Les artistes veulent bénéficier d'une rente à vie

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 10 Juillet 2008 à 20h03 - posté dans Musique Numérique

Herbie Flowers, un célèbre bassiste, s'offusque. "La durée de protection des droits des artistes interprètes n'est pas en phase avec leur durée de vie et il est grand temps que cela change", affirme le musicien. "J'ai joué sur certains titres qui ont eu beaucoup de succès, notamment Walk On the Wild Side de Lou Reed et Space Oddity de David Bowie, et il serait injuste que je ne reçoive plus de rémunération pour ces enregistrements après 50 années, au moment où j'en aurai sans doute le plus besoin". L'argument de la retraite, utilisé en Grande-Bretagne, se généralise.

Trois organisations internationales d'artistes-interprètes, l'AEPO-ARTIS, la FIA et la FIM, ont envoyé la semaine dernière au Président de la Commission Européenne José Manuel Barroso un courrier lui demandant de donner suite aux propos du commissaire Charles McCreevy, qui a déclaré le 14 février dernier son intention d'allonger la durée de protection des droits de propriété intellectuelle des artistes de 50 ans à 95 ans après l'enregistrement de leurs oeuvres.

"Beaucoup d'artistes qui ont commencé jeunes leur carrière voient leurs premiers enregistrements tomber dans le domaine public de leur vivant, perdant ainsi le contrôle et les bénéfices de leurs exploitations commerciales", expliquent les organisations. "L'annonce faite en février par Monsieur McCreevy était attendue depuis longtemps par la communauté des artistes interprètes, qui l'a alors chaleureusement accueillie. Cette annonce a suscité de grands espoirs auprès des intéressés. Cependant, les mois ont passé sans qu'une proposition formelle soit avancée. C'est pourquoi les artistes encouragent aujourd'hui la Commission à aller de l'avant".

Ce serait une très mauvaise idée.

L'urgence n'est pas d'allonger encore une fois les droits d'auteurs ou les droits voisins, tels que les droits des artistes-interprètes, mais au contraire de réduire la durée des droits exclusifs. Un chercheur britannique avait calculé l'an dernier que la durée optimale de protection des droits des auteurs et des compositeurs serait de 14 ans après la création de l'oeuvre. Au delà, l'oeuvre devrait tomber dans le domaine public. Il estimait que c'était là la durée la plus équilibrée pour répondre à l'objectif initial du droit d'auteur : accorder aux artistes un monopole temporaire d'exploitation pour qu'ils rentabilisent la création de leur oeuvre, et puissent ensuite en créer une nouvelle, au bénéfice du public. Sans cesse allongée depuis trois siècles, la durée de protection des droits d'auteur est aujourd'hui de 70 années après la mort de l'auteur. Les artistes-interprètes, quant à eux, bénéficient d'un monopole de 50 années après l'enregistrement de leur oeuvre. S'il faut aligner les deux durées de protection, ce serait aux droits d'auteur de s'aligner sur les droits voisins, et non l'inverse.

Au fil des années, la justification du monopole accordé aux artistes a été oubliée. Aujourd'hui, les artistes veulent que leurs oeuvres deviennent des rentes à vie, et un capital retraite. Ca n'est plus l'effort créatif au service du public qui est récompensé, mais la chance d'avoir eu des oeuvres à succès.

Verrait-un un maçon recevoir une rente pour chacune des maisons qu'il a construite et qui continuent à être louées ou revendues ? Verrait-on un chirurgien recevoir une part du salaire de chacune des personnes qu'il a sauvées dans sa vie ?

L'artiste qui a enregistré des chansons il y a cinquante ans et qui se retrouve à la retraite sans le sous est un père de famille négligeant qui n'a pas appris qu'il fallait mettre de l'argent de côté pendant sa carrière. Ce n'est pas au public de payer les frais de cette négligence.

Publié par Guillaume Champeau, le 10 Juillet 2008 à 20h03
 
 
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Commentaires à propos de «Les artistes veulent bénéficier d'une rente à vie»
 

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a seg69: "Quels sont donc ces métiers qui donnent une rente à vie ? "

députés, ministres, généraux... bref que les amis du peuple...
AvidaDollars, le 01/01/1970 - 01:00
La valeur d'une maison n'est pas arbitraire ? Tu crois que le prix d'une maison est fixé d'office par un organisme neutre selon un barème très scientifique ???
Même avec beaucoup de talent, aucun agent immobilier n'a jamais vendu un taudis miniature au prix d'un hôtel particulier rue de Rivoli... :-p

Il y a des critères objectifs: superficie, état général, proximité de commodités (ou de nuisances), beauté ou non de l'intérieur.

Pour la musique: j'ai entendu des "tubes" de qualité médiocre (voix minable, musique gnan-gnan et paroles bateau) qui se sont bien vendus. A l'inverse, des perles trouvées sur le net sont très peu voire pas connues du tout (souvent parce que pas en anglais) et n'ont pas dû rapporter beaucoup à leurs auteurs. Le matraquage publicitaire aidant, on nous impose des goût formatés, donc arbitraires.

Dès lors, la comparaison n'a pas lieu d'être. ;)

iopy, le 01/01/1970 - 01:00
moi j'ai une question, qu'est ce que ça peut vous foutre que les droits d'auteurs, voisins etc soient de 50 95 ou 250 ans?
Avantages:

- Rentrer dans le domaine public donc pouvoir y accéder sans craindre les foudres des majors;
- Faire jouer la concurrence (acheter sa compil' de vieux tubes là où elle est moins chère);
- Faire passer aux artistes le messages que vivre de son talent impose de le mettre en pratique, et pas qu'une seule fois. Au passage, on redonne ses galons au spectacle vivant.
- Donner l'accès à la culture à des gens qui ne peuvent pas payer les dernières nouveautés et veulent quand même écouter de la musique et voir des films.

quel pourcentage d'artistes touche quoi exactement et sur quelles oeuvres, vous vous êtes posés la question?

La plupart touchent peu, et prolonger leurs droits de 50 à 70 ans, quand il ont déjà du mal à se faire connaître au moment de la première édition, ne va pas les aider. Un titre inconnu à sa sortie, il rapporte quoi après 30 ans??? Bref, cela ne va bénéficier qu'à ceux ayant déjà bien gagné.

ça représente quoi par rapport à ce que vous refilez chaque mois joyeusement aux FAI et autre orange de mes deux
=>que dalle
C'esr pourquoi on est prêt à payer un prix juste, équitable et qui ne rapporte pas qu'aux "grands noms" de la musique et du cinéma.
Même si beaucoup rejettent la LGo maintenant par principe ("les majors ont dit merde donc on ne veut plus", attitude assez gamine, je trouve), combien refuseraient vraiment de payer un forfait pour accéder à un très large catalogue, sans contraintes et sans crainte d'un procès injuste? Très peu, sûrement. CQFD.

en plus, vous savez surement que les droits touchés par les héritiers sont soumis à des taxes de l'état en tout genre
Ils ne sont pas justifiés pour autant: gagner des millions sur une chanson de papa ou maman, est-ce vraiment juste puisque l'on ne contribue EN RIEN à cette oeuvre culturelle?

par contre baver sur tous ce qui vous parait être un privilège inadmissible, ca vous savez faire
Exact, et pas que sur le Net. Quand les clivates politiques ont disparu à l'Assemblée, pour que les députés s'autoattribuent des retraites confortables, j'ai aussi râlé et je l'ai fait savoir.

qui est là pour gueuler parce que le fiston va récupérer l'entreprise familiale
=> personne
Le fiston devra bosser sinon, ça ne lui rapportera rien. Tu ne t'en doutais pas? :wavey:

vous avez deja touché un héritage sans rien branler?
=>oui sans doute, ou vous le toucherez un jour, dans ce cas vous êtes des putains de privilégiés, c'est vraiment pas normal
C'est vrai: je vais hériter d'une maison très abimée où j'ai passé des semaines entières à rénover ce que je pouvais, sans toucher un centime pour ce boulot. Juste pour contribuer au patrimoine familial. Quelle privilégiée je fais!


faut vraiment être taré pour se demander si untel gagne pas par hasard quelque centimes de plus que untel, vous n'avez vraiment pas autre chose à branler??
Quand un "artiste" touche des millions et un autre presque rien en faisant le même boulot, on peut légitimement s'interroger sur le système...et ne viens pas me dire que Madonna a plus de talent que certains artistes que j'écoute, parce que c'est FAUX!
Perso ça me choque autant quand c'est un pdg d'une major que d'une autre boîte qui gagne des fortunes en plombant sa boîte hein.

De la même manière que je trouve choquant que presque partout on augment violemment les salaires des 5/10% de gens qui représentent presque 50% de la masse salariale en expliquant aux 90% qui restent qu'il n'y a pas de thune pour les augmenter....

Et là le problème n'est pas ce qu'ils gagnent mais COMMENT ils le gagnent....
bonsoir a tous
il y a deux façons de voir les choses
soit "l'artiste" à créé un tube et dans ce cas il a de quoi subvenir à ses vieux jours si bien sûr il cotise à une caisse de retraite, sauf bien sûr si il gaspille, soit il n'a pas pu en extraire de quoi faire la fête et autres et dans ce cas,il ne retirera rien de son "flop"
d'accord pour que leur rente soit indexée sur la retraite des cotisants au régime général.
Ou alors il demande à Mr DEBRE que les artistes bénéficient des mêmes conditions de retraite que les Députés,Sénateurs et autres Ministres, sans parler des employés de l'état
Il serait grand temps que les conditions de rémunérations des retraités soient les mêmes pour tout le monde
seg69, le 01/01/1970 - 01:00
Personnellement, je ne sais pas vraiment ce qu'est un artiste. Je n'ai moi-même aucun don musical mais je sais faire des choses que d'autres ne savent pas faire. Tous les gens ont un don, une passion, qu'ils exploitent ou pas. Mais j'avoue que j'ai du mal à comprendre cette notion extensive du droit d'auteur et des droits voisins.
Quels sont donc ces métiers qui donnent une rente à vie ?

Stradivarius était un artiste mais il ne touchait qu'une fois le prix de son violon.

Il y a une quantité de gens qui font réellement avancer le monde et je ne pense pas que les gratouilleurs de guitare et assimilés fassent partie du lot.

Je pense au contraire que ces rentes de situation stérilisent la musique. Pire, je pense que ce système assassine les musiciens.
Il est normal d'avoir une juste rémunération de son travail mais c'est sur la définition du mot "juste" qu'il y a désaccord.
A priori, un artiste talentueux vivra de son travail quelles qu'en soit les circonstances. Bach, Mozart, Beethoven, Vivaldi, Haydn, et tous les grands noms de la musique ont vécu dans un système dans lequel les droits d'auteurs tels qu'on les connaît actuellement n'existaient pas et pourtant quels génies et quelles oeuvres. Regardez donc ce qui se fait depuis 30 ans, depuis la marchandisation, l'industrialisation, la standardisation de la musique. Désolé, mais c'est pas vraiment brillant. Etre musicien, c'est une passion, une énergie, une façon de vivre, pas un statut.
Cet argent dans la musique, ces sommes colossales qui circulent, saignent plus sûrement la musique que le P2P, qui au minimum fait connaître les artistes et donne envie d'aller les voir sur scène, là où justement un artiste gagne sa vie.
Comme le dit si fortement un certain contradicteur, ce ne sont pas des fonctionnaires, ces méprisables fonctionnaires honnis qui font quand même en partie tourner la boutique, non c'est vrai, ce sont des artistes. Or justement la précarité, c'est "la vie d'artiste", c'est un choix personnel mais ce n'est pas une raison de nous le faire payer ad vitam eternam. J'ai du mal à juxtaposer le mot artiste et rentier.
Quant à la notion de culture, en la matière si on écoute ces braves gens, c'est un choix payant. Le pauvre lui est condamné au silence. Tout compte fait, ils en ont de la chance ces salauds de pauvres d'éviter la pollution sonore actuelle, on devrait les faire payer pour cela.
Image IPB Image IPB
C'est bô ! C'est utopique mais c'est vrai (je précise qu'il n'y a pas une seule pointe d'ironie dans mon message).

Sinon au passage, le talent de Mozart, c'est pas ça qui l'a empêché de crever comme une merde à 35 ans...
C'est pas ça non plus qui a empêché des gens super doués comme River Phoenix ou autres de crever super jeunes en OD ou en se plantant en caisse....

Enocore une fois, la plupart du temps, cela n'a AUCUN lien avec leur niveau de vie, mais plutôt avec une hygiène de vie déplorable et un comportement d'autodectruction violent. :)


(Et non, je ne suis pas du tout pour la disparition du droit d'auteur, juste pour qu'il soit reéquilibré pour arriver à un équilibre cohérent auteur/public... soit aux environs de 15/30 ans pour l'auteur, et surtout non-transmissible aux descendants... :( :().
Les Makhno et autres trolls m'ont toujours pas répondu : et pourquoi MOI j'ai pas le droit de toucher une rente à vie sur ce que j'ai créé de mes mains pour mon patron ? Et pourquoi j'ai pas le droit de faire hériter mes enfants de cette création et exiger qu'ils en touchent des bénéfices 70 ans après ma mort ? J'ai été payé une fois pour mon travail, basta.
Qu'on se le dise : les droits voisins, c'est déjà une jolie fleur faite à certains interprètes (tous n'y ont pas le droit comme ça a été rappellé judicieusement par bourgpat), faudrait voir à pas pousser mémé dans les orties : Il n'y a pas de raison qu'un mec puisse toucher à vie pour avoir gratouillé une ligne de basse. D'ailleurs il me parait déjà bien qu'il aie pas été payé à la prestation, comme ça se fait dans à peu près tous les autres domaines du monde, alors qu'ils n'essayent pas de me faire pleurer.
Que les auteurs et compositeurs, à la limite, touchent toute leur vie (et non pas 70 ans après leur mort : mes gamins héritent de mon fric, pas du fric que j'aurais été susceptible de gagner si j'avais vécu 70 ans de plus), passe encore. Mais les interprètes, qu'ils cessent donc de se plaindre comme s'ils devaient rejouer le morceau eux-même à chaque fois que quelqu'un l'écoute.
Et oui, tout simplement.
Les gens oublient ce que veut dire « vivre en Société ».
Chaque individu apporte et de son savoir, et de sa main d’½uvre à la Société. En contrepartie un salaire lui est accordé. Mais ça ne veut pas dire que ce qu’il peut avoir créé ou conçu va faire l’objet de droits rémunérateurs jusqu’à la fin de ses jours. S’il veut pouvoir accéder à une retraite bien mérité, c’est à lui de gérer ses biens et de cotiser durant les années fastes.

Quant aux artistes, ils ont un traitement de faveur, car la société conçoit que la créativité artistique ne se pond pas à la demande (même si les majors ont cette tendance). Sorti de là, ces femmes et hommes sont comme les autres citoyens : charge à eux de gérer leur vie en fonction de leurs revenus et de prévoir leur avenir.

Mais ce traitement de faveur est à l’image de ce qu’est devenue la copie privée : d’une exception quasi généralisée, il peut se réduire comme peau de chagrin !
@Prozac,
Quand on est pas d'accord on est un troll ? c'est pratique ca.

Et pour repondre a ta question c'est tres simple, quand tu signes ton contrat de travail, tu cedes les droits sur tes creations a ton employeur (discutable mais dans la pratique c'est comme ca, sinon les entreprises ne pourraient pas tourner).
Prozac, le 01/01/1970 - 01:00
Les Makhno et autres trolls m'ont toujours pas répondu : et pourquoi MOI j'ai pas le droit de toucher une rente à vie sur ce que j'ai créé de mes mains pour mon patron ? Et pourquoi j'ai pas le droit de faire hériter mes enfants de cette création et exiger qu'ils en touchent des bénéfices 70 ans après ma mort ? J'ai été payé une fois pour mon travail, basta.

Si tu est convaincu que c'est ton droit, alors, oui, tu devrais te battre pour.
@Kaji,
Et bien c'est très simple aussi, dans le modèle actuel les artistes sont en quelque sorte les employés qui fournissent un travail aux entreprises que sont les producteurs/distributeurs. Par soucis d'équité, ils n'ont donc qu'à faire comme Monsieur Tout-le-monde, céder les droits sur leurs création à leurs employeurs en signant leur contrat de travail.

Voilà, en appliquant ton raisonnement aux artistes, on en arrive à ne même plus avoir de droits tout court.

On en revient donc toujours à la même question : pourquoi devrait-il y avoir un régime de rétribution particulier pour les artistes ?
de toute façon on en revient forcément à une discussion très générale sur la politique dans le cadre de laquelle tout le monde a son opinion.

Ce qui émerge quand même est un fait simple et concret : les héritages et autres successions sont sûrement les mécanismes de notre société auxquels nous sommes attachés mais qui sont les plus inéquitables (on ne vit pas grâce à ce que l'on apporte à la société, mais grâce à ce que l'on a reçu arbitrairement à notre naissance).

A titre de rappel, sarkozy s'est empressé de baisser l'impôt sur l'héritage à son arrivée au pouvoir, ce qui est une mesure particulièrement illustrative de l'individualisme prôné par la droite.

Pour en revenir au sujet de notre discussion, je pense qu'il va falloir attendre un peu que les modes de distribution de la musique évoluent pour voir des choses constructives se mettre en place.

Pour l'instant, certains artistes ont l'impression que les pertes des maisons de disque sont synonymes de pertes pour eux, ce qui n'est pas le cas, mais la transition vers le nouveau mode de distribution va être douloureuse pour eux.

En même temps, toute transformation d'un mode de production dans une économie capitaliste et libéral est douloureuse pour ceux qui contribuent à la production/création (ouvriers, paysans, ...)

Peut-être que cela va leur donner un aperçu de ce que la majorité des gens vivent aujourd'hui?
« En application de l'article L.212-3 du Code de la Propriété Intellectuelle et de la Directive Européenne 92/100 du 19 novembre 1992, l'autorisation écrite préalable des artistes-interprètes de la musique est nécessaire à la fixation de leur interprétation (enregistrement), la reproduction de cette fixation, sa location, sa distribution et sa communication au public. »

« Les artistes-interprètes jouissent d'un droit moral, comme le droit d'auteur, portant sur l'intégrité et le respect d'un droit au nom, imprescriptible et perpétuel, et, patrimonial sur les oeuvres. L'article L. 212-3 du Code de la propriété intellectuelle pose un principe d'exclusivité (droit de fixation, de reproduction et de communication au public), pour ces artistes, leur permettant d'autoriser ou d'interdire tous les actes de reproduction sur leurs oeuvres. »

@ Bourgpat.
Je suis bien placé pour savoir que les accompagnateurs cèdent l'ensemble de leurs droits à l'enregistrement et que seul l'interprète principal à le pouvoir de négocier son Droit Exclusif auprès du producteur. La loi lui donne le pouvoir d'autoriser ou d'interdire l'utilisation de ses enregistrement donc y compris par un parti politique. Je réponds à ceux qui estiment anormal qu'un tel dispositif existe et qui le considèrent comme un privilège exorbitant. J'ai bien cité Chapi qui conseille de s'adresser à l'industrie dans ma réponse et j'explique le pourquoi et le comment : ce droit est la garantie d'exiger rémunération, négociée avec le producteur qui s'il passait outre serait passible de correctionnelle pour contrefaçon. Certains ne se rendent pas compte que le remettre en question c'est consentir à ce que les créateurs puissent être pillés par quiconque sans le pouvoir de s'y opposer.

Tu évoques l'extension des droits voisins pour le producteur mais n'est-ce pas à l'auteur de l'article, s'il souhaite informer correctement ses lecteurs, de les en entretenir plutôt que d'essayer de faire gober une thèse inique et mensongère ? Ceci dit, je suis d'accord avec toi pour penser que les majors sont intéressées à garder l'exclusivité sur les enregistrements qu'elles détiennent mais il n'en est pas moins vrai qu'à l'extinction des droits voisins elles ont sur l'interprète l'avantage et le pouvoir financier de rééditer son oeuvre sans son autorisation c.-à-d. sans le payer. Il serait le grand perdant. Pour ma part il ne me paraît pas illégitime qu'il reste titulaire de ses droits tant qu'il est en vie, ses enregistrements tombant dans le domaine public à sa mort.

Étendre les droits voisins de 50 à 95 ans comme aux USA n'a pas les mêmes conséquences pour l'interprète que pour la maison de disque. C'est une possibilité qui est discutée au niveau européen avec ses avantages et ses inconvénients. Aussi pense-t-on à des gardes fous et non à un alignement sticto sensu sur le modèle étazunien (ou brésilien, mexicain, etc.). Par exemple les droits de l'interprète ne seraient pas transmissibles en héritage. Côté production deux inconvénients à une extension des droits : la dispersion des ayant droit - le temps passant ils sont de plus en plus difficile à retrouver ou à réunir pour obtenir les autorisations en vue d'une réédition -, et la rétention des enregistrements : le(s) propriétaire(s) légitime(s) ne les exploite(nt) pas et ils ne sont plus accessibles au public. Pour pallier on instaurerait une règle du "take it or leave it" : la durée légale des droit voisins serait étendue mais si au bout de cinq ans les enregistrements restent inexploités l'oeuvre tombe dans le domaine public. On veillerait aussi à ce que les accompagnateurs ne soient plus exclus du fruit des exploitations secondaires.

Autres inconvénients (et non des moindres) à prendre en compte : l'introduction d'un déséquilibre entre le droit d'auteur et les droits voisins de même que le danger d'appauvrissement du domaine public. Je n'entre pas dans le détail, c'est très bien fait sur ce site juridique :

http://www.net-iris....roit-auteur.php

Pas si simple...

@ Guillaume Champeau.
Personne ne trouvera «
une certaine conception du DROIT D'AUTEUR » dans ton billet qui fait à peine allusion au DROIT D'INTERPRÉTATION et uniquement dans le but d'attiser le ressentiment contre les artistes en les présentant comme des parasites à qui il suffirait d'avoir enregistré un album pour bénéficier quoiqu'il arrive d'un revenu garanti tout au long de leur existence. Confusionnisme, mélange, amalgame, mensonge patent, tu t'en donnes à coeur joie, et dans ton texte, et dans tes commentaires. Ton article est une insulte et tu es l'offenseur. Nous n'avons pas un différent sur «
une certaine conception du droit d'auteur » mais sur une certaine conception éditoriale de Numerama que bien sûr tu as parfaitement le droit de transformer en webzine de caniveau si ça te chante. Cependant si tu y parviens tu ne pourras pas arguer que tu oeuvres en faveur d'un système de Licence Globale puisqu'il suffira de produire quelques uns de tes articles pour ridiculiser les partisans de ce mode de rétribution et ruiner tout leur crédit.
Je vais écrire moi aussi à M. BAROSO, je vais lui demander qu'il prenne en considération le maintien de la valeur de ma retraire en faisant valoir que ma contribution à l'enrichissement de l'Europe Industrielle perdure toujours compte tenu des bénéfices engendrés grâce à ma "créativité" au sein de mon entreprise permettant de nouveaux investissements et donc l'enrichissement de la communauté.

Et que, compte tenu de la mondialisation actuelle, cette "créativité" nécessite d'être soutenue.

On peut aller très loin comme ça, non ?
de toute façon c'est un débat stupide, vous êtes en train de vous battre pour que quelques très rare pseudo artiste ultra-commerciaux et privilégiés touchent encore plus longtemps. Parcqu'il ne faut pas se leurrer ce type de mesure ne concerne qu'eux, exclusivement...les autres ne touchent rien avant, ils ne toucherons toujours riens après 50, 95, ou même 3 000 ans (plus le temps passe et plus ils toucherons du rien de rien) alors très franchement que les sousous passent dans la poche de jaunie ou de sa majors....je crois que j'en ai un peu rien a faire...c'est du pareil au même
C'est exactement le contraire Galactica. Johnny a un potentiel de vente, de l'argent pour payer des avocats, il s'en sortirait toujours, dans tous les cas de figure. À preuve il a récupéré ses enregistrements chez Universal et il négocie sa redevance sur les ventes à quasi égalité avec la part du producteur. Ce sont les autres, ceux qui n'ont pas les mêmes moyens, qui bénéficient de cette protection des droits d'interprétation. La loi est égale pour tous et je ne vois pas un producteur risquer 300 000 Euros d'amende, trois ans de prison et des dommages et intérêts pour se mettre 8 % de plus dans la poche. C'est la société de gestion des droits exclusif (SPEDIDAM) qui prend en charge les poursuites si nécessaire mais le plus souvent ça ne va pas jusque là car c'est perdu d'avance pour l'indélicat.
On est en droit de s’interroger de la récupération de son catalogue et son engagement avec les 52 artistes, ne serait-ce pas là sa récompense ?
et bin la voila la nouvelle !

Bruxelles bouleverse la gestion des droits d'auteur:

http://www.20minutes...ts-d-auteur.php
@ tomy13
La récupération date d'un certain temps, quand il a gagné son procès contre Universal. Pour son engagement, à mon avis, il suffit de lui demander. Johnny est sympa - en plus c'est vrai - et il ne se pose pas trop de questions, cf. son soutien bien arrosé et inconditionnel à Sarko au sortir du Fouquet's le soir des élections présidentielles. Non, d'après ce que je m'en souvienne, la récupération de ses enregistrements, ça été très très dur, et surprenant car c'était plutôt Universal qui était en position de force là dessus.
@ tomy13
Rectification. Johnny n'a pas récupéré ses enregistrements. C'était un premier procès, il y a eu appel par Universal puis cassation et il a perdu. Depuis il s'est rabiboché avec la major.

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