Lorsque Michael Moore a annoncé son intention de diffuser gratuitement son dernier documentaire sur Internet, le réalisateur de Fahrenheit 9/11 semblait embrasser sans réserve l’idée que le film soit partagé par tout le monde sur les réseaux P2P. « Je ne suis pas d’accord avec les lois sur le droit d’auteur et je n’ai aucun problème avec les gens qui téléchargent mon film et le partagent avec les gens tant qu’ils n’essayent pas de faire du profit sur mon travail« , avait-il déclaré pour expliquer son initiative. Il assurait alors en son nom et au nom des producteurs de Slacker Uprising que « le seul bénéfice que nous espérons en retour est la plus large mobilisation historique des jeunes électeurs dans les urnes en novembre« . Mais puisque seuls les Américains votent, les autres n’ont pas le droit de voir le film gratuitement. Ou pas légalement.

Bien qu’ils aient eux-mêmes diffusé le film sur BitTorrent en utilisant le tracker de The Pirate Bay, les producteurs se sont rendus compte que le réseau P2P permettait aux internautes du monde entier de télécharger le film sans subir de filtrage par adresse IP. Westside Productions LLC a donc mandaté un cabinet d’avocats pour partir à la chasse aux torrents et tenter de retenir le torrent d’eau avec leurs mains. C’est déjà impossible dans des conditions normales, et plus encore lorsque les juristes ne comprennent rien à la technologie.

Alors qu’ils voulaient demander au site BTJunkie de retirer le .torrent qu’ils avaient référencé, les avocats ont envoyé une mise en demeure à la société easyDNS, leur prestataire de redirection d’adresse IP. La société a bien sûr répondu qu’elle n’était en rien responsable de la diffusion du .torrent, n’étant ni l’éditeur ni l’hébergeur du site, mais un simple intermédiaire technique entre l’internaute et l’hébergeur de BTJunkie. De plus, easyDNS a rappelé qu’étant basé au Canada, et BTJunkie en Suède, les avocats du producteur américain sont hors des juridictions compétentes.

Westside Productions LLC a retiré sa mise en demeure après avoir reçu les explications, et selon TorrentFreak, BTJunkie n’aurait toujours pas reçu de mise en demeure à l’heure actuelle.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés