Tesla a présenté ses résultats du troisième trimestre 2026 ce mercredi 21 octobre, et le Roadster, dévoilé six jours plus tôt, n’y a presque pas eu de place. Dans le document remis aux investisseurs, l’usine qui doit le produire est notée « à déterminer ».

Tesla a tenu ce mercredi 21 octobre sa conférence sur les résultats du troisième trimestre 2026. Elon Musk y a surtout parlé du FSD, du Cybercab et d’Optimus. Le Roadster, présenté le 15 octobre au Texas avec une démonstration où la voiture décollait du sol, n’a eu droit qu’à une phrase d’Elon Musk en ouverture, qui y a vu « sans doute la démonstration la plus cool de tous les temps » pour un produit.

Aucun investisseur n’a posé de question sur cette voiture. Un silence en dit long : chez les actionnaires de Tesla, plus personne ne semblerait vraiment croire Elon Musk quand il parle du Roadster.

Ces questions ne tombent pourtant pas du ciel. Avant chaque conférence, les actionnaires individuels proposent les sujets qu’ils veulent voir traités sur une plateforme dédiée. La plateforme compte bien une rubrique consacrée au Roadster, mais aucune de ses questions n’a recueilli assez de votes. Promise depuis 2017, la voiture n’a donc pas réussi à se faire une place dans leurs priorités.

Le Tesla Roadster est prévu, mais n’a pas encore d’usine

Dans le document de résultats publié par Tesla, le Roadster tient en une ligne qui rappelle son dévoilement. Dans le tableau des capacités de production, la case de l’usine indique « TBD » (à déterminer), sans aucun volume. Le statut du modèle n’a pas bougé non plus. Il en est toujours au « développement du design », la mention qui figurait déjà dans les rapports trimestriels publiés avant sa présentation. Le même tableau attribue pourtant une capacité installée de plus de 125 000 véhicules par an au Cybercab au Texas, et 25 000 au camion Tesla Semi dans le Nevada.

Tesla promet malgré tout une production en 2028. Mais où, et avec quelles batteries ? Le même document reconnaît que le manque de batteries a limité la production de voitures ce trimestre. Les cellules 4680, dont Tesla augmente la production, sont d’ailleurs réservées au Cybercab, au Semi et à une hausse des volumes de Model Y. Le Roadster ne figure pas dans la liste alors qu’il doit utiliser une version améliorée de ces cellules maison.

Les autres questions s’empilent. La version Rocket, celle qui vole, ne sera pas homologuée pour la route, et on ignore ce qu’il en sera des autres. Franz von Holzhausen, designer en chef de Tesla, a aussi confirmé une quatrième version, absente du site officiel. Tesla prend déjà des acomptes, y compris en France : 50 000 euros pour la version Performance, 250 000 euros pour la Thrust. Le prix de vente, lui, n’est toujours pas fixé. Elon Musk, lui, préfère promettre des cascades encore plus folles sur son compte X.

L’argent part ailleurs

Les actionnaires suivent l’argent. Tesla a dépensé 2,76 milliards de dollars en recherche et développement ce trimestre, contre 1,63 milliard un an plus tôt. Ses investissements ont plus que doublé sur la même période, de 2,25 à 4,73 milliards de dollars. Tesla attribue la hausse de ses dépenses à ses projets d’intelligence artificielle et à ses autres programmes de R&D.

Ces dépenses pèsent sur les comptes. Le résultat d’exploitation a chuté de 56 % en un an, à 718 millions de dollars, soit une marge de 2,6 % contre 5,8 % un an plus tôt. La marge brute progresse pourtant, de 18 à 19,6 %, ce qui montre que la baisse vient des dépenses et non des ventes de voitures.

Le FSD, lui, progresse. Il équipe plus de 75 % des voitures neuves livrées en Amérique du Nord, contre 55 % au trimestre précédent. Tesla revendique 1,74 million d’abonnements actifs, contre 1,04 million un an plus tôt, mais ce total inclut les clients qui ont acheté l’option en une fois.

Dans son document, Tesla légende d’ailleurs les photos du Roadster par « la meilleure des dernières voitures conduites par des humains ». On le sait, l’entreprise mise tout sur la conduite autonome, et les actionnaires l’ont visiblement compris.

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