Mise à jour : une manifestation organisée avec sérieux est prévue le samedi 25 avril, et coordonnée sur le site manifestation-contre-hadopi.com. Elle réunira les manifestations à 14 heures, place Edouard Herriot à Paris. Pour organiser au mieux l’encadrement, il est demandé aux participants de s’inscrire sur le site. A partir de 2.000 participants, un défilé sera organisé.

C’est une claque sans précédent depuis 26 ans qu’a reçu le gouvernement, jeudi, lorsque les députés ont rejeté le projet de loi Création et Internet modifié par la Commission Mixte Paritaire. Mais même si l’on a pu croire dans l’euphorie du moment à une guerre gagnée, ça n’est qu’une bataille qui a été remportée pour les opposants à la riposte graduée. Sous les ordres de Nicolas Sarkozy, la majorité a immédiatement fait part de son intention de présenter à nouveau le texte devant l’Assemblée Nationale, en promettant qu’on ne l’y reprendrait plus. La guerre continue donc.

Mais la majorité est divisée, le pouvoir fragilisé, les lobbys sidérés… c’est le moment ou jamais de porter l’estocade. Si l’opposition se laisse endormir par ce parfum de victoire, elle perdra. L’attitude du Parti Socialiste est encore trop aléatoire pour se reposer uniquement sur les centaines de députés qui n’étaient pas présents au moment du vote.

C’est le moment ou jamais de porter l’action en dehors du net, pour ne pas laisser la pression retomber, mais au contraire de l’accentuer. Voici donc 5 idées d’actions lancées par Numerama. Dites-nous si vous souhaitez organiser l’une ou l’autre, ou en proposer d’autres (en évitant une trop grande dispersion, qui sera contre-productive).

1. Informer tous les habitants de Coulommiers : connue pour son fromage, la commune de Coulommiers a comme maire M. Frank Riester, député UMP et rapporteur du projet de loi Création et Internet. Malgré son jeune âge, le député-maire a défendu avec un talent incontestable la riposte graduée, en se faisant le plus efficace des soldats de Christine Albanel. Mais s’il l’a fait, c’est sans doute moins par conviction chevillée au corps que par ambition politique. Il a sans nul doute marqué des points pour entrer dans un futur gouvernement ou dans de hautes responsabilités à l’UMP. Mais sans électeur, pas d’avenir politique. Or les électeurs de Coulommiers savent-ils que leur maire Frank Riester souhaite condamner les internautes sans respecter la présomption d’innocence, et les obliger à installer un logiciel espion sur chacun de leurs ordinateurs ? Situé à 60 km de Paris, Coulommiers compte environ 15.000 habitants. Pourquoi ne pas organiser d’ici la fin du mois une journée d’informations où les internautes volontaires se répartiraient quelques quartiers de la commune pour distribuer des tracts sur le contenu du projet de loi défendu par leur maire ?

2. Déposer des centaines de disques dur devant le ministère de la Culture : beaucoup d’entre nous ont un ou plusieurs vieux disques durs qui trainent dans un placard, qui ne serviront jamais plus. Pourquoi ne pas les utiliser pour la bonne cause ? Christine Albanel a assuré que les personnes sanctionnées par l’Hadopi pourront déposer leur disque dur pour prouver leur bonne foi. Il faut anticiper pour aller jusqu’à l’absurde et pointer le véritable problème du texte : la présomption irréfragable de culpabilité. Les médias, qui aiment les images fortes et symboliques, pourraient enfin s’intéresser à ce problème si une foule d’une centaine d’internautes vient déposer chacun un disque dur devant les portes du ministère de la rue de Valois. Si la presse est convoquée, des images seront prises. Et si des documents concis et précis leurs sont distribués à cette occasion, ils pourront prendre conscience des enjeux du projet de loi, dissimulés par les discours de propagande des lobbys et du gouvernement.

3. Organiser une réunion publique avec les artistes favorables à l’Hadopi : ils sont soit-disant 10.000 signataires de la pétition de la Sacem à s’être engagés en faveur de la loi Création et Internet. Ils sont aussi 37 cinéastes à s’être engagés à l’Odéon. S’ils sont fiers de leurs idées, ils ne devraient pas avoir peur de les défendre devant ceux qu’ils accusent de piratage. Mais sont-ils vraiment conscients des raisons qui poussent les internautes à s’opposer fondamentalement à la loi Création et Internet ? Il serait possible (en sollicitant l’aide d’associations comme l’UFC-Que Choisir, du Parti Socialiste, de la Quadrature du Net, …) de convoquer certains des grands noms cités par le ministère de la Culture dans une salle parisienne, et d’exposer calmement les raisons fondamentales de notre opposition. Chacun devrait alors confirmer son engagement pour l’Hadopi, sans ignorer cette fois les problèmes que pose le texte au regard des droits de la défense ou de la présomption d’innocence. Jusqu’où oseront-ils maintenir leur soutien ?

4. Envoyer en masse des modems à François Bayrou : Opposé à la loi DADVSI à quelques mois des élections présidentielles, ce qui l’a aidé à assoir son aura auprès des internautes, François Bayrou a timidement déclaré s’opposer au projet de loi Création et Internet sans jamais l’affirmer avec conviction dans les médias à une heure de grande écoute ni, surtout, se présenter une seule fois à l’Hémicycle pour apporter son poids politique à la bataille des anti-Hadopi. Le leader du MoDem a semble-t-il été déconnecté. Lui qui s’apprête à publier son livre « Abus de pouvoir » (présenté comme un brûlot comparabe au « Coup d’Etat permanent » de Mitterrand) a pourtant tout à gagner dans le combat contre la loi, s’il sait la placer sous l’angle des valeurs républicaines qu’il aime à défendre. A quelques semaines des Européennes, retrouver le soutien des internautes pourrait lui être précieux. Pour l’aider à retrouver la mémoire et à se reconnecter à la communauté des internautes qui ont fait sa base médiatique en 2007, pourquoi ne pas lui envoyer des modems à son bureau parisien ? Pour ceux qui n’en ont pas dans leur grenier, il s’en trouve encore à peu cher sur Internet.

5. Déployer une banderole anti-Hadopi au Stade de France : Nicolas Sarkozy aime le foot. Il était encore au Parc des Princes jeudi soir pour le quart de finale joué par le PSG, après avoir déjà assisté au match de dimanche soir. De son côté, la télévision manipule l’opinion publique en minimisant l’opposition, pourtant réelle et argumentée, au projet de loi Création et Internet. Or le 9 mai, Nicolas Sarkozy devrait être au Stade de France pour assister à la finale de la Coupe de France, retransmise en direct sur France Télévisions. L’occasion rêvée pour faire d’une pierre deux coups avec une banderole anti-Hadopi qui serait vue par le Président, et peut-être diffusée à la TV. Il est également possible d’anticiper sans la présence du chef de l’Etat, au Stade des Alpes lors de la demi-finale Grenoble – Rennes, le 21 avril, retransmise sur France 2.

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