Le Sénat veut installer un spyware sur tous les ordinateurs

Guillaume Champeau - publié le Lundi 27 Octobre 2008 à 14h05 - posté dans Société 2.0

Le projet de loi Création et Internet prévoit que l'abonnement d'un internaute puisse être suspendu s'il n'a pas été sécurisé pour empêcher le piratage. La question de la preuve est centrale dans l'application du projet de loi, puisqu'elle suppose de prouver la négligence. Confronté au problème, la Commission des affaires culturelles du Sénat propose d'imposer un logiciel espion sur l'ensemble des ordinateurs de tous les internautes français.

Pour peu que l'on puisse admettre le bienfondé théorique de la riposte graduée, sa mise en oeuvre reste un véritable casse-tête au regard des droits civiques. Le projet de loi Création et Internet prévoit en effet d'avertir puis de sanctionner les internautes dont l'accès à Internet est utilisé pour télécharger ou mettre à disposition sans autorisation des oeuvres protégées par le droit d'auteur. Dans l'esprit du gouvernement, le texte doit inciter les internautes à protéger leur accès pour empêcher le piratage. C'est d'ailleurs le défaut de surveillance et de protection qui est condamné, et non pas l'acte de piratage en tant que tel. Dès lors, le projet de loi prévoit trois cas d'exonération de responsabilité :

  • Le fait d'avoir mis en oeuvre des moyens de sécurisation pour prévenir les manquements à l'obligation de surveillance ;
  • Le fait d'avoir été victime d'une intrusion frauduleuse d'un tiers, autre qu'une personne "placée sous l'autorité ou la surveillance du titulaire de l'accès". Concrètement, si l'accès WiFi est piraté par un voisin malgré la présence des outils de sécurisation, l'abonné ne sera pas sanctionné par l'Hadopi ;
  • Les cas de force majeure.

Mais pour actionner le premier cas d'exonération, encore faut-il pouvoir prouver que l'on avait bien protégé son accès à Internet si l'on est condamné à tort par la Haute Autorité chargée de mettre en oeuvre la riposte graduée, l'Hadopi.

Questionné sur ce point, le ministère de la Culture avait dans un premier temps réagi en indiquant qu'il serait possible de fournir son disque dur comme preuve de bonne foi à la Haute Autorité. S'il n'y avait pas trace des fichiers contrefaits, alors l'internaute serait blanchi. L'idée était évidemment absurde, puisqu'il est très simple de substituer un disque dur par un autre, ou d'effacer les traces. Elle posait aussi son lot de problèmes pratiques et de respect de la vie privée. Cette proposition a été rapidement enterrée, mais le problème de la preuve de la bonne foi reste entier.

La Commission des affaires culturelles du Sénat s'est donc saisie de la question. La rapporteur Michel Thiollière propose par une série d'amendements du Sénat que les logiciels de sécurisation de l'accès à Internet soient d'abord agréés par l'Hadopi. Si l'internaute utilise un moyen non agréé, il n'est pas protégé par le cas d'exonération. Or l'un des critères d'obtention de l'agrément serait que puisse être établi une communication régulière entre l'internaute et l'éditeur du logiciel de sécurisation, pour savoir si le système est activé ou non. Les données d'activation ou de désactivation seraient alors conservées pendant 12 mois.

"Certaines licences d'utilisation de ces logiciels (de sécurisation) prévoient un dialogue à distance automatique et régulier entre le logiciel et le serveur de l'éditeur, pour vérifier l'état des mises à jour. Cela comprend l'envoi, par l'ordinateur de l'utilisateur, de données précisant son identifiant et son état de fonctionnement", écrit le rapporteur.

"Dans le cas présent, le serveur de l'éditeur du logiciel vérifierait, à chaque connexion, que les dernières mises à jour ont été installées. Les informations recueillies, conservées douze mois, attesteraient de l'activité du logiciel. Le titulaire de l'accès invoquant la cause d'exonération pourrait ainsi, dans l'hypothèse où l'HADOPI lui adresserait une demande de justificatifs, produire le fichier de " logs " qu'il aurait alors demandé à l'éditeur de son logiciel."

Si l'internaute refuse une mise à jour ou choisit de désactiver l'outil de surveillance, il devra d'abord suivre "une étape dans le processus de désactivation où il serait demandé à l'utilisateur de certifier qu'il a bien pris connaissance des risques encourus en cas de désactivation".

C'est alors un dilème du prisonnier pour le Parlement. Soit il refuse les amendements proposés par la Commission des affaires culturelles et il supprime toute possibilité de prouver sa bonne foi (ou de la contester), soit il les accepte et il institutionnalise la mise en place d'un spyware chez tous les citoyens français, ce qui serait sans doute contraire à la Constitution.

Reste une troisième voie possible : rejeter purement et simplement le projet de loi.

Publié par Guillaume Champeau, le 27 Octobre 2008 à 14h05
 
 
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Commentaires à propos de «Le Sénat veut installer un spyware sur tous les ordinateurs»
 

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Et dire que j'pensais que les UMPistes avaient déjà atteint le fond...et bien non, ces gars repoussent les limites de la connerie jusqu'à l'extrême... :eek:
Perso, cette proposition ne me fait pas rire du tout, mais alors pas du tout! En effet, dans le seul but de protéger les droits d'auteur, les UMPistes vont mettre le place le cadre légal permettant à l'Etat d'obliger les citoyens à installer un spyware sur leur PC.
Dans l'avenir, il faudra installer un spyware parce qu'on aura critiquer l'UMP, peut-être, ou plus probablement parce qu'on aura osé critiquer "notre président"... :rolleyes: Ils veulent nous pondre les bases d'un fichier Edvige numérique là!
Dès lors, autant dire que les dérives seront infinies.

Que les sénateurs de droite qui sont honnêtes, s'il y en a encore...?, se réveillent et qu'ils calment Thiollière car sinon ça va mal finir cette histoire.
josop, le 01/01/1970 - 01:00
Ce que je faisais en ligne je le ferai par courrier (déclaration d'impôts, demande de papelards en tout genre).
Je vois que ton centre d'imposition ne t'a pas fait le coup du "si vous déclarez vos revenus une fois en ligne, vous ne pouvez plus les déclarer par courrier les années suivantes" (sans doute à cause de la promo pour la 1ere déclaration en ligne).
Je na sais pas pourquoi s'ennerver, c'est la typique proposition du leche-q de service.
Bon imaginons au mieux que la loi passe.
bon janvier au mieux,
puis
qu"elle soit promulgué
puis qu'ils cherchent des dev pour leur spywre
puis qu'ils fassent les betas tests
puis qu'ils obligent l'install et qu'ils verifient leur binz, surtout sous windows.
En bref on aura eu le temps de réelire 2 fois Sarko président du Monde et nous de changer 10 fois de stratégie....
Quand on pense que les principaux arguments contre la "licence globale", c'était:
- Trop compliqué à mettre en oeuvre,

Et la, sans sourciller, ils nous sortent une usine à gaz indigeste, inextricable, dépassée, inutile, stupide, et portant atteinte à la liberté des internautes.

J'ai l'impression que nous ne vivons pas dans la même époque que ces gens la !
ikariya, le 01/01/1970 - 01:00
puis surtout je comprend pas comment un logiciel sur le pc va sécuriser une ligne wifi, qui, par définition se fait sans fil entre deux machines, là va falloir m'expliquer ...
Oh, il ne le fera pas. C'est juste la nouvelle version de "envoyez votre disque dur pour prouver que vous n'êtes pas coupable". C'est juste maintenant : "faites-vous espionner sur votre machine en permanence pour prouver que vous n'êtes pas coupable". D'une part ça ne prouve rien, d'autre part cela n'est pas compatible avec la présomption d'innocence, mais ce n'est pas nouveau qu'on essaie de la supprimer en France comme dans la plupart des pays qui la possèdent.

Un citoyen français n'a pas à prouver qu'il est innocent, c'est à l'accusation de prouver qu'il est coupable. Du moins pour l'instant, et à ce train, plus pour très longtemps...
Unlecteurdélocalisé, le 01/01/1970 - 01:00
Tiens ! Pas de messages de FCNA2005, Alphapronto75 ou Hiro, toujours là pour défendre les majors envers et contre tous. Ils vous paient bien pourtant afin de venir répandre leurs bonnes paroles sur les forums et défendre l'indéfendable, à part une insulte pitoyable et évoluée type «sale con» d'Hiro le berger pauvre de droite (non mais hahaha un pauvre de droite), je sens que ça va être leur seule intervention sur ce sujet. Allez Alpha ou FCNA, demandez à votre boss des arguments ou venez mettre celui d'Universal avec un lien vers un écrit pro-Hadopi pro-Sypware que vous balancez et obtenez toujours bizarrement aussi rapidement qu'un service de com.
Ils sont en train de demander, c'est pour ça qu'on les voit pas ;) Faut pas leur en vouloir, on n'est que lundi, leurs patrons sont encore en WE :rolleyes:

ManOnfire, le 01/01/1970 - 01:00
Le fait d'avoir été victime d'une intrusion frauduleuse d'un tiers, autre qu'une personne "placée sous l'autorité ou la surveillance du titulaire de l'accès". Concrètement, si l'accès WiFi est piraté par un voisin malgré la présence des outils de sécurisation, l'abonné ne sera pas sanctionné par l'Hadopi
Encore faut-il pouvoir le prouver, puisque très clairement ce texte de loi espère renverser la présomption d'innocence pour forcer l'usager à prouver sa bonne foi, et donc demander de prouver que la connexion a été piratée : on fait comment ? On ne fait pas...

kraftonZ, le 01/01/1970 - 01:00
j'en commande aussi pour mes systèmes d'exploitations suivants:
Next, Apple II, menuetOS, Beos, AmigaOS, FreeBSD et Solaris.

Au moins Hadopi aura le mérite de faire travailler les dévellopeurs français....
T'inquiètes pas ils feront faire à l'étranger. Faudrait pas que ça fasse du boulot en France ;)
Gorkk, le 01/01/1970 - 01:00
T'inquiètes pas ils feront faire à l'étranger. Faudrait pas que ça fasse du boulot en France ;)

:biggrinthumb:
4e solution : ils suppriment internet. Comme ça plus de soucis.

(et ils expliqueront ça a E. Besson et à Sarko concernant l'économie numérique française d'ici 2012)
Il faudrait que tous les internautes résilient leurs abonnements internet et ils verront un peu comment ça se passe dans la france d'en bas... :-p
Ils nous encouragent au piratages, je suis désolé, mais si tout n'était pas si cher... :eek:
Pour augmenter ils sont forts, mais pour nous trouver de vrais solutions, là ya plus personne... :non:
Je bosse comme un fou et j'ai pas droit au crédit habitat, pourtant je travaille dans une banque... :mur:
J'ai un salaire de misère et maintenant ils veulent nous enlever un outil de distraction, j'ai pas les moyens de sortir ou de partir en congés moi... :ouin:

REVOLTE...... :dehors: :colere:
Et tout cà pour préserver les intérêts que rapporte le Top30 musical ...!


Et moi qui pensais qu'il y avait plus important dans la vie.....! :Hein:
Un petit mai 68 çà ferait du bien.....
Pour ceux que cela intéresse :

Organigramme du Groupe Socialiste
http://www.senateurs...friend/13/1/47/

Avec possibilité d'envoyer un message !
Le totalitarisme est le système politique des régimes à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée, dans lequel l'État tend à confisquer la totalité des activités de la société. Concept forgé au XXe siècle, durant l'entre-deux-guerres, le totalitarisme signifie étymologiquement « système tendant à la totalité, à l'unité[1] ».

L'expression vient du fait qu'il ne s'agit pas seulement de contrôler l'activité des hommes, comme le ferait une dictature classique : un régime totalitaire tente de s'immiscer jusque dans la sphère intime de la pensée, en imposant à tous les citoyens l'adhésion à une idéologie obligatoire, hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis de la communauté.

Les caractéristiques habituellement retenues pour caractériser le totalitarisme sont : une idéologie imposée à tous, un parti unique contrôlant l'appareil d'État, dirigé idéalement par un chef charismatique, un appareil policier recourant à la terreur, une direction centrale de l'économie, un monopole des moyens de communication de masse et un monopole des forces armées[2].
et hop, j'installe l'outil de controle sur mon mini pc, ou sur une image virtuelle qui tourne en background sur mon pc.
-- Il faudrait que tous les internautes résilient leurs abonnements internet et ils verront un peu comment ça se passe dans la france d'en bas... --

Je suis partant !
Non mais sans déconner, vous les avez-vu les logiciels qu'ils veulent utiliser?
Les soi-disant "logiciels de contrôle parental" des FAI.
Ceux dont la moitié des internautes ne sait pas se servir.
Ceux que les enfants savent débloquer plus facilement que les adultes ne savent les mettre en place.
Ceux qui NE FONT AUCUNE DISTINCTION ENTRE TELECHARGEMENT LEGAL ET ILLEGAL: Autrement dit, ils bloquent les logiciels de P2P, et non tel ou tel fichier. Ce qui signifie que pour être totalement à l'abri de Hadopi, il faut se passer de P2P tout court.
Ceux qui s'installent sur l'ordinateur, et ne servent à rien en cas de Wifi piraté.
Ceux qui ne s'installent que sur certains systèmes d'exploitations.

Est-ce que au moins un sénateur a au moins utilisé un ordinateur au moins une fois dans sa vie? Désolé, mais le doute me ronge.
Ils devraient nous passer les menottes directement.On gagnerait du temps et de l'argent pour le contribuable (à part le prix des millions de menottes bien sur!).
:-)

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