Ils arrêtent leurs études pour pouvoir payer la RIAA

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 14 Novembre 2008 à 10h55 - posté dans Peer-to-Peer

Ils ont eu le tort de télécharger des MP3 plutôt que de les écouter gratuitement sur des sites de streaming approuvés par les maisons de disques. Pour eux, c'était un geste normal. Pour la RIAA, c'était un délit pénal passible de lourdes amendes et des dommages et intérêts devant les tribunaux. Pour avoir utilisé des réseaux Peer-to-Peer pour s'échanger de la musique hors du cadre défini par les majors, des étudiants américains doivent payer plusieurs milliers de dollars de dédommagement, en utilisant le site de transaction amiable expresse mis en place par le lobby du disque. Pour certains, ça signifie la fin de leurs études.

Interrogée par le journal local The Spectator, une responsable de l'Université de Wisconsin confesse ainsi que des étudiants ont dû abandonner leurs études pour pouvoir rembourser les sommes exigées "à l'amiable" par la RIAA.

"Ca a été vraiment dur d'être celle qui doit leur dire qu'ils sont poursuivis en justice", raconte Jodi Thesing-Ritter, qui reçoit les adresses IP fournies par la RIAA et doit remonter jusqu'à l'étudiant grâce aux journaux de connexion du campus. Au printemps 2007, l'Université a reçu 26 plaintes à transmettre aux étudiants, qui ont pour la plupart fait l'objet d'un règlement amiable autour de 3.000 dollars pour éviter une procédure plus coûteuse encore devant le juge. Cette année, le nombre de demandes explose.

En tant que responsable universitaire, Jodi Thesing-Ritter veut voir dans ces affaires des condamnations exemplaires à destination des autres étudiants qui téléchargent illégalement. "La réalité c'est qu'il y a des conséquences à ces actions", moralise-t-elle.

La réalité, c'est aussi que certains préfèrent payer les sommes exigées par la RIAA plutôt que de dépenser plus encore pour se défendre et prouver qu'ils ne sont pas davantage coupables que certaines imprimantes déjà accusées à tort.

Publié par Guillaume Champeau, le 14 Novembre 2008 à 10h55
 
 
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Commentaires à propos de «Ils arrêtent leurs études pour pouvoir payer la RIAA»
 

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Je précise que les 1000 exemplaires ne signifient pas 1000 ventes. De plus il faut savoir que les disquaires spécialisés se font de plus en plus rare.

Du coup on se tourne de plus en plus vers les formats numérisés type mp3 (en 320) ou OGG Vorbis voire FLAC. Le tout ce qu'il faut savoir vivre avec son temps.
soma78, le 01/01/1970 - 01:00
Pour te donner une idée voici les tarifs du dernier disque vinyle que nous avons sorti (1000 exemplaires).

La redevance SACEM est de 0.2988 € par unité soit 298 €. L'explication de cette redevance est que cela permet à la SACEM de protéger tes droits. Bien sûr on peut passer outre mais c'est prendre le risque d'avoir une amende pour non respect des droits d'auteurs (ce qui est ubuesque étant donné que la SACEM ne s'embête pas à protéger les "petits" artistes).
Pour le détail il faut ajouter les frais de "mastering" (pour "nettoyer" et amplifier le son qui sera gravé sur le vinyle) et de pressage (fabrication du disque) soit 1500 € (peut varier selon les prestataires).
à�a te fait les 1000 disques à grosso modo 1798 €.
Et combien les artistes présents sur ce vinyle ont-ils touché ? Parce que la redevance payée à la SACEM pour presser un disque présentant des artistes qui adhèrent à la SACEM est supposée être reversée, une fois les frais de fonctionnement de la SACEM et les 25% reversés à la création, aux artistes protégés. S'ils n'ont rien touché en retour, il faut les inciter à demander leur dû à la SACEM (quitte à porter plainte), et éventuellement les inciter à quitter purement et simplement la SACEM (voir www.quitterlasacem.info pour des informations sur comment procéder et des témoignages d'artistes qui l'ont fait). En effet, si la SACEM ne leur reverse rien des redevances qu'elle collecte auprès des organismes qui pressent les disques, elle les vole.

Si aucun des artistes présents sur ce vinyle n'est membre de la SACEM, alors vous n'avez absolument rien à leur payer. S'ils vous demandent tout de même de payer, c'est du racket, puisque vous n'avez à payer la SACEM que pour éditer des artistes qui sont eux-mêmes à la SACEM (s'ils ne sont pas à la SACEM, c'est à l'organisme de compensation qui gère leurs droits, ou à eux-mêmes le cas échéant s'ils n'adhèrent à aucun de ces organismes, que vous devez payer une redevance).

Je rejoins gofer_ sur le fait que vous devriez vous faire entendre, au minimum en vous ralliant aux actions des consommateurs qui s'opposent à la propagande des majors, SACEM et gouvernement. Il n'y a pas que les droits des consommateurs qui sont en jeu ici, mais le contrôle sur le modèle économique qui se dessine. Si vous restez les bras croisés, vous prenez l'énorme risque de vous retrouver prisonniers et complètement dépendants (encore plus qu'aujourd'hui) des majors, SACEM et cie.
"Ca a été vraiment dur d'être celle qui doit leur dire qu'ils sont poursuivis en justice", raconte Jodi Thesing-Ritter, qui reçoit les adresses IP fournies par la RIAA et doit remonter jusqu'à l'étudiant grâce aux journaux de connexion du campus.

=> pauvre Madame, obligée de dénoncer ses étudiant(e)s aux méchants. Je suis sûr qu'elle verse une larme, chaque soir, lorsqu'elle éteint son poste de TV...

En tout cas, elle a une nouvelle ligne sur son CV : traqueuse d'étudiant(e)s ! Bravo !
@soma78 : les consommateurs se manifestent ; les internautes aussi. Tu peux le remarquer avec les actions conjointes d'UFC et la Quadrature du Net, puis aussi les voix qui s'élèvent depuis les les tréfonds du net (je pense notamment à la promesse de TPB à propos de la pollution d'adresse IP sur les serveurs de torrent).

Les seuls qu'on entend pas ce sont les éditeurs indép', hors UFPI. Pourquoi ne pas vous interroger comme le dit Gorkk sur la pérennité de votre modèle économique ? Je le répète. Les projets d'Hadopi font fi non seulement des droits les plus élémentaires des citoyens à une justice équitable, à la défense et à présomption d'innocence, inscrits dans la Constitution de 1958, mais aussi font fi des modèles économiques marginaux en matière de production musicale. L'objet de cette loi est, de manière sous-jacente, une manière pour les majors de reprendre le contrôle de la production culturelle. Ni plus ni moins (même si elles veulent toujours plus). Vous êtes aujourd'hui sous le joug d'un marchandage autoritaire de la part de la Sacem et l'avenir tel qu'il est écrit dans la bouche de Christine Nègre est prendre vos parts. Le simple exemple de MySpace se passe d'explication, tellement les projets des majors sont radicaux et sans concession.

Les citoyens du Net sont réveillés (pour les autres citoyens, Internet ressemble ce que l'on dit sur Tf1 et les médias généralistes papiers : un viviers de pirates, virus, voleurs de n
° de CB, pédophiles, où l'information est définitivement non recoupable parce que les internautes sont des voleurs/menteurs/etc.). Maintenant il s'agit pour vous d'enclencher la deuxième et d'accélérer un peu, afin de porter votre voix jusqu'au oreilles des médias, la plupart du temps sourds aux appels des citoyens concernés. Vous êtes bien concernés par cette loi. :)
@soma78: t'es sûr d'être obligé de te faire racketter par la Sacem? http://quitterlasacem.info/
Ahlala... ils ont trouvés une jolie source de revenus, ils ne vont pas s'arrêter de si tôt...
Ils font ça en douce, tranquillement :) ils pourraient attaquer des centaines d'étudiants par jour, mais là ça deviendrais un peu "louche" alors ils font ça en douceur et profite du terme "prévention" pour donner à leurs actes une raison qui semble morale et juste. Mais c'est TOUJOURS une histoire de pouvoir et de pognon, TOUJOURS. Ne cherchons pas plus loin avec tout ces "droits de propriétés" qui ne sont à ce stade là, ici que pour faire diversion...
Que faire? je ne sais pas, mais il y a une chose dont je suis sûr, c'est que dans quelques dizaines d'années on verras des documentaires avec pour titre du genre "comment les majors vous ont entubés".
khaydo, le 01/01/1970 - 01:00
Ahlala... ils ont trouvés une jolie source de revenus, ils ne vont pas s'arrêter de si tôt...
Ils font ça en douce, tranquillement :) ils pourraient attaquer des centaines d'étudiants par jour, mais là ça deviendrais un peu "louche" alors ils font ça en douceur et profite du terme "prévention" pour donner à leurs actes une raison qui semble morale et juste. Mais c'est TOUJOURS une histoire de pouvoir et de pognon, TOUJOURS. Ne cherchons pas plus loin avec tout ces "droits de propriétés" qui ne sont à ce stade là, ici que pour faire diversion...
Que faire? je ne sais pas, mais il y a une chose dont je suis sûr, c'est que dans quelques dizaines d'années on verras des documentaires avec pour titre du genre "comment les majors vous ont entubés".

Le probleme, ils avaient passé une video aux étudiants comme quoi le téléchargement nuit à l'économie.
c'etait passé dans une news.
Ils n'avaient jamais fait mention que ca pourrait nuire aux artistes....
comment quoi tu as raison, ils pensent en premier aux fric avant les artistes quand ils parlent de piratage.
Voilà une des raisons pour laquelle la riposte graduée n'est pas plus elle. La coupure à Internet pendant un mois n'empêche pas l'abandon de ses études, et c'est surtout plus juste que les amendes pharamineuses pour quelques titres téléchargés.

Mais personne semble ouvrir les yeux et se rendre compte que si pas de solution rapide pour lutter contre le téléchargement illégal, on se retrouvera en France avec le même système.
C'est un mois ou un an ? :Hein:
alphapronto75, le 01/01/1970 - 01:00
Voilà une des raisons pour laquelle la riposte graduée n'est pas plus elle. La coupure à Internet pendant un mois n'empêche pas l'abandon de ses études, et c'est surtout plus juste que les amendes pharamineuses pour quelques titres téléchargés.

Mais personne semble ouvrir les yeux et se rendre compte que si pas de solution rapide pour lutter contre le téléchargement illégal, on se retrouvera en France avec le même système.
Ouai, sauf qu'il va falloir que tu te rentres un truc pourtant très clair dans le crâne : Tu peux te faire chopper sans avoir téléchargé le dit fichier !
C'est pourtant pas bien compliqué à comprendre.
TotoRhino, le 01/01/1970 - 01:00
alphapronto75, le 01/01/1970 - 01:00
Voilà une des raisons pour laquelle la riposte graduée n'est pas plus elle. La coupure à Internet pendant un mois n'empêche pas l'abandon de ses études, et c'est surtout plus juste que les amendes pharamineuses pour quelques titres téléchargés.

Mais personne semble ouvrir les yeux et se rendre compte que si pas de solution rapide pour lutter contre le téléchargement illégal, on se retrouvera en France avec le même système.
Ouai, sauf qu'il va falloir que tu te rentres un truc pourtant très clair dans le crâne : Tu peux te faire chopper sans avoir téléchargé le dit fichier !
C'est pourtant pas bien compliqué à comprendre.
Et ça n'empêche pas les majors de te poursuivre pour contrefaçon. Seulement voilà, en France, l'industrie culturelle a essayé d'utiliser ces méthodes (affaire Call of Juarez) : bizarrement, les avocats qui y ont pris part ont eu des soucis, parce que leur méthode est illégale en France. Mais à force de vouloir supprimer les droits de la défense et les libertés en règle générale, ne t'inquiètes pas, ces méthodes viendront aussi en France (après ta suspension qui leur servira de "preuve" de ta culpabilité).
L'HADOPI c'est un peut comme un paradis fiscal cela servira a blanchir les pratiques expéditives de la RIAA and co rien de plus, pour les auteurs ce sera 100% de zéro comme pour les promoteurs de ce paradis fiscal répressif.

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