Tous les mardis, Facebook proposera à ses employés de simuler l'utilisation d'une connexion 2G pour comprendre ce que beaucoup d'utilisateurs vivent en conditions réelles avec les applications développées par le groupe.

Facebook est une entreprise américaine bercée aux réseaux télécoms performants de la Silicon Valley. Mais c’est surtout devenu une multinationale dont les réseaux sociaux sont utilisés chaque jour ( !) par plus d’un milliard d’êtres humains partout dans le monde. Or elle doit s’adapter à des populations qui utilisent ses services principalement sur mobiles, avec des vitesses de connexion qui sont souvent très éloignées de la 4G que l’on trouve dans les grandes villes européennes ou américaines.

Or Facebook ne peut évidemment pas offrir les mêmes fonctionnalités et les mêmes contenus (en particulier photos et vidéos) sur un smartphone dernier cri connecté en 4G et sur un téléphone plus bas de gamme, doté de moins de mémoire, d’un processeur plus lent et bridé par une connexion à internet limité à la fois par le volume autorisé et par le débit proposé.

Il faut que les ingénieurs et l’ensemble des équipes de Facebook s’imprègnent de l’expérience-utilisateur de leurs clients. C’est donc avec une forme de « eat your own dog food » revisité que Facebook a décidé de mettre en place dans toute l’entreprise un 2G Tuesday.

Télécharger 40 Ko/s plutôt que 1 Go/s

Tous les mardis, les employés du réseau social seront accueillis au bureau par une pop-up qui leur proposera de brider leur connexion comme s’ils utilisaient une connexion 2G. La vraie 2G (non EDGE) est limitée à 50 kbit/s en théorie, et environ 40 kbit/s en conditions réelles, alors que la 3G démarre à 200 kbit/s (et peut monter dans ses dernières révisions à plus de 40 Mbits/s théoriques). La 4G, elle, doit offrir au moins 100 Mbps en mobilité et plus de 1 Gbps en fixe. On voit donc que l’écart est colossal entre les connexions les plus modernes développées par les opérateurs télécoms et les réseaux réellement utilisés par la plupart des utilisateurs — y compris en France où les réseaux 3G sont loin d’être aussi disponibles que les cartes des opérateurs le prétendent, particulièrement en campagne.

« Nous espérons que ça va nous aider à comprendre comment les gens avec une connectivité 2G utilisent notre produit, pour que nous puissions répondre aux problèmes et aux points pénibles dans de prochaines builds », explique Chris Marra, directeur produit d’Instagram.

L’activation de la 2G est pour le moment optionnelle, mais le « 2G Tuesday » pourrait devenir obligatoire chez Facebook si les employés ne jouent pas le jeu.

Partager sur les réseaux sociaux