Un statut pour les éditeurs de presse en ligne sans les bloggeurs
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 08 Janvier 2009 à 15h45 -
posté dans Société 2.0
![]() Les médias traditionnels et le gouvernement ont un agenda commun : limiter l'influence et les parts de marché des bloggeurs et des journalistes amateurs. Les Etats généraux de la presse proposent donc au gouvernement de créer un statut d'éditeur de presse en ligne dont les avantages de toute nature ne profiteraient qu'aux entreprises composées de journalistes professionnels. La ministre de la Culture et de la communication Christine Albanel a reçu jeudi le Livre Vert des Etats généraux de la presse réunissant les recommandations de quatre groupes de travail : métiers du journalisme, processus industriel, presse et internet, et presse et société. Concernant internet, le groupe de travail préconise la création d'un statut d'éditeur de presse en ligne qui offrirait des avantages fiscaux, juridiques et financiers aux seules rédactions composées de journalistes professionnels, excluant notamment les blogs. Si les recommandations sont suivies par le gouvernement et le Parlement, le statut d'éditeur de presse en ligne serait accordé selon trois critères cumulatifs :
S'il est souhaitable pour moderniser le statut juridique de la presse, les critères définis par les Etats généraux excluent tout un pan de nouveaux médias qui ne pourraient pas en bénéficier, et se retrouveraient de fait dans un rapport de force déséquilibré. D'autant que le groupe de travail propose que "l'aide au développement des services en ligne soit affectée de manière prioritaire, mais non exclusive, aux éditeurs de presse en ligne d'information politique et générale", ce qui favorise là encore les grands journaux nationaux. Cette exclusion des bloggeurs ou des journalistes amateurs n'est pas qu'un effet involontaire d'un critère trop restrictif. C'est une véritable volontée affichée par les Etats généraux. Ainsi peut-on lire dans le Livre Vert que "si tout le monde était " journaliste ", personne ne le serait plus. Et, du coup, qui croire ?". Comme si le fait d'être journaliste professionnel était gage de vertu et de vérité absolue. "Si l'on pouvait faire des journaux sans journalistes, qu'y publierait-on ? La même chose qu'à côté, la répétition perpétuelle du pareil au même, sans hiérarchisation différenciée, sans talents particuliers, sans tonalités. Force est de constater que le populisme du " tous journalistes " rejoint sur un point au moins le fantasme des journaux sans rédactions : c'est la fin de la médiation entre les faits et les lecteurs". La modestie n'est pas une vertu de journaliste. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Un statut pour les éditeurs de presse en ligne sans les bloggeurs»
'AxS/Natsume', le 01/01/1970 - 01:00 Et voilà, encore le fantasme du contrôle et de la labellisation du web... cette fois au service de la presse traditionnelle qui voit d'un mauvais œil ce nouvel arrivant qui lui fait tant concurrence : le web. Alors certes, certains journalistes professionnels font vraiment du bon travail, et les éditions web de journaux professionnels auront toujours une bien meilleure qualité que la plupart des blogueurs. Mais on ne doit pas pour autant empêcher les autres d'exprimer leurs idées, ni les limiter en les montrant du doigt : "BOUH, tu n'as pas le label presse gold !!! T'es qu'un fake !! Hé, les gens, faut pas le lire, il a pas le label !!" Laissez les visiteurs faire leur choix et juger par eux mêmes !! Pour rappel, les fondamentaux quand on lit et analyse un texte (et c'est enseigné à nos gamins dès la 4ème), c'est de savoir qui est l'auteur, à quelle époque il l'a écrit (pour le contexte), et ce que l'auteur fait de sa vie. J't'avoue que je suis souvent effaré de voir des copier collés sur les forums (n'est - ce pas Agathon666) présentés comme vérité ultime, alors qu'on ne prend pas en compte un éventuel parti pris de l'auteur. J'appelle ça de la malhonnêté intellectuelle ('fin concernant Agathon666, c'est surtout signe de maladie mentale). pour Enter,
En quoi ça peut gêner les bloggeurs qu'il y ait un statut pour les journalistes professionnels sur le Web ?
Concrètement, un bloggeur qui se lance sur son propre nom de domaine ne bénéficierait pas du statut pour assurer sa viabilité financière, alors que Le Figaro, Le Monde, 20 Minutes ou Libération qui proposent une plateforme de blogs sur leur site pourraient bénéficier des avantages offerts par le statut en plus des contenus qu'ils hébergent le plus souvent à titre gracieux : TVA réduite à 2,1 %, accès aux fonds d'aides à la presse (plus d'un milliard d'euros distribués distribués en 2007 sous formes d'aides directes ou indirectes), allègement de charges fiscales et sociales, régime de responsabilité pénale spécifique.
POur Nioubi, Pour ma part, il ne s'agit pas de permettre a un tel de s'exprimer et pas à un autre, mais simplement de savoir à qui j'ai affaire.
Pour rappel, les fondamentaux quand on lit et analyse un texte (et c'est enseigné à nos gamins dès la 4ème), c'est de savoir qui est l'auteur, à quelle époque il l'a écrit (pour le contexte), et ce que l'auteur fait de sa vie. Ilo n'y a pas pire aveugle que celui qui ne lit qu'un seul journal chaque jour. Bcp de blogueur ne cherchent pas à être journaliste. Ils cherchent simplement à donner leur vision d'une information. Le service de presse de l'armée israélienne est bien composé de journalistes, l'information qu'ils donnent est pourtant partiale et partielle. Cela est vrai que tu ais à faire à un journaliste professionnel ou à un blogueur. La réalité est plus dans la confrontation de différents points de vue sur un sujet que dans le suivisme d'une idéologie. L'information impartiale est un mythe qui à ce jour n'a jamais été atteint. S'informer c'est confronter des source différentes et des points de vus différents pour essayer de débrouiller les partialités de chacun. Si on réinvente le statut du journaliste, alors inventons un statut pour les bloggeurs ou "journalistes du net" de qualité, qui ne se contentent pas de relater des faits mais commentent aussi l'actualité.
Et quid du partie pris ? m'en fout, tant que sais à qui j'ai affaire, je suis un grand garçon et je sais faire la part des choses, je sais aussi aller voir la même info chez la concurrence, histoire d'avoir plusieurs courants... " Comme si le fait d'être journaliste professionnel était gage de vertu et de vérité absolue."
Excellente phrase ! Ils minimisent l'importance des blogueurs ... Yen a marre de l'actu toujours identique ect... ca fait du bien que des "pas pro" raconte des choses aussi ! LOL
Les mecs se disent journalistes alors qu'ils ne font que transcrire les depeches AFP ou reuters sans rien verifier... Et s'ils enquetent et que ca pue pour leur actionnaire, au pire la porte au mieux le baillon... Je ne savais pas que les journalistes avaient un serment "in nomine veritas" qui les oblige à dire la vérité ! N'importe quoi ! Quand on regarde les infos TV ou on lit les journaux, on a toujours l'impression que ce sont plus des billets d'humeur basés sur une dépêche ou une conversation de bas étages ("il fait froid aujourd'hui") ! Bien souvent le journaliste est totalement incompétent, généralise ou raccourci l'info, rendant l'info complètement fausse ou totalement alambiquée ! Bref, journaliste ou décorateur même combat (ils cachent la misère). Et en quoi ils peuvent bénéficier de réduction d'impôts sur le revenu sous prétexte qu'ils ont leur carte de journaleux du dimanche?! Elle est belle la France avec son tryptique (liberte, egalité, fraternite)devenu un slogan pour ignares ! @myki +1 : On est jamais assez libre ! @Killua : L'abus d'expression existe partout, il suffit d'etre responsable ! Mais je ne vois pas en quoi un label empêchera des rumeurs d'apparaitre ! Ce projet est l'arbre qui cache la foret : nous savons tous comment ça va finir (HADOPI+filtre obligatoire+label net journaleux=controle total du net)... Dire qu'on sait pas n'est pas suffisant... nous savons tous ce que l'aut' lefebvre a dans le crane : " Imaginez si nous reprenons le contrôle sur le net, nous pourrons revenir au business-model du minitel, par ici la tune sans concurrence ! " Ce qu'il y a de bien c'est que dès qu'un site aura le statut officiel il deviendra suspect de collusion avec le pouvoir.Les internautes chercheront avec avidité les sites qui n'ont pas le statut, ce qui deviendra un gage d'indépendance.ça s'appelle un coup dans l'eau, ou un pétard mouillé, au choix.
Le problème c'est qu'il n'existe aucun critère absolu permettant de différencier un journaliste d'un copieur/colleur ou d'un mec qui prend plaisir à étaler ses divagations.
Formellement, bien sûr, le vrai journaliste est celui qui vérifie ses sources, creuse l'information, publie du matériel exclusif et reste neutre par rapport à son sujet. Mais à l'heure actuelle les journaux papier n'engagent plus que très peu de ces "vrais journalistes". En effet, avec la recrudescence des journaux gratuits (Metro France, 20 Minutes, le Matin Bleu, Direct Soir, Marseille Plus,...) des personnes ayant étudié le journalisme se retrouvent engagées et dûment cartées pour faire exactement ce que fais le bloggeur moyen: des copier/coller sans objectivité ni traitement. En soi, le journaliste de 20 Minutes (par exemple) est pire qu'un mauvais bloggeur car il ne se contente pas de poluer le web avec des recopiages, il déforme les dépèches AFP pour leur donner un caractère plus sensationel et il essaiera souvent d'induire le lecteur en erreur en associant aux articles des images d'archives sans rapport direct. Pourtant, en soi, il est journaliste professionel, carté et travaillant pour un grand groupe de presse. C'est pour cette raison que je ne suis de loin pas convaincu par la pertinence de cette labellisation. Ce qui aurait de l'avenir, c'est un projet de labellisation indépendant et communautaire. Surtout que c'est le seul moyen que les internautes s'y fient réellement. Un label gouvernemental sera au mieux ignoré, au pire méprisé. 'SNakeGuN', le 01/01/1970 - 01:00 C'est pour cette raison que je ne suis de loin pas convaincu par la pertinence de cette labellisation. Ce qui aurait de l'avenir, c'est un projet de labellisation indépendant et communautaire. Surtout que c'est le seul moyen que les internautes s'y fient réellement. Un label gouvernemental sera au mieux ignoré, au pire méprisé.Sur un précédent post sur ce sujet je rapportai un article d'ASI sur une blogueuse défendant les journalistes contre les méchants blogueurs.
Le stratus de blogueuse simple semble plus compliqué si on lit le dernier billet de maitre Eolas. Une de ces merveilleuses controverses hors sujet est née sous mon billet précédent sur la question de savoir si l'article que je cite est du journalisme, son auteur n'étant pas journaliste professionnel mais chercheur au CNRS. Aliocha, gardienne du temple, fronce le nez (qu'elle a ravissant) : un chercheur au CNRS ne se transforme pas en journaliste par le seul fait qu'il écrit dans un journal, pas plus qu'un directeur juridique ne deviendrait avocat en assistant son client devant le tribunal de commerce. Si l'on admettait votre théorie, alors n'importe quel ministre publiant une tribune dans ce même journal pour expliquer sa politique deviendrait de facto journaliste, je ne sais pas vous, mais moi ça me gêne un peu intellectuellement. Elle a raison, mais moi aussi.
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Un garagiste n'a pas les mêmes obligations que le mec qui bricole sa voiture le week-end. De même, n'importe qui peut écrire un roman, mais ce n'est pas sûr que sa qualité soit suffisante pour intéresser un éditeur. Et il y a une sacrée différence entre bosser dans un restau et faire la cuisine pour sa famille.
Même si tous les journalistes ne sont pas bons, n'importe qui ne peut pas se déclarer journaliste du jour au lendemain. Même si l'idée d'un label fait bondir certains, je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ce que le mec affiche sur son site "je suis un professionnel de l'information". Ca ne change rien sur ses qualités ou ses défauts, cela ne change rien à la qualité ou aux défauts de bloggeurs amateurs. Cela informe l'internaute et toute information supplémentaire est bonne à prendre.
C'est comme la traçabilité pour les produits alimentaires. Le fait que vous sachiez que le steak que vous achetez vienne du Poitou ou de Pologne ne donne aucune indication sur la qualité. Cela informe juste le consommateur.