Pendant la conférence de résultats du troisième trimestre qui s’est déroulée ce mercredi 21 octobre 2026, Tesla a dit vouloir en vendre. Jusqu’ici, on ne pouvait que réserver une course en Cybercab dans les rues d’Austin, au Texas. À en croire Lars Moravy, vice-président de l’ingénierie, d’autres personnes pourront expérimenter la voiture sans volant ni pédales puisque Tesla va essayer « de livrer des Cybercab à des clients d’ici la fin de cette année 2026 ». Tesla se donne donc un peu plus de deux mois.
Sauf que dans le même temps, Elon Musk a annoncé que la conduite sans supervision ne sera pas proposée aux clients avant le deuxième trimestre 2027.
Des Tesla Cybercab privés mais pas particuliers
Pour mémoire, Tesla produit le Cybercab au Texas depuis février. Le service a démarré à Austin le 3 septembre avec 45 exemplaires, depuis multipliée par dix selon Elon Musk. Dans son compte-rendu, le constructeur annonce être prêt pour une capacité de plus de 125 000 Cybercab par an, qui doivent tous rejoindre la flotte de la marque.

À la question de la commercialisation du Cybercab, Elon Musk a nuancé l’annonce d’emblée : « La grande majorité des Cybercab appartiendra à Tesla et sera proposée comme un service de transport. » Selon lui, les voitures qu’on achète pour soi restent les Model 3, Model Y et le Roadster. Les « clients » dont parle Tesla devraient donc surtout être des gestionnaires de flottes. En septembre, la marque avait d’ailleurs publié un formulaire pour les acheteurs de robotaxis intéressés, sans dire si elle y donnerait suite.
Le FSD non supervisé sauf pour les propriétaires Tesla
Aujourd’hui, les propriétaires de Tesla ont seulement accès au FSD Supervisé, appelé dorénavant « Tesla Conduite Assistée » en Europe. Cette aide à la conduite exige que le conducteur soit prêt à reprendre la main à tout moment. Or le Cybercab n’a ni volant ni pédales. On pourrait donc en conclure qu’un Cybercab livré fin 2026 resterait inutilisable pendant environ six mois, car personne ne pourrait le conduire, tandis que le logiciel qui lui permet de rouler seul ne serait pas encore disponible.

Ashok Elluswamy, responsable de l’IA chez Tesla, a précisé pendant la conférence que les Cybercab et les Model Y robotaxis utilisent le même logiciel, que la marque compte proposer à ses clients avec la version 15 du FSD.
Si les deux calendriers tiennent, des gestionnaires de flottes pourraient donc profiter de la « vraie » conduite autonome avant les propriétaires de Tesla, à qui la marque promet cette fonctionnalité depuis des années. Le FSD non supervisé reste en fait limité à des zones délimitées. Le responsable de l’IA de Tesla a expliqué que les voitures des clients devront entrer dans ces périmètres et dans le système de gestion de flotte de Tesla pour rouler en totale autonomie.
La NHTSA attend toujours des réponses
Par ailleurs, l’agence fédérale chargée de la sécurité routière (NHTSA) a ouvert une enquête sur le Cybercab début septembre, quelques heures après le lancement du service à Austin.
Le régulateur lui a demandé des preuves sous serment, et la marque a jusqu’au 30 octobre pour répondre. En juin, la NHTSA a bien proposé d’assouplir ces règles pour les véhicules autonomes, mais tant que la réforme n’est pas terminée, les normes actuelles s’appliquent. Au Texas, Tesla a profité d’une nouvelle loi de l’État pour certifier lui-même son service au niveau 4, où la voiture roule sans conducteur dans une zone définie.

Tesla a déjà raté beaucoup de ses échéances. En avril 2019, lors de son « Autonomy Day », Elon Musk annonçait plus d’un million de robotaxis sur les routes dès 2020. Cette fois, Ashok Elluswamy assure que produire en grand nombre « ne serait pas un si grand défi ». Selon lui, tout dépend surtout des autorisations réglementaires. Enfin, il a aussi annoncé que le service Cybercab arriverait à Dallas en novembre.
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