Christian Paul (PS) : La " chasse aux pirates ", une fable archaïque
Guillaume Champeau -
publié le Lundi 02 Mars 2009 à 09h56 -
posté dans Société 2.0
![]() Alors que le débat sur la loi Création et Internet doit s'ouvrir ce mercredi 4 mars à l'Assemblée Nationale, le député de la Nièvre Christian Paul publie sur Numerama une tribune pour expliquer les raisons fondamentales pour lesquelles le Parti Socialiste proposera l'ouverture du chantier d'une "contribution créative" plutôt que la lutte contre les pirates : Culture numérique ouverte ou archaïque chasse aux " pirates " ? Le monde d'après s'invente aujourd'hui. Depuis plus d'une décennie, ceux qui gouvernent la culture font preuve d'une redoutable cécité. La plupart des immenses débats sur l'accès du plus grand nombre aux créations artistiques, qui remuèrent le ciel d'Avignon de Malraux à Jack Lang, sont aujourd'hui taris, et les nouveaux défis se réduisent à d'interminables controverses pour ou contre le téléchargement. Avec les autres continents, avec l'Europe qui enfin en débat, la France doit inventer les nouveaux droits d'auteur de l'âge numérique, mais aussi les libertés d'accès et de partage. Il n'en est pas dit un mot dans la loi qui s'avance vers l'Assemblée nationale et qui divise tous les partis. Pourtant, l'urgence est là.
De nouvelles pratiques de consommation, de production et de diffusion des oeuvres émergent. Leur apparition est provoquée moins par l'accroissement vertigineux des débits que par l'assimilation progressive dans notre société des principes fondateurs de l'internet et des possibilités qu'ils ouvrent. Tous les appareils interconnectés par le "réseau des réseaux" y sont en effet fondamentalement égaux. Ils peuvent être diffuseurs autant que lecteurs de tous types d'informations et de contenus. La copie, à coût nul, le partage et l'échange non lucratifs ont pris place dans la vie quotidienne. Nous avons la fabuleuse chance d'être les témoins et, pour beaucoup d'entre nous, les acteurs de plus en plus nombreux d'une grande mutation dans notre rapport à l'information et à la culture. Nos petits-enfants trouveront probablement saugrenu que nous ayons eu à nous déplacer en magasin pour acheter un CD ou un DVD, afin d'écouter une chanson ou de visionner un film. Cela rappellera un temps où nous étions très passifs dans notre rapport à la culture, et paraîtra tellement inconfortable. Et le paiement associé à cet acte semblera un lointain souvenir. Les années récentes ont vu l'émergence et la cohabitation des nouveaux modèles. Les contenus musicaux sont aujourd'hui, " légalement " ou non, pour la plupart disponibles en ligne. Sous une forme peu attrayante, en des copies de qualité aléatoire disponibles sur les réseaux "P2P", ou via des offres innovantes, le plus souvent acquittées au forfait, qui séduisent peu à peu les consommateurs. La publicité, bien qu'évacuée de la télévision publique, a droit de cité sur les sites musicaux. De nouveaux éditeurs tentent de valoriser les oeuvres et de créer des services autour de l'oeuvre elle-même. Les sites de "streaming" permettant d'écouter la musique du monde entier, de regarder les films en flux, sans avoir à les télécharger préalablement sur son disque dur, apparaissent. Le téléphone mobile, le smartphone, l'ultra-portable sont des terminaux connectés en permanence à des sites de contenus illimités. " Pirater " et stocker des fichiers ne sont même plus nécessaire... Dans une telle situation, imaginer rétablir l'ordre ancien de la rareté des copies par une loi répressive, c'est puiser l'eau avec un filet à papillon.
Les artistes ont raison de taper du poing sur la table, car le monde ancien s'effondre. Faut-il pour autant que de mauvaises réponses leur soient servies comme autant de somnifères ? Qu'un nouveau moyen de communication bouleverse les équilibres et génère de nouvelles peurs n'a pourtant rien de neuf, et pour ne citer que deux exemples, les chaînes cryptées sur abonnement - Canal + - et la cassette vidéo devaient être les fossoyeurs du cinéma. Il n'en a heureusement rien été. En premier lieu, de nouvelles pratiques rémunératrices ont séduit les consommateurs en leur apportant plus de facilité. La location et la vente, hier de cassettes vidéo, aujourd'hui de DVD, ont rapidement généré une part significative des revenus des professionnels du cinéma. Sans offre attrayante pour le consommateur, qui reste dans l'écrasante majorité des cas également un citoyen, rien n'est possible. Ensuite, les gouvernements de l'époque ont su prendre leurs responsabilités et contribué de manière décisive à la définition de nouvelles conditions de production et de nouvelles rémunérations plus adaptées. Nous vivons un moment semblable...mais la politique court derrière la société.
" Le temps est venu d'écrire les nouveaux droits d'auteur de l'âge numérique " Mais le plus grave au fond, reste que tant d'intelligence collective ait été consommée en illusion sécuritaire, alors que les choix majeurs de politique culturelle sont laissés en jachère. Le temps est venu d'écrire les nouveaux droits d'auteur de l'âge numérique. Par un grand débat international, et non par un faux consensus forcé, fût-il dicté à l'Elysée. Nul ne conteste la nécessité de règles. Mais tout indique qu'elles doivent régir en priorité les rapports économiques laissés en l'état de jungle entre auteurs, artistes -dont les interprètes-, producteurs, éditeurs, géants du commerce informationnel et des réseaux de communication. Là plus que dans le " piratage " se trouve le triangle des Bermudes qui engloutit les droits des créateurs, le respect dû aux oeuvres de l'esprit et leurs rémunérations. Les créateurs et les artistes sont mal rémunérés dans les partages qui s'instaurent. Sur iTunes, près de 80% vont au producteur ! La valorisation via l'offre commerciale ne décolle pas. En effet, les éditeurs peinent à accéder aux catalogues à des prix décents, et le coût des bandes passantes facturé par les opérateurs de télécoms restent prohibitifs. Ainsi, pendant que l'on traque l'internaute qui partage des fichiers musicaux à des fins non lucratives, un monde mal régulé, celui des échanges culturels marchands, refuse de rechercher un nouvel équilibre des droits. Les faibles cèdent devant les puissants. Défenseurs du droit d'auteur, nous devons le rester, avec intransigeance, à condition de ne pas nous tromper de bataille. L'univers numérique oblige à réécrire le droit exclusif et même le droit moral, pas à les supprimer, dés lors que l'on agit dans la relation commerciale. Mais la nouvelle exception culturelle française ne passe pas par une dérisoire riposte graduée, loi d'affichage, qui ne règle rien, ne rémunère personne et qui rejoindra, dans le cimetière des textes aveugles, la loi DADVSI de 2006 jamais appliquée. Ouvrons plutôt dès aujourd'hui le chantier d'une contribution créative, dont les revenus manquent cruellement aux acteurs du monde de la culture, artistes qui ont choisi l'autonomie, producteurs indépendants et éditeurs innovants, pour réussir cette migration. L'abonnement à l'internet doit, pour quelques euros par mois, contribuer au financement de la création. Ce n'est pas une réparation, mais un juste équilibre, prometteur du nouvel âge de la culture que nos générations doivent conquérir. Christian PAUL, député de la Nièvre
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Commentaires à propos de «Christian Paul (PS) : La " chasse aux pirates ", une fable archaïque»
arf, il est temps de se reveiller...
ou trop tard, c'est probablement pour ca qu'ils le font.... sans risques d'enrayer une belle mécanique ou finalement ils sont tous d'accord.... On verra bien le resultat, pour juger.... @Tybalt : oui mais si les 15/16 ans ne connaissent qu'un internet bridé, filtré, au contraire des "dinosaures", ça ne changera rien....
Si l'ont veut vraiment se débarrasser de cette loi inique, il faut se prendre en main et réagir !
La Quadrature du Net a, comme vous le savez probablement, lancé un appel au BlackOut du web. C'est surtout une mesure de sensibilisation de la population, plus nous serons nombreux à réagir, plus nous aurons de poids et plus les députés réfléchiront lors de leur vote. Plus d'information ici : http://www.laquadrature.net.HADOPI '6Toillin_lambDa', le 01/01/1970 - 01:00 Si l'ont veut vraiment se débarrasser de cette loi inique, il faut se prendre en main et réagir ! La Quadrature du Net a, comme vous le savez probablement, lancé un appel au BlackOut du web. C'est surtout une mesure de sensibilisation de la population, plus nous serons nombreux à réagir, plus nous aurons de poids et plus les députés réfléchiront lors de leur vote. Plus d'information ici : http://www.laquadrature.net.HADOPI A mon avis ils seront plutôt content d'apprendre que des sites comme Numérama se musellent tout seuls ... Si l'on veut vraiment empêcher cette loi de passer, il faut se prendre en main.
La Quadrature du Net a lancé un appel au blackout afin de sensibiliser le plus grand nombre de personnes, il faut relayer cet appel à vos proches et sur les sites généralistes, cela permettra d'avoir un poids plus grand sur les députés. Ensuite, il faut également appeler les députés pour leur dire ce que l'on pense de cette loi inique ! Pour plus d'information, tout est disponible sur le site : http://www.laquadrature.net/HADOPI Arf j'avais pas vu que le message précédent était passé. De plus le lien n'était pas bon.
Sinon pour Natasha, le blackout n'interdit pas de laisser un lien pour aller voir le site en lui-même. On peut très bien mettre une page d'accueil expliquant les raisons du blackout avec un lien vers le site de La Quadrature du Net, et laisser également un lien pour accéder au site. Ce n'est pas se tirer une balle dans le pied. Tiens, un député qui télécharge. Comme quoi, tout est possible. Non sérieux cé beau, cé bien dit avec tout plein de joli mots. C'est a pleurer presque tellement c bo mais franchement qu'on me dise pourquoi le ps n'a pas dit ce genre de choses au sénat, à l'assemblée nationale ou encore en faire échos ailleurs que sur un médias comme numérama ? Ya encore beaucoup de boulot avant que je revote un jour rose, le parti de DSK (l'arnaque faite homme, une diarée sur patte), jack lang (qui est parti lécher le culs a castro pour arrondir ses maigres fin de mois)... On pourrais ecrire un roman sur ces guignols (les royale et autres poufiasses à 35 heures précaires). Bref de la belle parlotte bien ciblée par un povre député de campagne sans le sou.
@fabrutus: ta diarrhée, tu la gardes pour toi la prochaine fois stp? Merci.
Mon député, je le prends comme un mercenaire. Je le paie avec ma voix, en échange il me défend. C'est mon représentant. Le député, d'où qu'il soit, quel que soit son bord, qui s'intéresse à ton problème, à tes attentes, et qui prend le pari politique de défendre tes idées, faut vraiment être le dernier des cons pour lui cracher dessus. Mais alors, vraiment. A bon entendeur... La démarche est agréable, l'idée est enchanteresse mais ... tant que la majorité des internautes ne prend pas conscience de ce qu'il se passe, rien ne changera.
Je ne parlerais pas de la muette information puisqu'aucuns canards (sauf Nouvel Obs) et radio n'ont relayé l'information et sa dangerosité (la télé? c'est pas des infos, c'est un show). Cela dit, un proverbe dit qu'il suffit d'une personne, d'une voix pour faire pencher la balance. A vous de ralier vos collègues du PS et je vous promet que vous rallierez, à coup sur, des internautes avec vous (si ce qui est dit est correct et pas une arnaque comme miss Albanel et sa démonstration douteuse) Il me fait rire, ce socialiste! Ca sent la récupération à plein nez, mais bon bref, passons.
Encore un politique qui veut brader les droits d'auteurs pour quelques kopecs, sous pretexte que la technologie évolue! C'est bien démago de vouloir refiler gratos le travail des autres, (je veux dire notre travail à nous, les artistes)tout ça pour gagner des voix. Pourquoi il refile pas d'abord sa voiture de fonction pour commencer? Qu'il me la file, je voterais pour lui! (non, je blague, préférerais quand même aller à pied!) MOI mes petits amis, j'ai la solution finale ! Autant pour toi, interspacionaute téléchargeur de plein de machins trucs bidules supertechnologiques et qui te prends pour l'homme du futur avec ton petit écran tout plat et tes chaussettes qui sentent un peu, autant que pour toi, homme politique qui croit devoir se meler de tout, et surtout qui te croit permis de t'aproprier le travail des créateurs pour le monayer en voix biens juteuses avec ton racolage obscéne: La regle je l'écris maintenant, et le débat sera clos: LES ARTISTES CHOISIRONS ET ILS DECIDERONS QUOI FAIRE DE LEURS OEUVRES. Les donner, les vendre, les garder, les preter, les oublier, en faire des choupettes ou des suppos, en fin de compte, l'artiste aura toujours le dernier mot. « Le temps est venu d’écrire les nouveaux droits d’auteur de l’âge numérique »???????????? Pour un socialiste, on devient "artiste" dés qu'on sait taper dans un bidon, ça fait vraiment peur quand on entend qu'ils s'interessent au sujet. C'est comme si mon boucher voulait m'operer des admygdales! Heureusement, dans quinze jours ils auront tout oublié! 'Bazzzoukk', le 01/01/1970 - 01:00 LES ARTISTES CHOISIRONS ET ILS DECIDERONS QUOI FAIRE DE LEURS OEUVRES. Les donner, les vendre, les garder, les preter, les oublier, en faire des choupettes ou des suppos, en fin de compte, l'artiste aura toujours le dernier mot. 'Bazzzoukk', le 01/01/1970 - 01:00 Il me fait rire, ce socialiste! Ca sent la récupération à plein nez, mais bon bref, passons. Encore un politique qui veut brader les droits d'auteurs pour quelques kopecs, sous pretexte que la technologie évolue! C'est bien démago de vouloir refiler gratos le travail des autres, (je veux dire notre travail à nous, les artistes)tout ça pour gagner des voix. Pourquoi il refile pas d'abord sa voiture de fonction pour commencer? Qu'il me la file, je voterais pour lui! (non, je blague, préférerais quand même aller à pied!) MOI mes petits amis, j'ai la solution finale ! Autant pour toi, interspacionaute téléchargeur de plein de machins trucs bidules supertechnologiques et qui te prends pour l'homme du futur avec ton petit écran tout plat et tes chaussettes qui sentent un peu, autant que pour toi, homme politique qui croit devoir se meler de tout, et surtout qui te croit permis de t'aproprier le travail des créateurs pour le monayer en voix biens juteuses avec ton racolage obscéne: La regle je l'écris maintenant, et le débat sera clos: LES ARTISTES CHOISIRONS ET ILS DECIDERONS QUOI FAIRE DE LEURS OEUVRES. Les donner, les vendre, les garder, les preter, les oublier, en faire des choupettes ou des suppos, en fin de compte, l'artiste aura toujours le dernier mot. « Le temps est venu d’écrire les nouveaux droits d’auteur de l’âge numérique »???????????? Pour un socialiste, on devient "artiste" dés qu'on sait taper dans un bidon, ça fait vraiment peur quand on entend qu'ils s'interessent au sujet. C'est comme si mon boucher voulait m'operer des admygdales! Heureusement, dans quinze jours ils auront tout oublié! T'es parolier toi, non ? T'écris comme tu causes, c'est la mode aujourd'hui. Mais delà à te prétendre artiste, je pense que tu es carrément mégalo. @Bazzzoukk
Tu peux choisir tout ce que tu veux, c'est ton droit le plus vital. Mais dis toi bien qu'il est hors de question que Jean-Jacques Michel de la Drôme soit obligé d'envoyer son disque dur au tribunal pour prouver qu'il n'a pas de version pirate de ton album. Ou alors, tu payes les frais de port. Il est hors de question que je sois contraint de couper un serveur d'un de mes clients, tiens, au hasard, de BNP Paribas ou de Sony sous prétexte que son IP ait été relevée dans un tracker et que par définition il ne peut pas présenter patte blanche par le biais d'une liste inique (et rétrograde) de solutions de protection informatique. Ou alors, tu payes la migration sous windows. Je peux continuer, ou ton portefeuille est à sec? La protection contre la copie est physiquement infaisable. Tout comme il est infaisable de garantir la sécurité de chaque citoyen. Il existe des lois sur la répression des fraudes, des principes législatifs très bons comme la présomption d'innocence, l'indépendance de la justice. Tu vas pas fiche tout ça en l'air pour un pauvre petit demi-million de films téléchargés par jour, ce qui correspond à un film par mois et par téléspectateur, soit... une soirée télé par mois où on choisit le film en dehors des grilles de programmation. Non, décidemment ce projet de loi n'est pas sérieux. Ceux qui soutiennent ce projet de loi Hadopi, réclamé par les sociétes de l'industrie musicale, arrêtez de vous prendre le chou avec les effets présumés positifs de cette future loi Hadopi, pour lutter contre la piraterie sur l'Internet, parce qu'elle sera obsolète avant même qu'elle ne soit mise en place :
OneSwarm : du P2P au F2F pour une vie privée renforcée Alors, la prochaine étape pour l'industrie musicale, ce sera quoi, supprimer les connexions internet chez tous les citoyens de France, à l'exception de ceux qui seront abonnés chez Numericable et qui auront accepté l'installation d'un filtre qui ne donnerait accès qu'à des sites inscrits sur une liste blanche ? Vous avez le droit d'en rêver ... Bah en voilà un qui à tout compris! La chasse aux pirates c'est comme la chasse aux dealers de drogues, aux putes et au dahut!
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cela parait tellement évident que la licence globale est la seule solution légale et applicable qui à la fois rémunère les artistes et s'adapte aux nouveaux usages numériques sans s'attaquer aux libertés citoyennes.