Le projet de loi Création et Internet qui instaure la riposte graduée et met en place l'Hadopi est massivement rejeté par l'opinion publique, à un niveau qui selon l'IFOP est même "rarement observé dans le cadre d'une étude d'opinion".

Selon un sondage IFOP réalisé pour le JDD, 60 % des internautes ne sont pas favorables à la loi Création et Internet, et seul un tiers y sont favorables. Le sondage a été réalisé en ligne du 6 au 8 avril 2009, sur un échantillon de 1004 personnes représentatif du grand public internaute français.

La « riposte gradué », qui consiste à avertir les abonnés à Internet dont l’accès est utilisé pour pirater, puis à les sanctionner d’une suspension de leur abonnement en cas de récidive, ne fait pas peur. Les sondés sont seulement 24 % à estimer qu’elle sera efficace, et 69 % à penser qu’elle ne sera pas efficace.

Yves-Marie Cann, directeur d’étude au Département Opinion de l’IFOP, note que « l’opposition au dispositif défendu par les pouvoirs publics s’avère particulièrement intense, la proportion d’internautes se déclarant « pas du tout favorable » (42 % de l’échantillon interrogé) atteignant un niveau rarement observé dans le cadre d’une étude d’opinion« . Seuls les plus de 65 ans (53 % de jugement favorables) se distinguent, alors que l’ensemble des autres catégories de population interrogées sont hostiles au projet de loi. « Un fait particulièrement marquant« , selon l’IFOP. Mais même chez les retraités, 64 % des sondés jugent que la riposte graduée sera « peu » voire « pas du tout » efficace.

L’opposition est aussi transpartisane, puisque la riposte graduée rencontre une majorité d’opposants parmi les sympathisants de droite (53 %), y compris chez ceux qui se déclarent proches de l’UMP (51 %). Un électeur de Nicolas Sarkozy sur deux est opposé à la loi. Les sympathisans de gauche (69 %) et du Mouvement Démocrate de Français Bayrou (60 %) sont, sans surprise, encore plus massivement opposés au dispositif.

Rappelons que rien n’oblige le Président de la République, dans la Constitution, à promulguer le projet de loi voté par le Parlement. Il est encore temps de reculer avant la gronde ne monte. Ce serait sage, sans doute.

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