Ils ont eu le tort de télécharger des MP3 plutôt que de les écouter gratuitement sur des sites de streaming approuvés par les maisons de disques. Pour eux, c’était un geste normal. Pour la RIAA, c’était un délit pénal passible de lourdes amendes et des dommages et intérêts devant les tribunaux. Pour avoir utilisé des réseaux Peer-to-Peer pour s’échanger de la musique hors du cadre défini par les majors, des étudiants américains doivent payer plusieurs milliers de dollars de dédommagement, en utilisant le site de transaction amiable expresse mis en place par le lobby du disque. Pour certains, ça signifie la fin de leurs études.

Interrogée par le journal local The Spectator, une responsable de l’Université de Wisconsin confesse ainsi que des étudiants ont dû abandonner leurs études pour pouvoir rembourser les sommes exigées « à l’amiable » par la RIAA.

« Ca a été vraiment dur d’être celle qui doit leur dire qu’ils sont poursuivis en justice« , raconte Jodi Thesing-Ritter, qui reçoit les adresses IP fournies par la RIAA et doit remonter jusqu’à l’étudiant grâce aux journaux de connexion du campus. Au printemps 2007, l’Université a reçu 26 plaintes à transmettre aux étudiants, qui ont pour la plupart fait l’objet d’un règlement amiable autour de 3.000 dollars pour éviter une procédure plus coûteuse encore devant le juge. Cette année, le nombre de demandes explose.

En tant que responsable universitaire, Jodi Thesing-Ritter veut voir dans ces affaires des condamnations exemplaires à destination des autres étudiants qui téléchargent illégalement. « La réalité c’est qu’il y a des conséquences à ces actions« , moralise-t-elle.

La réalité, c’est aussi que certains préfèrent payer les sommes exigées par la RIAA plutôt que de dépenser plus encore pour se défendre et prouver qu’ils ne sont pas davantage coupables que certaines imprimantes déjà accusées à tort.

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