Lundi, 13 professionnels du cinéma (producteurs, acteurs, réalisateurs) ont publié dans Libération une tribune au vitriol contre la loi Création et Internet. Son auteur, Paulo Branco, était d’ailleurs l’invité de Frédéric Taddeï hier soir sur France 3, où il a redit toute son hostilité à un projet de loi qui selon lui est symbolique d’un « système un peu parano qui commence à exister dans la société française et européenne qui pense régler les problèmes par la répression« .

Mais pas question pour Christine Albanel d’accorder le moindre crédit à cette tribune, pourtant signée par des artistes de renom comme Catherine Deneuve ou Victoria Abril. Interrogée par le député socialiste Jean-Louis Gagnaire à l’occasion des questions au gouvernement (« pourquoi s’accrocher à une loi déjà dépassée ?« ) la ministre de la Culture a nié toute division des artistes face à son projet de loi.

« J’ai lu le petit article« , a répondu la ministre, dont les propos son rapportés sur Ecrans. Une manière de prendre de haut la tribune pour mieux la piétiner. « Et je regrette qu’une poignée d’artistes, que nous aimons, se soient laissés entraîner par son auteur. Je rappelle que nous avons le soutien de plus 10 000 artistes, de trente-sept cinéastes, d’Agnès Jaoui à Jean-Paul Rappeneau, et de l’association IMPALA. On est beaucoup plus nombreux qu’on ne le pense !« . « Dire que c’est une loi des majors, c’est faux. On est du côté de la culture et de la création« , a-t-elle répété.

Si 13 cinéastes font une poignée, alors 37 cinéates font trois poignées. D’autant que des rumeurs font état ces jours-ci de pressions très fortes exercées par les lobbys du cinéma contre les 13 artistes signataires ou ceux qui pensaient les rejoindre, alors qu’il y a eu un très fort lobbying pour récolter des signatures d’artistes pro-Hadopi. A ce sujet, certains artistes qui figurent sur la prétendue liste des 10.000 soutiens au projet de loi assurent aujourd’hui n’avoir jamais rien signé, ce qui met en doute la qualité et l’honnêteté de la collecte des signatures pro-Hadopi. Enfin, si l’IMPALA (association européenne des labels indépendants) s’est déclarée satisfaite du vote du projet de loi, c’est uniquement après changé d’avis sous diverses pressions, en notant par la voix de son co-président Michel Lambot que le projet de loi avait « entraîné bon nombre de critiques« .

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