Hadopi : NKM se méfie de la susceptibilité du cabinet d'Albanel

Guillaume Champeau - publié le Mardi 24 Mars 2009 à 10h45 - posté dans Société 2.0

La semaine dernière, nous rapportions une interview accordée au Figaro par la secrétaire d'Etat à l'économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet. Nous estimions que la timidité de ses réponses montrait son incapacité politique à prendre fermement la défense de point de vue, sans être immédiatement suspectée par l'un ou l'autre camp d'agir (en relief ou en creu) par conflit d'intérêts avec son frère, qui dirige les deux plus gros lobbys d'éditeurs de services en ligne en France. Preuve de cette méfiance et surtout de l'inconfort politique dans lequel se trouve NKM, l'interview publiée par le Figaro avait été largement tronquée, modifiée selon Electron Libre par la secrétaire d'Etat et ses services lors d'un aller-retour entre la rédaction du quotidien et le cabinet de la secrétaire d'Etat. Le tout pour éviter un clash au gouvernement.

Dans sa version originale non éditée, publiée par notre confrère, Nathalie Kosciusko-Morizet était beaucoup moins disciplinée dans la solidarité gouvernementale et l'obédience à la riposte graduée qu'impose Nicolas Sarkozy. Elle se montre d'abord très agacée par la méthode d'élaboration du projet de loi qui laisse sur la touche le secrétariat à l'économie numérique, pour une loi qui s'adresse spécifiquement au numérique. "Cette loi a été préparée avant que j'arrive à ce poste. Mon ministère n'a à aucun moment été associé à sa conception. Depuis, on m'a dit de manière constante qu'elle relevait exclusivement du ministère de la Culture, qui peut avoir une très grande susceptibilité quant à son champ d'action", regrette ainsi NKM. "Il faut comprendre que les arbitrages de la loi ont lieu dans des réunions auxquelles je ne suis pas invitée. Ce qui ne veut pas dire que je me désintéresse du débat. Je passe beaucoup de temps à faire de la veille sur Internet".

Pour Nathalie Kosciuko-Morizet, "la discussion à l'Assemblée ne se fait pas dans de bonnes conditions", et "le monde de la création y a sa part de responsabilité, comme les politiques (...) On a laissé le mal s'installer, prospérer et le débat survient trop tard par rapport à une pratique déjà installée".

La secrétaire d'Etat estime que "pour l'essentiel, c'est la partie pédagogique de la loi qui s'appliquera", et non la sanction ultime. "Il y aura évidemment des gens assez forts pour masquer leur adresse IP et échapper aux contrôles. Moi-même je sais comment faire !", assure-t-elle. Elle ne note pas cependant que le problème n'est pas tant de pouvoir masquer son adresse IP que d'emprunter celle du voisin, ou d'un parfait inconnu qui sera accusé à la place du véritable fautif.

"Ma responsabilité c'est de préparer les suites de cette loi, qui ne résout pas la question du modèle économique de la création sur Internet. Je suis déjà dans l'après-Hadopi. Dès le début du mois d'avril, nous allons réunir tous les acteurs de l'après, tous ceux qui financent la musique sur le web, pour les faire réfléchir à de nouveaux modèles. La France a un rôle à jouer au niveau mondial sur ce sujet", conclut-elle. Comme pour dire en substance : Christine, ton projet de loi que tu fais toute seule dans ton coin ne sert à rien et ne changera rien à la rémunération de la création.

Publié par Guillaume Champeau, le 24 Mars 2009 à 10h45
 
 
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Commentaires à propos de «Hadopi : NKM se méfie de la susceptibilité du cabinet d'Albanel»
 

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"aaaaaah good cop, bad cop routine ?"
@Goldorak
Je sais pas ce que tu appelle P3P mais le P3P c'est ça:
http://fr.wikipedia.org/wiki/P3P

Et ça n'a pas de rapport...
@snakegun : yep ET c'est aussi le p2p nouvelle génération du type d'imule (et non emule), ou l'anonymat est complet.
@single_dot
Mais non suis-je bête : 4 Go, c'est juste pour des photos de famille!! Prends moi pour un con!
Même si je suis d'accord avec ton analyse dans l'ensemble il ne faut pas croire que les grandes capacités de stockages servent uniquement pour pirater, perso les 4Go de ma carte mémoire sur mon appareil photo je les remplis à chaque sortie.. Donc oui perso j'ai de grand besoin en volumes..
elle dit (sans rire) : "Je passe beaucoup de temps à faire de la veille sur Internet"

en clair : je lis figaro.fr et ump.biz
@estann
L'un n'exclut pas l'autre évidemment, mais étant donné les volumes de stockage circulant actuellement sur le marché, je doute que la finalité soit du seul domaine du personnel ou du professionnel.
Et je doute encore plus que les grands groupes à l'initiative de ce type de produit ait un regard angélique sur l'usage qui est fait de leurs supports.
Ensuite j'analyse aussi en fonction de ce que je constate autour de moi et jusqu'ici, les gros disques d'un demi_tera, je les vois plutôt remplis à craquer de Divx et de discographies complètes en mp3.
Pour avoir des discographiques complètes en mp3, même avec un haut bit rate, pas besoin d'un demi terra, non?

Ceci dit, que fais-tu de ceux qui enregistrent légalement leurs séries et films sur la télévision numérique?
Ca en fait des gigas, et c'est légal, non?
Comme je l'ai dit au début de mon commentaire précédent : l'un n'exclue pas l'autre.
Je me fie à ce que je constate de visu et j'avoue que, oui, c'est bien faible pour généraliser. D'un autre côté, si on doit se référer aux affirmations douteuses de la commission d'Albis et les chiffres tirés du sondage TNS-sofres en 2008 commandité par cette même commission à cette occasion, on reste dans le flou dans la mesure où on ne peut ici que se baser sur la bonne foi des sondés quand à l'usage qu'ils font de leurs supports (d'autant plus que cette étude semble incomplète puisqu'elle ne tiendrait pas compte de l'utilisation dse disques durs internes).

Alors honnêtement si toi tu as des liens vers des chiffres fiables je suis preneur.

La question selon moi n'est pas de savoir exactement quelle est la proportion d'usage légal ou pas par tête de pipe (ça semble même utopique) mais plutot de se dire qu'à partir du moment où on a fourni les outils et les supports pour de la dupplication de données, le doigt était déjà mis dans l'engrenage.
Ce qui me frappe dans tout ça, c'est l'aspect contradictoire d'un modèle de consommation où on fournit les outils de stockage et l'accessibilité pour les remplir à sa guise, et qui d'un autre côté, cherche à sanctionner un aspect basique de la personnalité humaine qui consiste à se ramasser quand on voit un billet trainer dans la rue.
Par ailleurs, la notion de legalité en se référant à l'enregistrement à partir de la télé me semble ambigue. En gros si tu récupère le film par le biais de ta télé, c'est légal. Si tu télécharge ce même film sur un p2p, c'est du piratage. Par contre si le film que tu télécharges sur p2p est une copie de l'enregistrement réalisé à partir de la télé, c'est quoi exactement?
Est ce que ça voudrait dire qu'à partir du moment où tu décides de le partager sur un p2p tu deviens un pirate mais que par contre, si tu le duppliques pour un(e)ami(e), ou un membre de ta famille, ça reste légal (usage privé) même si cette personne le partage elle-même par la suite (à mois qu'elle te signe une déposition).
En gros, là aussi, c'est pas très légal parce que ça représente un manque à gagner pour le diffuseur et l'éditeur, non?

Je trouve ça paradoxal, et c'est ce même paradoxe (la nature humaine étant ce qu'elle est) qui a conduit l'imprimerie, puis bien plus tard la photocopie, à être des sujets de débats (voir d'affrontements) très vifs sur des questions pas si éloignées que celle qui touchent aujourd'hui le partage de fichiers.
^^ erratum : le billet : le ramasser (et pas se ramasser)
Oui la question du film enregistré à la télé me laisse dubitatif : tu peux le montrer à tes enfants ? à tes parents ? et tes amis, ils font partie de ta famille ? il faut qu'ils viennent chez toi le voir ou tu peux l'emmener chez eux ?
à‡a devient absurde ...
Ben voilà : comme Hadopi ne résout pas le problème de la rémunération des majors, on aura AUSSI la licence globale. On peut également prévoir des compensations d'Etat avec nos impôts pour un manque à gagner toujours facile à inventer. Moi, je pense qu'il faut être cohérent et instaurer une taxe sur les achats en ligne au profit des livreurs de menhirs!

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