de la sanction du manquement à l'obligation de surveillance de sa connexion renvoie cette mesure scandaleuse aux oubliettes de l'histoire".

Guy Bono, auteur du célèbre amendement anti-riposte graduée au Parlement européen, s'est bien sûr félicité de voir sa position sacralisée au niveau constitutionnel. Mais il demande la démission de Christine Albanel. "C'est une énorme claque pour Nicolas Sarkozy qui s'était personnellement impliqué dans ce dossier et pire encore pour Mme Albanel qui a porté le projet de loi Création et Internet depuis près d'un an et demi. Dans n'importe quel autre pays européen, le Ministre de la Culture aurait déjà démissionné depuis longtemps ... ", fustige le député européen. "L'UMP et le gouvernement auraient été mieux inspirés de suivre humblement la position du législateur européen plutôt que de gesticuler et faire perdre 9 mois aux artistes en leur faisant miroiter un projet de loi qu'il savaient condamné d'avance. Sans doute leurs motivations étaient ailleurs", ironise-t-il.

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP et meilleur ami des lobbys du disque et du cinéma, ne veut pas baisser les bras. "Ce texte nous le voulons, nous l'aurons", a-t-il assuré sur LCI. Il prend acte de l'obligation de passer par le juge, mais "demande donc qu'il y ait une procédure qui soit à la fois rapide et efficace et spéficique qui soit mise en place". Il assure qu'un nouveau texte "en un article" pourrait être présenté très rapidement.

Frank Riester, le rapporteur de la loi Hadopi à l'Assemblée Nationale, a estimé que la décision du Conseil "ne remet pas en cause l'esprit de la loi et les principes de la riposte graduée. Simplement, la décision de la suspension de l'abonnement sera prise par le juge judiciaire".

"Cette censure "est nette, sans appel, claire et particulièrement motivée. C'est la plus sévère depuis une bonne dizaine d'années", a commenté auprès du journal Le Monde le professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau. "Le Conseil constitutionnel offre une motivation particulièrement sévère, puisqu'il accuse le gouvernement, à l'origine de cette loi, d'avoir méconnu à la fois la liberté d'expression, le principe de la séparation des pouvoirs et la présomption d'innocence".

Publié par Guillaume Champeau, le 10 Juin 2009 à 21h15
 
 
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Commentaires à propos de «Hadopi : réactions à la censure du Conseil constitutionnel»
 

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La loi, tout comme ce crétin arrogant, n'avait pas d'esprit ... pas etonnant qu'il n'ai pas l'impression d'avoir perdu qque chose ...
La seule "intelligence" de cet abruti, est de savoir qd passer sous le bureau du nabot et qd baisser son froc et se pencher en avant ... Parasite inutile et décérébré, rebus d'une société agonisante, representant de l'arrogance de "celui qui se croit fort" ... sous merd**** quoi

C'est injurieux tout ça, tu vas bientôt être convoquer devant les tribunaux toi **sifflote** :p
et cet abruti sans cervelle de frederic lefebvre il doit bien sucer sarkozi cet abruti
et cet abruti sans cervelle de frederic lefebvre il doit bien sucer sarkozi cet abruti

Ah bah toi ça va être peine de mort direct ... !!
Mdr ... bah VPN est mon ami :)
et cet abruti sans cervelle de frederic lefebvre il doit bien sucer sarkozi cet abruti

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP et meilleur ami des lobbys du disque et du cinéma
mais c'est son métier le Lobbyisme des crapules, notamment le tabac, l'alcool, etc...
http://www.youtube.c...h?v=F0DDniIVnew
merci à l'internaute qu a bien voulu me répondre,ceci mis à part je pencherais plutôt à une manipulation du gouvernement qui cherche à contrôler internet et bien entendu les internautes.ce n'est pas les intérêts de la poignée de français créateurs et artistes qui pèse dans la balance sachant que la plupart on malgré tout des revenus que beaucoup de français envient .et que dans leur corporation il y a aussi des chômeurs.
F Lefebvre il me fout les jetons ce mec!auait du jouer dans massacre à la tronçonneuse;flippant "on le veut on l'aura" y va envoyer une balle à chaque pseudo pirate ou un rat crevé crucifié dans un spin pour dvd;hadopi c'est du flan..... que personne ne veut bouffer
albanel c'est pandi panda en moins talentueux, un vieux guignol qui fait plus peur que rire. pas beau de copier une icone pour marmot au bord du gouffre.
Ce que je peux en dire de manière générale et en effet comme ce fut dit dans ce forum : télécharger n'est pas illégal et ne doit pas le devenir, internet, c'est aussi un système d'échange et de communication et non un système commercial de plus ! J'ai par exemple téléchargé la dernière version d'Ubuntu (qui est une plateforme gratuite) par l'intermédiaire des torrents et je le laisse à disposition des téléchargeurs par le même procédé : personne n'a le droit de nous empêcher le partage, la distribution et la communication !!! Nous interdire la liberté sur internet est une intervention de type fasciste je le maintiens et rien ne nous donne autant à contester et à réfléchir que les interdits scélérats ! Les lois iniques doivent être dénoncées comme telles et nous sommes assez costauds dans le nombre pour résister aux interdits inadaptés et immoraux que sont ces lois iniques.

Nous ne sommes pas des pirates (quoi que... c'est assez romantique comme image) mais des enfants de l'internationale numérique ! :biggrinthumb: Il n'est pas donc possible de posséder les gens comme des choses et de les dominer comme un troupeau, pas besoin d'être un mouton noir pour rêver à la liberté d'être, il suffit d'être un peu conscient et un peu calé dans nos domaines...

Salut

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