C'est sous les sifflets et les banderoles déployées par les syndicats de son ministère que Christine Albanel a présenté lundi matin ses voeux au personnel du ministère de la Culture.

Si elle est épargnée pour le moment par les rumeurs de remaniement, Christine Albanel n’est pas pour autant populaire au sein de son ministère de la Culture. Alors qu’elle devait présenter lundi ses voeux et son bilan d’étape aux agents du ministère à l’Opéra Garnier, Christine Albanel a été accueillie sous les sifflets et les huées d’organisations représentantes du personnel.

Selon le Nouvel Observateur qui cite un témoin, 2.500 personnes étaient réunies pour assister au discours que Christine Albanel a tenu à terminer « dans la confusion la plus totale« . Ensemble, les syndicats CGT-Culture et SUD-Culture ont déployé des banderolles et manifesté aux cris de « Non à la RGPP » (Révision générale des politiques publiques) et « La culture en danger« , reprochant à la ministre une atteinte à la culture et aux moyens financiers du ministère.

Ils avaient prévu de lire un contre-discours (.pdf) au nom des personnels de la rue de Valois, pour dénoncer « les aberrations et les lourds dangers de votre politique, les contre-vérités, les restrictions et les régressions
dont ils ressentent déjà pleinement les effets
« . « Depuis plus d’un an, ils demeurent puissamment mobilisés pour défendre d’autres orientations fondées sur les besoins de la société et de nos concitoyens et non sur la casse sectaire de l’Etat, de ses missions, des structures et des compétences qui les portent« , peut-on lire dans le contre-discours.

« Oui, il nous faut relever les défis d’un monde qui a bien changé, aux possibilités inouïes et démultipliées mais
que l’aggravation des inégalités sociales, et bien plus gravement encore culturelles, bride
« , écrivent les syndicats dans une formulation qui pourrait faire écho au projet de loi Création et Internet, qui prévoit de pénaliser l’accès à la culture en ligne des foyers les plus modestes qui n’ont pas accès aux offres légales payantes.

« Ces failles sociales dans la culture bloquent les perspectives de transformation émancipatrice et entravent non seulement les efforts de diffusion des œuvres et biens culturels, mais assèchent le renouvellement des écritures et des formes« , estiment les organisations, qui ne font cependant aucune allusion aux politiques publiques en matière de piratage.

Les organisations syndicales ont en particulier critiqué le projet de loi audiovisuel qui « fait la part belle aux amis du Président et à leurs chaînes commerciales« , la nouvelle convention UNEDIC sur le régime des intermittents du spectacle, des « coupes claires » dans le budget du ministère de la Culture, et le désengagement politique et budgétaire de l’Etat à l’égard des structurelles culturelles de proximité.

Ce sera peut-être aux agents du ministère de la Justice de manifester explicitement contre le projet de loi Création et Internet. Il prévoit, via l’Hadopi, de remplacer le juge et ses protections par une autorité administrative expéditive. Moins spectaculaire que la disparition du juge d’instruction, mais tout aussi symbolique d’une certaine idée de la justice.

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