Le Conseil supprime l'amendement 138, mais Bruxelles gèle l'Hadopi
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 27 Novembre 2008 à 16h18 -
posté dans Société 2.0
![]() Nicolas Sarkozy a réussi son bras de fer au Conseil de l'Union Européenne. Les ministres en charge des télécommunications ont accepté de supprimer du Paquet Télécom l'amendement qui faisait obstacle au projet français de riposte graduée. Cependant la Commission européenne, de son côté, a fortement critiqué le projet de loi présenté par Christine Albanel, et notamment sur la suspension de l'abonnement à Internet et l'irrespect des droits de la défense. Le texte devra être corrigé avant son adoption, ce qui gèle provisoirement les débats. Fin du suspense. L'amendement 138 anti-riposte graduée que 88 % des députés du Parlement Européen avaient adopté a été rejeté jeudi par le Conseil des ministres de l'Union Européenne, présidée par la France. Il devrait faire son retour lors de la seconde lecture du texte au Parlement au premier trimestre 2009, mais probablement après le vote de la loi Création et Internet à l'Assemblée Nationale, prévu pour le début de l'année. "Les citoyens doivent savoir comment fonctionne l'Europe. Ce n'est pas le Parlement européen ni la Commission qui sont éloignés du peuple mais le Conseil qui privilégie les petits arrangements entre amis pour favoriser les intérêts de certains au détriment de l'intérêt général", regrette le député Guy Bono, à l'origine de l'amendement 138. "Le Conseil, à l'image de Nicolas Sarkozy, donne une piètre image de la démocratie européenne". L'eurodéputé souligne "les contradictions de la Présidence française qui dans plusieurs déclarations avait annoncé que cet amendement ne constituait qu'un rappel du droit existant et qui dans le même temps à mis tous les moyens en oeuvre pour obtenir sa suppression lors du Conseil". Guy Bono a prévenu qu'il redéposerait l'amendement en seconde lecture avec Daniel Cohn-Bendit, également engagé dans le combat contre la riposte graduée. La victoire de Nicolas Sarkozy au niveau européen n'est cependant pas totale. La Commission Européenne, qui avait déjà décidé de soutenir l'amendement 138, a fait part cette semaine de ses observations à la France sur le projet de loi Création et Internet. "Toute mesure allant au-delà de l'information, de l'éducation et de la sensibilisation, telle que le filtrage du contenu des communications électroniques ou la suspension de l'accès au réseau pour les utilisateurs dont l'accès à internet n'est pas sécurisé et qui ouvre ainsi la voie à des atteintes au droit d'auteur, nécessite de trouver le juste équilibre entre le besoin de combattre le piratage en ligne et d'autres objectifs importants", note la Commission. "Des mesures d'intervention sur les flux de contenus dans les réseaux informatiques devraient être traitées avec beaucoup de précaution afin d'éviter des conséquences négatives sur la vie privée et la liberté de l'information des utilisateurs d'internet en Europe". Bruxelles suggère de brider plutôt que de suspendre l'accès à Internet Plus spécifiquement sur la suspension de l'abonnement à Internet, la Commision note que "la réalité de l'utilisation actuelle d'internet dépasse largement l'accès aux contenus", avec notamment l'accès aux services administratifs ou bancaires, et qu'une "interruption totale de l'accès à internet rendrait impossibles tous ces services". La Commission rappelle que "si, dans le cas présent, le respect du droit d'auteur constitue bien un objectif d'intérêt général, il reste que les mesures nationales concernées, pour être conformes au droit communautaire, doivent être nécessaires et proportionnées à l'objectif". Elle propose d'étudier la possibilité de "restreindre uniquement l'accès par un abonné responsable à l'internet à haut débit, sans empêcher un accès à bas débit". "Une telle typologie de sanction pourrait en effet être de nature à atteindre l'objectif spécifiquement visé de rendre impossible ou en tout cas extrêmement lent et pratiquement irréalisable ou inoffensif le téléchargement pirate d'oeuvres protégées, sans infirmer la possibilité d'accès à d'autres activités (d'information, de communication, de gestion administrative, etc.) sur internet." Bruxelles estime par ailleurs qu'il faut tenir compte "du fait que les infractions en cause sont actuellement déjà sujettes à des sanctions pénales impliquant des amendes élevées et des peines d'emprisonnement". Or, "le projet lui-même ne prévoit aucune disposition empêchant les représentants des ayants droit de s'adresser tant à la Haute Autorité qu'à la juridiction pénale". "En outre, ajoute-t-elle, le projet notifié ne prévoit pas non plus que, lorsque la Haute Autorité est saisie, toute action pénale ne devrait être entreprise qu'après expiration de la procédure administrative au risque dès lors de voir deux actions, l'une administrative et l'autre pénale, être introduites en parallèle". Le respect du droit fondamental à un procès équitable Tapant là où le bât blesse, la Commission fait remarquer à la France que "la question se pose de savoir comment est justifié le fait qu'un organe administratif (la Haute autorité) et non un organe judiciaire dispose du pouvoir de décider s'il y aurait violation ou non d'un droit d'auteur ou droit voisin." Bruxelles estime à ce propos que "le fait que les recommandations envoyées aux abonnés de manière systématique ne soient pas sujettes à recours pourrait mettre en danger le droit fondamental à un procès équitable". La Commission fustige en effet l'absence de possibilité de contester la matérialité des preuves avant toute sanction. "L'abonné victime d'une erreur matérielle pourrait se voir imposer une suspension sans avoir la possibilité de faire valoir sa position à défaut de voie de recours et de procédure contradictoire (sans oublier le renversement de la charge de la preuve)", écrit la Commission, qui rappelle que "les décisions au fond devraient exclusivement s'appuyer sur des éléments de preuve sur lesquels les parties ont eu la possibilité de se faire entendre". Enfin, elle demande à ce que la liste des filtres que devra labelliser l'Hadopi soit placée sous le contrôle de Bruxelles. La France devra obligatoirement prendre en considération les remarques émises par la Commission et répondre aux nombreuses interrogations de Bruxelles avant de faire adopter le projet de loi Création et Internet à l'Assemblée Nationale. Le délai induit pourrait fortement retarder l'adoption définitive du texte, et laisser le temps au Parlement Européen de re-voter l'amendement 138. Le suspense continue. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Le Conseil supprime l'amendement 138, mais Bruxelles gèle l'Hadopi»
pour la suite sur l'avis de Bruxelles ca va terminer comme pour le conseil d'Etat et la CNIL aux chiottes!
ils metteront disont 4-5 mois avant de s'en rendre compte la vu le bordel au PS l'hadopi passera sans censure constitutionnelle jdemande a mettre en place des tutos pour freenet et cie 'cfc', le 01/01/1970 - 01:00 En avance dans la connerie, oui...C'est sure que c'est pas une avancé de nos droits qui se réduisent un peu plus : police privée, déni de democratie.... en même temps le P2P crypté va enfin se développer...même si le dadvsi est toujours là pour nous l'interdire >Universal, sacem, sacd, ifpi, sony-bmg et quelques autres vont avoir l'honneur d'avoir pour eux la première police privée de France
Et quand un syndicat porte plainte contre une entreprise, ce n'est pas une police privée ? Et quand une assoc de consommateur porte plainte contre un commerçant, ce n'est pas une police privée ? Là, on aura un syndicat professionnel qui pourra porter plainte. Mais ce n'est pas lui qui jugera. Maintenant attendons le vote de l'amendement 844 de Lefevbre (la loi audiovisuelle).... si il passe... c'est la fin du net en France.
Moi ça fait un bon moment que je n'ai plus le moindre gramme de confiance dans les gens qui nous dirige !!!!
Alors j'ai pris ma décision et je suis partis vers du P2P sécurisé avec StealthNet http://www.stealthnet.de/fr_index.php A vous de voir @enter
Je me suis mal exprimé... Une corporation va avoir un organisme a lui tout seul qui va prendre la place d'un juge... 'enter', le 01/01/1970 - 01:00 >Universal, sacem, sacd, ifpi, sony-bmg et quelques autres vont avoir l'honneur d'avoir pour eux la première police privée de France Et quand un syndicat porte plainte contre une entreprise, ce n'est pas une police privée ? Et quand une assoc de consommateur porte plainte contre un commerçant, ce n'est pas une police privée ? Là, on aura un syndicat professionnel qui pourra porter plainte. Mais ce n'est pas lui qui jugera. Non, ça passe par un juge, ce ne sont pas les association qui décident de la peine, ni les syndicats. Le problème serra l'indépendance de l'autorité administrative...et la c'est pas gagné quand on voit le copinage du pouvoir. nempeche le dernier paragraphe me donne de l espoir
sarko doit prendre en compte Bruxelles et ca donne le temps de revoter l'amendement 138-bis avec cette fois une portée incontestable 'enter', le 01/01/1970 - 01:00 Et quand une assoc de consommateur porte plainte contre un commerçant, ce n'est pas une police privée ?Quel rapport avec Hadopi ? J'avais bien fait d'investir dans un stock gigantesque de vaseline.
Je peux vous fournir, tant qu'ils ne considèrent pas que le partage de vaseline soit contraire au droit des lobbies (à ce niveau c'est plus des auteurs). 1984n'a eu que 25 ans de retard finalement!
Je discutais cet après midi avec un mec de 60 piges qui me disait qu'on était encore plus à droite que sous Pompidou et Giscard, la liberté d'expression était bien plus importante! C'est dire ......... au moins Bruxelles retarde l'hadopi Enfin, elle demande à ce que la liste des filtres que devra labelliser l'Hadopi soit placée sous le contrôle de Bruxelles.
"La France devra obligatoirement prendre en considération les remarques émises par la Commission et répondre aux nombreuses interrogations de Bruxelles avant de faire adopter le projet de loi Création et Internet à l'Assemblée Nationale. Le délai induit pourrait fortement retarder l'adoption définitive du texte, et laisser le temps au Parlement Européen de re-voter l'amendement 138. Le suspense continue." allez la Suede va prendre le rellay et la je doute que les petites manip de ce type ait lieu allez Bono on y croit encore mais je vais quand meme me renseigner sur un recours en CE @La bourrique> en effet, la vaseline devrait être remboursée par la sécu, avec ces zozos. La sodomie, un jeu de société?
@ludo, malheureux, tu veux agrandir le trou de la sécu (à défaut d'autre chose). Ils vont nous pondre des taxes supplémentaires ensuite ...
je dis une chose positive aujourd'hui
merci Bruxelles(commission européenne et Barroso) peut etre que le fait de le supprimer n'est pas si mal pk?parce que la nouvelle version sera incontestable et la même le Sénat foyer des dé"biles devra le prendre en compte alors que la les gens Style Albanel et fcna 2005 peuvent "ne pas comprendre" @cfc
> "Comptez sur Guy Bono et Daniel Cohn Bendit pour > faire une relance de cet amendement." > Ce sera trop tard. Mais non. La seule différence, c'est la possibilité de soulever devant le CC l'incompatibilité de l'amendement 138 et de la loi Création et Internet avant sa promulgation. Si le dit conseil valide la loi, alors on revient dans le problème "amendement adopté après la loi" : il faut passer par un jugement qui qualifiera ou non l'accès internet comme un élément fondamental d'exercice des libertés protégées par la CDF et par la DUDH (avec toute la procédure : jugement, appel, pourvoi, renvoi d'appel, passage à la CEDH si nécessaire, ...). Bref, la seule chose que ca change, c'est que le CC n'aura pas à se prononcer sur l'incompatibilité de la loi création et internet avec l'amendement 138 ... qui ne fait que reprendre la CDF. Donc le CC peut donner le même avis, en se reposant sur la CDF. @enter "Et quand un syndicat porte plainte contre une entreprise, ce n'est pas une police privée " Non. Un syndicat porte devant la Justice un problème, par exemple un délit d'entrave. Un juge procédant en droit jugera le bien fondé de la demande. Idem pour une association de consommateur, qui se porte devant la Justice. Ici, on a un "syndicat" qui porte réclamation devant une Administration, donc devant l'Exécutif. Rien à voir. Pour moi c'est terminé. Je n'achèterai plus les cds que j'achetais chaque mois, je n'achèterai ni n'offrirai plus de films et je ferai allègrement passer le message autour de moi.
Je pense qu'à partir de cette année je vais trouver des cadeaux bien plus originaux pour les fêtes. Dommage pour les instigateurs. Ca les empêchera pas de tous projeter de nous prendre notre liberté d'expression, mais c'est tout ce que je peux faire dans l'immédiat.
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Râler ne sert à rien. La seule façon efficace de réagir est de les frapper au portefeuille, ils ne comprennent que ça.
Il faut arrêter d'acheter tout ce qui n'est pas indispensable, et là, vous les prendrez par les couilles. Ils ne vont pas aimer.