Quand la Sacem regrette son rejet de la licence globale...
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 08 Juillet 2008 à 13h27 -
posté dans Société 2.0
Avec elle, l'espoir de rémunérer la musique sur Internet. Le principe de la licence globale n'était pas la légalisation d'une pratique illégale, pour dédouaner de toute responsabilité les "pirates". Il s'agissait d'un compromis social : laissez-nous télécharger et partager librement vos oeuvres, et nous payerons tous les mois une somme fixe à nos FAI, qu'ils auront pour obligation de vous reverser. A vous, ensuite, de redistribuer cet argent entre tous les auteurs, compositeurs, interprètes et éditeurs qui le méritent, sur la base par exemple du nombre de téléchargements qu'ils ont obtenu. Certes, l'idée n'est pas parfaite. Mais elle semblait alors être la moins mauvaise des solutions, et elle avait l'énorme avantage de pouvoir être acceptée par les internautes qui étaient alors condamnés par les tribunaux à de lourdes amendes. Aujourd'hui, beaucoup d'internautes ont refermé la porte. Ils ne veulent plus entendre parler de la licence globale. La main qu'ils avaient tendue, ils la retirent. Et la Sacem commence seulement à réaliser qu'elle a fait en 2005 ce qui risque d'être la plus grosse erreur stratégique de toute son existence. On sait qu'elle prépare déjà un plan B à l'échec annoncé du projet de loi Hadopi, rebaptisée "Loi création et internet". Dans un plaidoyé pour le projet de loi publié par La Tribune (et reproduite par Electron Libre), le président du conseil d'administration de la Sacem, Laurent Petitgirard, salue un texte qui serait "un compromis entre toutes les parties présentes" aux accords de l'Elysée. Il oublie que la seule partie avec laquelle il fallait trouver un compris, les consommateurs, étaient absents. Et il redoute, à son tour, que le projet de loi soigneusement préparé dans les arcanes du ministère de la culture, qui très clairement ne comprend rien à ce qu'il propose, ne soit "sensiblement altéré à l'issue du processus législatif". Faisant montre d'une mémoire courte, Laurent Petitgirard feint d'ignorer que la Sacem a refusé le paiement d'une taxe par les FAI au titre de la licence globale, et il s'indigne de l'absence d'une telle taxe. "Alors même que les échanges de musique sont largement à l'origine de l'explosion des abonnements, ces derniers n'auraient-ils pas dû depuis le début contribuer à la rémunération des auteurs ?", demande-t-il. Il craint désormais que la taxe imposée aux FAI pour financer la télévision publique ne laisse plus aucune marge de manoeuvre à la filière musicale lorsqu'elle voudra à son tour ponctionner les opérateurs. "Dans ce contexte, ajoute en effet M. Petitgirard, la proposition d'une taxation à 0,9 % des fournisseurs d'accès à Internet au bénéfice de la télévision publique ne peut qu'inquiéter les auteurs, qui risquent de voir s'évanouir une source de rémunération dont ils devraient déjà bénéficier directement depuis longtemps". Ne fallait-il pas y penser avant ? Le président de la Sacem va jusqu'à critiquer le manque d'ambition de la loi Création et Internet, qui serait selon lui "le service minimum, et bien tardif, pour tenter de freiner sans la compenser, hélas, la baisse considérable des revenus [des auteurs]". La loi Création et Internet "constitue pour les auteurs et leurs éditeurs une espérance après près de dix ans d'inaction", conclue M. Petitgirard. Ca fera plaisir à M. Donnedieu de Vabres d'apprendre que suivre les instructions de la Sacem en 2005 et 2006 était de l'inaction... C'est une réalité, mais c'est amusant à lire. Ca le serait, en tout cas, si la Sacem n'était pas le premier responsable de cette inaction. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Quand la Sacem regrette son rejet de la licence globale...»
'killerz', le 01/01/1970 - 01:00 christo... : ils ne sont pas des pirates du moment qu'ils ne cassent pas d'éventuels systéme de protection. La copie privée est invoquable du moment que la source de la copie est légale, ce qui est le cas des médiathèques. Ou plutôt, ce qui devrait être le cas dans les médiathèques. En effet, contrairement aux supports vidéos, les disques achetés en médiathèque n'ont aucune surtaxe comme compenser le prêt de l'oeuvre. Ce qui les place dans une situation d'illégalité tolérée, et ce depuis très longtemps. Je suis toujours étonné de voir que les médiathèques sont dans une situation juridique assez ubuesque au regard du combat qui est mené contre les citoyens/internautes. Et il n'y a qu'à franchir les portes de n'importe quelle médiathèque en France pour constater que ce système de copie est largement adoptée par les usagers. Si M. Petitgirard peut nous apporter quelques précisions au sujet de la situation juridique des médiathèques quant au prêt de disques, je lui en serai reconnaissant. Cher Christo je sais que c'est un problème délicat dont les réponses sont souvent en demi-teinte... Sincèrement je ne suis pas capable de vous répondre sans me renseigner plus avant. Amitiés. LP 'AvidaDollars', le 01/01/1970 - 01:00 Tiens , ça vous étonne ? Qu'est ce que le pompage massif sur p2p représente sinon l'expression ultime de la société de consommation de masse dans toute sa splendeur ? On n'écoute pas. On pompe massivement , frénétiquement pour zapper tout aussi vite. Ecouter implique de prêter attention, ce qui veut dire de faire des choix. Le choix de faire une chose pleinement au lieu de faire 6000 choses superficielement. Mais bon, apparement posséder 10000000 mp3 et Divx sur son hd est vital... Ecouter moins, mais écouter mieux. La raison n'est pas de ce que je peux écouter chez moi, mais de ce que j'entends sans rien demander: ce brouhaha, cette cacophonie sans nom. C'est arrivé à un tel point, que même ce que j'aime je ne l'écoute plus, histoire de reposer mes oreilles. Quelle société va nous vendre un casque qui nous fera entendre le silence ? L'industrie à fait de la musique, le torche-cul de tous les médias. Que celle-ci se télécharge ou non est un autre problème. Moi perso je boycott les téléchargements et les achats de disques. Je suis seulement abonné aux inrokcs, et avec ça j' ai un cd par mois. Cela me conviens parfaitement.
'AvidaDollars', le 01/01/1970 - 01:00 'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00 'Plunk', le 01/01/1970 - 01:00 'jestheonlyone', le 01/01/1970 - 01:00 Bref, je consomme beaucoup plus de musique, mais pour un temps beaucoup plus court qu'autrefois. Il me semblerait donc normal de payer beaucoup moins cher par album écouté. (De toutes façons, je ne peux pas faire autrement: je n'ai pas les moyens...) Ca me le fait aussi, la diminution de "durée de vie" de mes CDs ; et le pire, c'est que je trouve ça un peu dommage, je savoure moins. J'en avais déjà causé ici et cette sensation me semble dû au fait que la musique est désormais partout jusqu'à en devenir envahissante. Peut être que la qualité aussi est en cause, mais pour moi, le grand mal de la musique aujourd'hui, c'est de l'avoir tellement banalisée qu'elle en a perdu sa valeur. Un téléphone mobile va nous jouer le refrain du dernier tube, la pub aussi, les jouets pour les gosses, etc. Multipliez ça par le nombre de sources qui diffusent de la musique (TV, Radios, internet, baladeurs, transports en commun, téléphones, films, magasins, partout quoi) et il est facile de comprendre que non seulement nos oreilles arrivent à saturation, mais qu'en plus cette banalisation (exploitation) de la musique nous fait perdre tout intérêt à l'écouter. Bah c'est p'ête l'âge aussi... Tiens , ça vous étonne ? Qu'est ce que le pompage massif sur p2p représente sinon l'expression ultime de la société de consommation de masse dans toute sa splendeur ? On n'écoute pas. On pompe massivement , frénétiquement pour zapper tout aussi vite. Ecouter implique de prêter attention, ce qui veut dire de faire des choix. Le choix de faire une chose pleinement au lieu de faire 6000 choses superficielement. Mais bon, apparement posséder 10000000 mp3 et Divx sur son hd est vital... Ecouter moins, mais écouter mieux. J'écoute toujours. Attentivement. Et je choisi ce que j'écoute. Je suis toujours étonné de voir que les médiathèques sont dans une situation juridique assez ubuesque au regard du combat qui est mené contre les citoyens/internautes.
Pas du tout. Les médiathèques ne sont pas des marchands de CD's, ce sont des organismes d'Etat, publics, qui doivent donc remplir leur mission d'accès à la culture. C'est comme l'école. Tu peux distribuer autant de photocopies de pages d'un livre soumis au droit d'auteur que tu veux sans rien débourser, tant que c'est dans un cadre scolaire, dans le but d'apprendre. Un prof de musique peut te jouer tous les morceaux qu'il veut sans payer de droits d'auteur, parce que c'est à l'école. Jailbreak : j'aimerai bien que tu me cites tes sources (CPI, DADVSI ou autre), vu que c'est un "problème" qui agite la profession depuis longtemps. De plus, mettre sur le même plan un prof qui joue un morceau de musique, et une médiathèque qui prête des cd afin que ses usagers les copient me semble déplacé.
Et quand bien même tu aurais raison, j'aimerai que tu m'expliques pourquoi nous payons des droits de prêt pour les cd rom et les dvd (moyenne du prix d'un dvd à l'adav : entre 50 et 100 euros, alors qu'on le trouve dans le commerce pour 5 euros). 'killerz', le 01/01/1970 - 01:00 Et quand bien même tu aurais raison, j'aimerai que tu m'expliques pourquoi nous payons des droits de prêt pour les cd rom et les dvd (moyenne du prix d'un dvd à l'adav : entre 50 et 100 eurosC'est un genre de license globale, non? Allez ! Un petit concours de quotes !!
'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00 'Plunk', le 01/01/1970 - 01:00 'jestheonlyone', le 01/01/1970 - 01:00 Bref, je consomme beaucoup plus de musique, mais pour un temps beaucoup plus court qu'autrefois. Il me semblerait donc normal de payer beaucoup moins cher par album écouté. (De toutes façons, je ne peux pas faire autrement: je n'ai pas les moyens...) Ca me le fait aussi, la diminution de "durée de vie" de mes CDs ; et le pire, c'est que je trouve ça un peu dommage, je savoure moins. J'en avais déjà causé ici et cette sensation me semble dû au fait que la musique est désormais partout jusqu'à en devenir envahissante. Peut être que la qualité aussi est en cause, mais pour moi, le grand mal de la musique aujourd'hui, c'est de l'avoir tellement banalisée qu'elle en a perdu sa valeur. Un téléphone mobile va nous jouer le refrain du dernier tube, la pub aussi, les jouets pour les gosses, etc. Multipliez ça par le nombre de sources qui diffusent de la musique (TV, Radios, internet, baladeurs, transports en commun, téléphones, films, magasins, partout quoi) et il est facile de comprendre que non seulement nos oreilles arrivent à saturation, mais qu'en plus cette banalisation (exploitation) de la musique nous fait perdre tout intérêt à l'écouter. Bah c'est p'ête l'âge aussi... 'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00 'AvidaDollars', le 01/01/1970 - 01:00 Tiens , ça vous étonne ? Qu'est ce que le pompage massif sur p2p représente sinon l'expression ultime de la société de consommation de masse dans toute sa splendeur ? On n'écoute pas. On pompe massivement , frénétiquement pour zapper tout aussi vite. Ecouter implique de prêter attention, ce qui veut dire de faire des choix. Le choix de faire une chose pleinement au lieu de faire 6000 choses superficielement. Mais bon, apparement posséder 10000000 mp3 et Divx sur son hd est vital... Ecouter moins, mais écouter mieux. La raison n'est pas de ce que je peux écouter chez moi, mais de ce que j'entends sans rien demander: ce brouhaha, cette cacophonie sans nom. C'est arrivé à un tel point, que même ce que j'aime je ne l'écoute plus, histoire de reposer mes oreilles. Quelle société va nous vendre un casque qui nous fera entendre le silence ? L'industrie à fait de la musique, le torche-cul de tous les médias. Que celle-ci se télécharge ou non est un autre problème. 'Neuro', le 01/01/1970 - 01:00 Moi perso je boycott les téléchargements et les achats de disques. Je suis seulement abonné aux inrokcs, et avec ça j' ai un cd par mois. Cela me conviens parfaitement. Je laisserais jamais personne choisir ce que j'écoute, et surtout pas les Inrocks !! Et une précision : " Les médiathèques ne sont pas des marchands de CD's, ce sont des organismes d'Etat, publics, qui doivent donc remplir leur mission d'accès à la culture. C'est comme l'école. Tu peux distribuer autant de photocopies de pages d'un livre soumis au droit d'auteur que tu veux sans rien débourser, tant que c'est dans un cadre scolaire, dans le but d'apprendre. Un prof de musique peut te jouer tous les morceaux qu'il veut sans payer de droits d'auteur, parce que c'est à l'école... "
J'adore Jailbreak qui redessine par ce simple commentaire dans une absolue logique, le chantier qui est aujourd'hui ouvert. C'est le genre de truc à ne jamais oublier. "Quand la Sacem regrette son rejet de la licence globale..."
Comme on dit "Après l'heure c'est plus l'heure" c'est un peu facile de changer d'avis une fois qu'on s'est pris le mur annoncé en pleine tête, juste pour sauver ses prérogatives. "mieux vaut réfléchir avant d'agir" , ça c'est un concept que la sacem pourrait encadrer dans ses bureaux 'Laurent, le 01/01/1970 - 01:00 Cher Christo je sais que c'est un problème délicat dont les réponses sont souvent en demi-teinte... Sincèrement je ne suis pas capable de vous répondre sans me renseigner plus avant. Donc oui c'est légal, comme il est légal d'enregistrer une radio, fut elle une web radio comme deezer. Situation Ubuesque que de se demander si on n'est pas dans l'illégalité si: -On lit un CD protégé avec des DRM sous linux(et qu'on est donc bien obligé de contourner ces DRM) -On emprunte un CD à la médiathèque. -On achète des DVD à la FNAC (qu'est ce qui prouve que ces DVD ne sont pas piratés? Et dans ce cas on est receleur) etc... Ubuesque et très mauvais pour le commerce.
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Il me semblerait donc normal de payer beaucoup moins cher par album écouté. (De toutes façons, je ne peux pas faire autrement: je n'ai pas les moyens...)
Ca me le fait aussi, la diminution de "durée de vie" de mes CDs ; et le pire, c'est que je trouve ça un peu dommage, je savoure moins.
J'en avais déjà causé ici et cette sensation me semble dû au fait que la musique est désormais partout jusqu'à en devenir envahissante.
Peut être que la qualité aussi est en cause, mais pour moi, le grand mal de la musique aujourd'hui, c'est de l'avoir tellement banalisée qu'elle en a perdu sa valeur. Un téléphone mobile va nous jouer le refrain du dernier tube, la pub aussi, les jouets pour les gosses, etc. Multipliez ça par le nombre de sources qui diffusent de la musique (TV, Radios, internet, baladeurs, transports en commun, téléphones, films, magasins, partout quoi) et il est facile de comprendre que non seulement nos oreilles arrivent à saturation, mais qu'en plus cette banalisation (exploitation) de la musique nous fait perdre tout intérêt à l'écouter.
Bah c'est p'ête l'âge aussi...
Tiens , ça vous étonne ? Qu'est ce que le pompage massif sur p2p représente sinon l'expression ultime de la société de consommation de masse dans toute sa splendeur ?
On n'écoute pas. On pompe massivement , frénétiquement pour zapper tout aussi vite.
Ecouter implique de prêter attention, ce qui veut dire de faire des choix. Le choix de faire une chose pleinement au lieu de faire 6000 choses superficielement.
Mais bon, apparement posséder 10000000 mp3 et Divx sur son hd est vital...
Ecouter moins, mais écouter mieux.