Laurent Petitgirard (Sacem) prépare déjà l'après-Hadopi

Guillaume Champeau - publié le Lundi 06 Avril 2009 à 11h54 - posté dans Société 2.0

Tout en refusant de se prononcer au nom de la Sacem, son Président Laurent Petitgirard doute de l'efficacité de la loi Création et Internet pour raviver les revenus de la création musicale et propose une "nouvelle forme de licence" assise sur une rémunération versée par les internautes par l'intermédiaire des FAI. Une bonne, ou une mauvaise chose pour les artistes ?

"Il n'y a pas le moindre Plan B, ce qui ne nous empêche pas de réfléchir au futur", avait écrit dans nos pages le Président du Conseil d'Administration de la Sacem, Laurent Petitgirard, alors que nous expliquions que la société de gestion collective commençait déjà à réfléchir à l'idée de taxer les fournisseurs d'accès à Internet pour continuer à développer les revenus des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. L'idée semble faire son chemin.

Au détour d'un entretien accordé à Resmusica, Laurent Petitgirard est revenu sur la loi Création et Internet, qu'il semble déjà croire vouée à l'échec. "Il était impossible pour la SACEM de ne pas s’associer à une concertation générale visant à sortir d’un système uniquement répressif idiot et inefficace", explique le compositeur pour justifier la pression qu'a mis la Sacem sur le législateur pour créer l'Hadopi et la riposte graduée. Mais "nous constatons que nous sommes devant une loi dont la première conséquence est que les auteurs auront le droit de payer pour un exercice de police, c’est-à-dire de rémunérer des sociétés spécialisées dans la recherche sur internet", ajoute-t-il pour critiquer le fait que ça soit aux ayants droit de financer la recherche des infractions. Dans un récent article, nous avions mis en doute la capacité des maisons de disques ou des sociétés de gestion collective à financer massivement les recherches d'adresses IP alors que leur finances s'étiolent. Laurent Petitgirard semble nous donner raison.

De plus, ajoute-t-il comme pour montrer l'absurdité du mécanisme de la riposte graduée, "si nous repérons 5000 contrevenants, sur une adresse IP à un instant précis, ils recevront un message d’alerte mais ne seront pas placés sous surveillance et retomberont aussitôt dans la masse des millions d’internautes. Pour recevoir le deuxième message, ils devront être « attrapés » une nouvelle fois… Quelle est la probabilité d’un recoupement à trois reprises sur l’ensemble des internautes ?". Pendant les débats, les députés socialistes avaient dit la même chose autrement, en estimant que l'Hadopi était un filet à papillons utilisé pour puiser de l'eau.

La prophétie de Jacques Attali réalisée ?

"Même si le téléchargement légal double ou triple grâce à cette loi", estime Laurent Petitgirard comme s'il en doutait déjà, "les effets seront peu sensibles".

Il faut donc déjà mettre en place le Plan B, mais avancer masqué. "A titre personnel, ce qui n’engage donc pas la SACEM", prévient-il sans que personne ne puisse croire une seule seconde à cette réserve, "je pense que nous arriverons à une nouvelle forme de licence où les utilisateurs, moyennant une majoration de leur abonnement à laquelle aura participé le fournisseur d’accès, auront accès à des fichiers fournis par l’ensemble des producteurs avec des fichiers sains et normés, assurant une parfaite traçabilité des ayant-droits". En plus clair, Laurent Petitgirard propose de mettre en place une pseudo licence globale, privée, contrôlée par des DRM ou, à tout le moins, par des systèmes de watermarking, dans un partenariat avec les FAI - une idée qui a fait échec en Grande-Bretagne.

L'air de rien, Laurent Petitgirard prépare le terrain à ce que Jacques Attali redoutait récemment. Opposé à la loi Création et Internet, l'économiste a conseillé aux artistes de prendre eux-mêmes en main la mise en place d'une licence globale, au risque de voir la Sacem, les FAI et les majors organiser leur propre système, pour se partager la part du lion sur le dos des artistes indépendants. Lorsqu'ils vont se rendre compte que l'Hadopi ne marche pas, "ils vont mettre au point la licence globale en se partageant le gateau avec les fournisseurs d'accès, monter une structure dans laquelle l'ensemble de l'argent réparti ira d'abord des fournisseurs d'accès aux majors, et les majors distribueront des miettes aux artistes", prédisait Jacques Attali. "C'est très important que les artistes comprennent qu'il faut que eux prennent en main le système".

 
 
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Commentaires à propos de Laurent Petitgirard (Sacem) prépare déjà l'après-Hadopi
 

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al4az
Le 06 Avril 2009 à 13h03
La "cavalerie" se réveille et arrive trop tard. Le massacre a eu lieu. Dans 3/4 jours, au rythme la, personne n'aura voulu l'hadopi.
jbsorba
Le 06 Avril 2009 à 13h04
Pourquoi masqué? pas le courage d'aller au bout du concept cela porte le nom de licence légale non plus globale, mais, elle existe cette licence elle s'appelle rémunération pour copie privée puisque cette rémunération est devenu de faut "une taxe affecté" comme la redevance TV mais ici tout le monde passe a la caisse même les asso, les administrations, les entreprises etc.

http://www.champeau.info/ldc/ il existe depuis 2004 le plan B. merci Guillome
al4az
Le 06 Avril 2009 à 13h10
Si cette loi leur fait peur (soussous en moins), z'ont-qu'a poursuivre leur lobbyisme auprès du CC pour retoquer la loi qu'ils ont voulus. Faire et défaire est un sport national en france.
De toute manière hadopi est la pour remplacer edwige.
Clorokine
Le 06 Avril 2009 à 13h11
c'est marrant comment cette personne qui a appelé cette loi de ces voeux et en train de nous dire que cela ne fonctionnera pas et qu'il recherche comment financer son salaire.

Comme il a été souvent dit ce n'est pas une loi pour défendre les artistes mais les bénéficiaires des droits voisins, car a défaut de vendre des CD les artistes se produisent sur scène, peuvent avoir leur propre site WEB pour les produits dérivés et là plus rien ne tombe dans l'escarcelle de ceux qui jusque la se goinfraient sur le dos des artistes.
Blastm
Le 06 Avril 2009 à 13h16
franchement, il y a une limite au foutage de gueule, que ces gens de la sacem, de la snep & assimilés on franchie depuis bien longtemps..
Après avoir soutenu et fait voté par nos politiques corrompus plusieurs loi idiotes et iniques sur le droit d'auteur (dont la dadvsi et l'hadopi ne sont que les plus médiatiques, vu qu'on en oublie facilement d'autre comme la loi Fourtou..)
Après s'être arrangé pour que la redevance copie privée soi maintenue, bien que devenue inutile car privée d'un vrai domaine d'application, et d'en avoir pris le contrôle via la commission albis;

voila qu'ils vont venir demander une taxe de plus qui n'aura, a n'en pas douter, aucune contrepartie.
le beurre, l'argent du beurre, et le cul des français...
obcd
Le 06 Avril 2009 à 13h39
C'est dommage, j'avais bien aimé les interventions de ce monsieur sur différents forums, je le trouvais pertinent bien que borné dans son obsession de ne rien changer au modèle de répartion.
Son argument était que l'édifice fragile était international, et que changer les règles unilatéralement provoquerais l'effondrement de l'ensemble, d'ou son refus de la licence globale.
Même sans être d'accord avec lui, cet argument soulevais un point important.

Et LA, quelques mois plus tard, re-voilà le même bonhomme qui est à fond pour une licence globale ? Connaissant ses idées, cette licence globale serais à la fois obligatoire, chère, et privée...

Bref, on vois bien ici, au final, que l'HADOPI, loin de "protéger" les artistes quels qu'ils soient, visais surtout à justifier & financer l'infrastructure nécessaire au filtrage et à l'automatisation de la coupure d'accès internet à grande échelle.
Le pire étant que, maintenant que c'est passé en France (même si c'est ni appliqué, ni applicable), plein d'autres pays vont voter des textes similaires avec l'argument-massue: Mais ils l'ont bien fait, en France!

Au risque de passer pour un adepte de la théorie du complot, je me demande ce qu'il y a dans l'ACAC, pour motiver un texte tel que l'HADOPI.

Certe, il faut savoir raison garder, ce n'est pas la chine: Là-bas, les mecs qui disent ce qu'ils pensent sur la toile, le gouvernement les flingues.
Ici, on prépare juste ce qu'il faut pour les faire taire.

Il n'y arriveront pas.
karement
Le 06 Avril 2009 à 13h41
Bonjour,depuis le début ces lois ne protègent que l'interets des éditeurs(revenus)après peut-etre un sursaut,dans leur cerveau sclérosé,ces éditeurs proposent une LG(licence global),mais avec DRM se qui à mon avis n'est que pure utopie.
La SACEM,qui comme toujours pour ne pas se voir partir ces artistes vers un système autre que le leur,dans l'agonie la plus complète ne peut que baisser la tete,sans la queue....
Gourmet
Le 06 Avril 2009 à 13h44
La crainte d'Attali est profondément justifiée. Il va se passer avec les majors ce qu'il se passe depuis 3 ans avec la VOD : accords entre FAI et diffuseurs afin de proposer tel ou tel catalogue. Et si le ou les films convoités ne sont PAS dans les catalogues proposés par le FAI ?
Sauf que ... si on accepte de louer un film pour 24 heures (*) on acceptera bien plus difficilement de louer sa musique (*).

De toute manière, ce que ne sait pas Attali :), c'est qu'Hadopi n'est rien ! Ce n'est que le début du début de la fin voulu par le Pouvoir : neutraliser, tuer dans l'oeuf les constatations, les rebellions pouvant naître sur Internet. Bref, en revenir à un monde sécurisé, maîtrisé, verrouillé pour le plus grand bonheur du business.

db

(*) La musique c'est AVANT TOUT mobile, ça s'emporte. Et même les séries (pas vraiment les films) ça s'emporte désormais : on regarde dans le train, le bus, en voiture, en vacances.
karement
Le 06 Avril 2009 à 14h07
@Gourmet
Je rejoins ton avis +1.
bile666
Le 06 Avril 2009 à 14h48
Cela ne ressemble pas une LG même si cela s'en approche. Encore une fois, ils espèrent tout contrôler mais ça sera un nouvel échec programmé. Vouloir permettre l'échange dans un réseau contrôlé et avec DRM sera inefficace.
barbara
Le 06 Avril 2009 à 15h13
ca rejoint ce que disait Orbor aux questions de univers freebox http://www.universfr...rticle7708.html
Orbor est un des rares artistes qui se soit officiellement opposé au projet de Loi Hadopi, actuellement discuté à l’assemblée nationale. Il fait actuellement le buzz sur internet avec une chanson anti Hadopi que vous pouvez retrouver dans notre rubrique Vidéo.
Univers Freebox a ainsi interview Orbor pour qu’il nous fasse connaitre la position d’un artiste sur le piratage et l’Hadopi
Makhno
Le 06 Avril 2009 à 15h14
'Kad, le 01/01/1970 - 01:00
L'air de rien, Laurent Petitgirard prépare le terrain à ce que Jacques Attali redoutait récemment. Opposé à la loi Création et Internet, l'économiste a conseillé aux artistes de prendre eux-mêmes en main la mise en place d'une licence globale, au risque de voir la Sacem, les FAI et les majors organiser leur propre système, pour se partager la part du lion sur le dos des artistes indépendants.

Est-ce là une simple confusion ou un mensonge patent assumé par Numérama ? Revoir la vidéo ; en aucun cas Attali ne parle de connivence entre la Sacem et les majors mais entre celles-ci et les FAI ! Il cite même la Sacem comme un exemple duquel s'inspirer : « Comme a fait la Sacem dans le temps… » D'autre part la Sacem représente les auteurs et non les majors qui souhaiteraient œuvrer contre les indépendants. Pour elle, que les droits proviennent des indés ou des majors — ce sont eux qui paient, ne l'oublions pas —, n'a aucune espèce d'importance. Aucun intérêt à favoriser les uns aux dépens des autres. Avancer cela c'est n'importe quoi et, venant de la part de quelqu'un qui se targue d'avoir fait des études de droit et d'être spécialisé en matière de propriété intellectuelle cela pose problème. Marre des analyses en forme de théorie du complot. Enfin la Sacem est représentante des artistes mais elle n'est pas seule, il y a d'autres sociétés de répartition, elles sont 22, en voici les principales :

la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) ;
la Société civile des auteurs multimédia (SCAM) ;
la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) ;
la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF) ;
la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) ;
la Société civile pour l'administration des droits des artistes et musiciens interprètes (ADAMI/Adami) ;
la Société de perception et de distribution des droits des artistes interprètes (Spedidam) ;
la Société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques (ADAGP) ;
la Chambre syndicale de l'édition musicale (CSDEM) ;
la Société des Auteurs des arts visuels et de l'Image Fixe (SAIF).

C'est la SCPP représente les majors. Je doute fort que toutes les autres acceptent de ne pas être consultées et qu'on puisse les exclure d'un système de rémunération mutualisé. Toutes ces sociétés sont détentrices de droit d'auteur ou de droits voisins et les ignorer serait illégal.

Sur le fond de l'interview de Laurent Petitgirard on constate une fois de plus que l'obsession des auteurs, portée par la Sacem est de réaliser des répartitions incontestables, d'où l'affirmation que « … les idées de licence globale bafouent le droit exclusif », et la nécessité d'« accès à des fichiers fournis par l’ensemble des producteurs avec des fichiers sains et normés, assurant une parfaite traçabilité des ayant-droits. » C'est l'angoisse de penser que chacun ne soit rémunéré à la mesure incontestable de sa popularité. On est loin de la théorie du complot des méchants contre les gentils qu'on nous sert régulièrement. C'est là que se situe le blocage à faire sauter pour que la Sacem appuie un projet de licence globale. Alors encore un effort pour inventer un système équitable d'estimation car il va sans dire que le « plan » Petitgirard est lui aussi voué à l'échec. Mais peut-être est-ce aussi un ballon d'essai, une manière d'amener les auteurs effarouchés à penser un peu autrement. En tout cas c'est bon signe. Je continue de penser qu'HADOPI est parfaite en ce sens qu'ils ont fait tellement fort que leur réveil n'en sera que plus douloureux : que ça se casse la gueule en beauté et qu'on passe à autre chose. Des dizaines de milliers de créateurs aspirent légitimement à être rémunérés pour les usages d'échanges de leurs œuvres sur internet.
Kad Redal
Le 06 Avril 2009 à 15h46
t'es marrant Makhno... il dit quoi Attali exactement ? Je cite : "C'est très important que les artistes comprennent qu'ils faut que eux prennent en main le système, comme ils l'ont fait dans le temps avec la Sacem, qu'ils fassent leur propre société (de gestion collective)"

Ce qu'il veut bien dire qu'il ne croit pas que la Sacem soit appropriée, mais bien qu'elle a dérivé de son but initial.
karement
Le 06 Avril 2009 à 15h46
@Makhno
"Je continue de penser qu'HADOPI est parfaite en ce sens qu'ils ont fait tellement fort que leur réveil n'en sera que plus douloureux�: que ça se casse la gueule en beauté et qu'on passe à autre chose. Des dizaines de milliers de créateurs aspirent légitimement à être rémunérés pour les usages d'échanges de leurs Å“uvres sur internet."

Je ne m'en réjouis pas car,c'est la première pierre d'un édifice,d'une chambre de la mort pour la création,et tout le reste...
quand il n'y aura plus de concurence,il n'y aura plus de créativité,ou seulement c'elle que les majors et autres voudrons bien nous"donner"car plus de choix?DRMiser évidement pour ne jamais perdre la main,c'est une honte,mais à quoi bon crierhaut et fort la stupidité de cette loi quand ceux qui auraient le choix,un autre choix,celui de dire non....
EDU
Le 06 Avril 2009 à 16h06
et ma main dans la gueule y'a une traçabilité ? :)
moi ca me plait l'hadopi :) j'ai hate de voir qui va la composer cette milice privé des temps moderne faites pour taper sur le mauvais internautes :)

traçabilité ;) je kiff ce nom :) ca va tracer dans les deux sens pour une fois lol
bronto
Le 06 Avril 2009 à 16h26
Ce monsieur est un grand comique... Retrait total, complet et définitif de HADOPI *et* de DADVSI, et ensuite on pourra peut-être commencer à causer d'une license globale qui ne sera certainement pas ce qu'il préconise. En attendant, c'est niet.
isneok
Le 06 Avril 2009 à 16h49
Ce qui me choque au plus haut point avec l'HADOPI c'est la possibilité que l'on puisse être privé de communications (99% de mes échanges avec d'autres personnes se font au travers du net).
Et personne n'a l'air de s'en offusquer.
Pour moi c'est bien là LE point crucial de cette loi, et nul doute que celà fera un très bon pivot pour de futur aménagements.
isneok
Le 06 Avril 2009 à 16h52
Oh et puis il faut arreter avec la licence globale c'est tout simplement inapplicable car il serait impossible de partager le gateau.
Faut grandir un peu hein.
Clorokine
Le 06 Avril 2009 à 17h01
Oh et puis il faut arreter avec la licence globale c'est tout simplement inapplicable car il serait impossible de partager le gateau.
Faut grandir un peu hein.


ben comment se partagent ils la taxe sur les supports cd/dvd/memoire/baladeur/tankmedia.....
Il y a bien quelqu'un qui récupère les sous non comment il fait pour rétribuer les ayant-droits ?
isneok
Le 06 Avril 2009 à 17h12
Ils partagent mal cette taxe n'est ce pas?
Alors imaginez si c'était étendu à TOUS les revenus!

Pour rendre la LG possible il faudrait ni plus ni moins pouvoir enregistrer ce que chaque personne écoute (sinon il y aurait des tricheries, des ayant droits faisant tourner des milliers d'ordinateurs par exemple).
C'est impossible. La LG ne peut pas être mise en place. Pas maintenant, pas dans dix ans, et probablement jamais.
Point final.

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