Le collectif La Quadrature du Net invite ce lundi matin les députés de la majorité présidentielle à demander la démission du porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre, suite au communiqué qu’il a publié après le vote la semaine dernière au Parlement européen d’un amendement anti-riposte graduée. Dans le texte qu’il avait signé au nom du parti majoritaire, Frédéric Lefebvre écrivait que « l’UMP dénonce cette démarche suicidaire pour l’exception culturelle française et demande au Gouvernement d’inscrire en urgence le texte « internet et création« .

« La Quadrature du Net demande aux parlementaires de la majorité non soumis aux intérêts des lobbies de l’industrie culturelle d’intervenir auprès de leur parti et du gouvernement, pour qu’ils abandonnent leur projet liberticide mort-né, au lieu d’envisager de le passer en force comme le réclame Frédéric Lefebvre« , écrit le collectif dans un communiqué. « Elle les invite également à demander la démission de ce porte-parole, dont la démagogie n’a d’égal que son art consommé de la désinformation« .

Alors que le porte-parole de l’UMP avait dénoncé un « acharnement de la part du Parti Socialiste français contre les auteurs, compositeurs et plus généralement créateurs français« , la Quadrature rappelle que l’amendement a été voté par 88 % des eurodéputés, « y compris donc par les libéraux de la ALDE et les conservateurs du PPE, parti auquel est rattaché l’UMP « .

Le collectif dénonce également la volonté du porte-parole et du gouvernement de vouloir faire passer ceux qui s’opposent à la riposte graduée pour des opposants à la rémunération de la création. « Cela relève tout simplement de la démagogie« , dénonce le lobby citoyen qui s’est montré extrêmement actif à Bruxelles pour faire adopter l’amendement 138, « les opposants au projet de riposte graduée proposent tous des modèles économiques et/ou des mécanismes de financement mutualisé[3], qui permettraient une rémunération des créateurs à l’ère du numérique, sans porter atteinte aux droits fondamentaux des internautes« .

« À l’inverse, le projet de Christine Albanel, que Frédéric Lefebvre soutient aveuglément ne rapportera aucun centime de plus aux artistes, tout en portant atteinte aux libertés publiques« , dénoncent-ils.

Le collectif prévient, « la majorité UMP a le choix« . « Soit prendre acte du décès de la riposte graduée, soit emboîter le pas à Frédéric Lefebvre, au risque de passer, comme lors de l’examen de la loi DADVSI, pour la droite autoritaire la plus bête du monde sur les enjeux du numérique« .

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