L’Hadopi va-t-elle faire imploser le groupe UMP à quelques semaines des élections européennes ? Si le scénario est improbable du point de vue du pragmatisme politique, le président du groupe UMP à l’Assemblée Jean-François Copé doit tout de même entendre le tic-tac de la bombe à retardement lui chatouiller l’oreille. Lui qui n’était déjà pas en odeur de sainteté auprès de Nicolas Sarkozy a de nouveau montré jeudi son incapacité à diriger son groupe après le rejet historique de la loi Création et Internet.

Longuement interrogé sur France Info dans l’émission Parlons Net (passionnante du début à la fin, y compris sur les sujets sans rapport avec l’Hadopi), le député UMP Christian Vanneste a véritablement allumé Jean-François Copé. Alors que le gouvernement a mis en cause l’attitude des socialistes qui sont venus en nombre au moment du vote, Christian Vanneste critique au contraire « une manœuvre tordue du président Copé, qui a voulu la jouer fine, comme on dit, en faisant ça un jeudi pour que ça passe tranquillement« . « Il s’est pris les pieds dans le tapis parce que le jeudi il y a un peu moins de monde ».

« Quand vous ne pensez qu’à votre carrière personnelle et que vous cumulez un certain nombre de responsabilités, il est certain que l’investissement dans le groupe est insuffisant et ne produit pas les effets que nous devrions, nous, membres du groupe, en attendre« , accuse l’ancien rapporteur de la loi DADVSI, en faisant allusion aux nombreux mandats de Jean-François Copé (député, maire de Meaux, président du groupe UMP à l’Assemblée, président d’agglomération, et avocat à temps partiel).

Toutefois s’il y avait un peu moins de monde, « c’est aussi parce qu’il y avait peu de motivation« , n’oublie pas de rappeler Christian Vanneste, qui estime que les députés de permanences étaient « plutôt hostiles » au texte, même s’ils ont voté la plupart des amendements par sens du devoir, et que d’autres députés étaient « vraiment hostiles« , comme Lionel Tardy ou Marc Le Fur. « Si ça pouvait permettre à la majorité de remettre aux calanques grecques une loi qui est nulle et non avenue, ça serait bien« , espère-t-il.

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