Le Sénat renforce l'exigence de preuves pour l'Hadopi

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 30 Octobre 2008 à 13h57 - posté dans Société 2.0

Réunis jeudi matin pour débuter l'examen détaillé des dispositions de la loi Création et Internet, les sénateurs ont adopté jeudi contre l'avis du gouvernement un amendement qui oblige l'Hadopi à ne mettre en oeuvre la riposte graduée que pour les cas avérés de manquement à l'obligation de surveillance.

Après la discussion générale de mercredi soir qui a permis de dégager une unanimité quasi parfaite sur les grandes lignes de la riposte graduée, les sénateurs ont débuté jeudi matin l'examen des 177 amendements au projet de loi Création et Internet présenté par la ministre de la Culture Christine Albanel. La composition de la Haute autorité administrative (Hadopi), son mode de fonctionnement et le mécanisme de la riposte graduée étaient ce matin au coeur des discussions.

Les sénateurs, sur avis du gouvernement, ont d'abord rejeté toute idée de rendre obligatoire la désignation de représentants des consommateurs et des internautes au sein du collège de l'Hadopi, dont le Président sera élu par ses pairs. La présence d'un membre de la CNIL au sein de la commission des droits de l'Hadopi, en vue de veiller au respect de la vie privée, a également été rejetée, au motif que la loi apportait déjà des garanties suffisantes en faisant de l'Hadopi une "chambre noire" entre les fournisseurs d'accès et les ayants droit.

Au nom du respect de la vie privée, le gouvernement suivi par une majorité des sénateurs a également interdit que le nom des oeuvres piratées pour lesquelles l'abonné reçoit des lettres d'avertissement soit mentionné dans les courriers. L'internaute saura l'heure et le jour de l'infraction pour laquelle il est fiché, mais il ne saura pas pour quelle oeuvre. Si cette décision est logique au regard de la vie privée, puisqu'elle permettrait sinon à l'abonné de savoir éventuellement ce qu'un membre de sa famille a téléchargé, elle rend plus difficile encore la possibilité pour l'abonné de se défendre. Comment savoir que l'on n'a pas commis une infraction si l'on ne sait pas exactement de quelle infraction il s'agit ?

Sur ce point, le Sénat a adopté un amendement contre l'avis du gouvernement, qui pourrait créer un obstacle majeur à la saisine de l'Hadopi. Les sénateurs ont en effet adopté l'amendement 70 présenté par M. Retailleau, qui fait obligation à l'Hadopi de n'envoyer ses recommandations préalables aux sanctions que pour des "faits constituant un manquement", alors que le texte du gouvernement parlait de faits "susceptibles" de constituer un manquement. Concrètement, l'Hadopi ne pourra pas se baser sur de simples présomptions, mais sur de véritables preuves que l'abonné a effectivement manqué à son obligation de surveillance.

Le Sénat a également adopté le principe d'une lettre d'envoi en recommandé envoyée obligatoirement avant l'étape de la sanction, alors que le texte initial était flou sur ce point. En revanche, il n'a pas écarté la menace de la double sanction (pénale et administrative), au motif que les cas où les ayants droit feraient appel à la fois à l'Hadopi et au juge pénal seraient "rarissimes" selon la ministre.

Enfin, les sénateurs ont adopté l'amendement 132 rectifié présenté par le groupe socialiste, qui prévoit la création d'une "hotline" de l'Hadopi via laquelle l'abonné destinataire pourra "adresser des observations à la commission de protection des droits". En principe, le texte doit offrir à l'abonné la possibilité de contester les faits pour lesquels une lettre lui a été envoyée par l'Hadopi. Mais l'amendement n'aménage pas d'obligation de réponse motivée de l'Hadopi. La force juridique de cette faculté de contestation apparaît donc encore très floue. D'autant que le gouvernement a rejeté sur ce même thème d'autres amendements plus précis, qui donnaient la possibilité aux abonnés de contester les recommandations dès l'envoi du premier e-mail avec obligation de réponse, sous peine de nullité de la sanction dans le cas contraire. Christine Albanel a jugé qu'une telle procédure contradictoire pourrait "griper l'ensemble du système voire empêcher son fonctionnement si des milliers d'internautes décident de contester". Elle a estimé que les lettres d'avertissements, même si elles font courir un délai de récidive pour le déclenchement de la sanction, ne sont pas en elles-mêmes des sanctions qui obligent à la procédure contradictoire. "Ce n'est pas griper le système, c'est rester fidèle aux principes de notre Droit", a répondu sans succès le sénateur Michel Mercier.

Lors de la reprise des débats, en fin d'après-midi, les sénateurs devront voter pour le principe de la suspension de l'abonnement à Internet souhaité par le gouvernement et par la commission des affaires culturelles, ou choisir la solution alternative des amendes demandée par la commission des affaires économiques. Lors des débats sur la question, l'incompatibilité de la suspension avec l'amendement Bono voté au Parlement Européen n'a été que survolée, pour être immédiatement balayée.

Publié par Guillaume Champeau, le 30 Octobre 2008 à 13h57
 
 
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Commentaires à propos de «Le Sénat renforce l'exigence de preuves pour l'Hadopi»
 

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dites quelqu'un a pris le temps de lire ces conneries :

http://www.jaimelesa...r/creation.aspx
Ca semble mal parti !!! :shifty:

Téléchargement illégal: le Sénat confirme la coupure d'internet

Le Sénat a confirmé que la connexion internet des personnes téléchargeant des oeuvres sans respecter le droit d'auteur pourra être suspendue, en rejetant un amendement qui remplaçait la coupure par une amende.

L'amendement, voté dans un premier temps par la commission des Affaires économiques de la Haute assemblée, dénaturait le projet défendu par la ministre de la Culture, Christine Albanel.

"L'amende s'inscrit dans une logique plus répressive que pédagogique", a dit Christine Albanel jeudi au Sénat.

"Elle est injuste: soit l'amende est insignifiante, donc inefficace ; soit elle est sensible et l'on crée une inégalité selon la situation de fortune", a-t-elle ajouté.

L'amendement a finalement été rejeté par 297 voix contre 15.

Le projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet prévoit une "riposte graduée", sous le contrôle d'une Haute autorité, au non respect du droit d'auteur.

L'abonné en cause recevrait dans un premier temps un courrier électronique lui demandant de cesser ces pratiques.

S'il recommençait dans les six mois, un autre courrier électronique lui serait envoyé, éventuellement accompagné d'une lettre recommandée.

S'il persistait, sa connexion serait suspendue temporairement.

Le projet de loi évoque une coupure de trois mois à un an mais précise que la Haute autorité pourra proposer une suspension d'un à trois mois.

L'internaute n'aura pas le droit de s'abonner chez un autre fournisseur d'accès pendant la durée de la suspension.

Dans le cas d'un abonnement 'triple play', la téléphonie et la télévision ne devront pas être affectées.

Le dispositif actuel permet déjà des sanctions pénales et financières de trois ans de prison et de 300.000 euros d'amende. Mais le gouvernement le juge inadapté.

Le piratage de fichiers sur internet a pris des proportions très importantes en France, avec un milliard de fichiers piratés en 2006, selon le gouvernement.

Jean-Baptiste Vey, édité par Sophie Louet
'polar_bear', le 01/01/1970 - 01:00
Pourquoi la quadrature omet l'intervention d'Ivan Renar ?
L'intervention de Jacques Ralite vers 20h ce jour n'est pas mal non plus.

Par contre il y a quand même eu pas mal de désinformation utilisée pour justifier le vote ou le refus de certains amendements.
'acrosomia', le 01/01/1970 - 01:00
Ca semble mal parti !!! :shifty:


L'amendement a finalement été rejeté par 297 voix contre 15.

Ils sont 312 sénateurs présents pour le vote de cet amendement ou par hasard ils avaient autorisé le vote pour 50 personnes chacun.
'bourgpat', le 01/01/1970 - 01:00
'acrosomia', le 01/01/1970 - 01:00
Ca semble mal parti !!! :shifty:


L'amendement a finalement été rejeté par 297 voix contre 15.

Ils sont 312 sénateurs présents pour le vote de cet amendement ou par hasard ils avaient autorisé le vote pour 50 personnes chacun.
Je suppose que chacun vote pour l'intégralité de son groupe.
Parce que je ne suis même pas sûr qu'ils soient 15 (j'ai pas compté à vrai dire, mais ils sont très très peu nombreux).
Euh comment fait une entreprise dont le CA est supérieur à 760 000 euros et dont un de ses employés télécharge (illégalement) avec l'accès internet de l'entreprise ?
Une fois que l'entreprise n'aura plus d'internet, elle ne pourra pas remplir sa déclaration de TVA et payer en ligne, ce qui est devenu obligatoire depuis le 01/01/2008 il me semble.

Ce n'est qu'un exemple ! La question d'XoR :
"Comment ça se passe pour un abonné s'il télécharge le même jour 3 fichiers mp3 de 3 majors différents et un film ?
Je m'explique : si ces 4 ayant-droit font appelle a l'hadopi en même temps, est-ce que cet abonné va recevoir un seul mail d'avertissement ou les 2 mails + la lettre en recommandé + la coupure de sa connexion ???"

Mérite un amendement ou au minimum un éclaircissement !

Qu'ils nous coupent le net, on ira dehors, on aura alors du temps pour manifester contre leur gueule.
'Wubai', le 01/01/1970 - 01:00
autre chose, je suis chez CI, au prochain contact telephonique pour mon abonnement,je ne poserais qu'une question, " avez vous signez la loi création et internet? " oui monsieur!" - alors je résilie mon abonnement, au revoir!" ^_^
résilie tout de suite mon grand, t'es chez club internet, qui a été racheté par neuf télécom, qui a été racheté par sfr qui est une filiale de vivendi qui détient universal.
signer les accord olivennes? plutôt deux fois qu'une; et au moins ca ils l'on fait en public.
Encore un truc : l'Egalite devant la loi

Nous sommes supposés être égaux devant la loi (nous savons que c'est faux).
Mais dans le cas de l'hadopi, ceux qui peuvent profiter de cette loi ne sont pas égaux avec.

Pour les majors, ça devrait pas poser de problèmes, elles ont les moyens d'organiser ou de payer un flicage en règle des réseaux pour leurs produits.
Mais pour les autres ? les indépendants ? les artistes oubliés, etc ? Tous ceux là ne pourront pas mandater une entreprise pour fliquer (trop cher et pour gagner quoi au bout) ?

Si une loi n'est pas égalitaire par principe, elle devrait être anticonstitutionnelle non?
'Zuvassin', le 01/01/1970 - 01:00
Encore un truc : l'Egalite devant la loi

Nous sommes supposés être égaux devant la loi (nous savons que c'est faux).
Mais dans le cas de l'hadopi, ceux qui peuvent profiter de cette loi ne sont pas égaux avec.

Pour les majors, ça devrait pas poser de problèmes, elles ont les moyens d'organiser ou de payer un flicage en règle des réseaux pour leurs produits.
Mais pour les autres ? les indépendants ? les artistes oubliés, etc ? Tous ceux là ne pourront pas mandater une entreprise pour fliquer (trop cher et pour gagner quoi au bout) ?

Si une loi n'est pas égalitaire par principe, elle devrait être anticonstitutionnelle non?
Comme l'a bien rappelé à plusieurs reprises Albanel pendant le débat d'hier, ce n'est pas le boulot de l'HADOPI de faire le ménage dans les pratiques de l'industrie culurelle ou de garantir que les maisons de disques reversent bien leurs droits (et des droits suffisants) aux artistes : pour ça, qu'ils se démerdent entre eux. Du coup, aucun des amendements dans ce sens n'a été adopté.

Euh comment fait une entreprise dont le CA est supérieur à 760 000 euros et dont un de ses employés télécharge (illégalement) avec l'accès internet de l'entreprise ?
Une fois que l'entreprise n'aura plus d'internet, elle ne pourra pas remplir sa déclaration de TVA et payer en ligne, ce qui est devenu obligatoire depuis le 01/01/2008 il me semble.
Si j'ai bien compris, le principe est que les entreprises n'encourront pas de coupure de connexion internet, mais une incitation à s'équiper d'un firewall pour se protéger.
A ce sujet, si c'est là le seul moyen de protection qu'ils voient, je rappelle qu'un firewall est intégré à Windows (qui vaut ce qu'il vaut, mais si l'HADOPI va sortir à Microsoft que son firewall n'est pas fiable, ça risque de faire des étincelles) ainsi qu'à la plupart (sinon la totalité) des distribution Linux, et certainement aussi MacOS, de même je pense que dans toutes les box ADSL (ce qui fait que chez moi, entre l'OS, le routeur wifi et le modem routeur je passe déjà par une triple couche). Reste évidemment à le configurer correctement, et là j'ai un doute sur les compétences de l'HADOPI.

[mauvaise_foi on]
Et puis même si, rien ne les empêche d'aller dans un cybercafé ou dans l'entreprise voisine.
/mauvaise_foi off
**syntax error**
[mauvaise_foi on]
Monsieur,
Vous avez commis une infraction au code de la route ce vendredi 31 octobre 2008 à 10h42. En conséquence, l'utilisation de tout véhicule motorisé vous est prohibé pour une durée d'un an.
Veuillez agéer, monsieur, l'expression de notre plus grand mépris.
Hadopi.

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