Bip. Bip. Bip. La réglementation GSR2 voulait rendre nos voitures plus sûres. L’Europe a surtout réussi à les rendre franchement pénibles. L’édito Watt Else du 24 septembre 2026 s’est attaqué à un sujet qui hérisse le poil de tous les automobilistes.

Il y a fort à parier que de nombreux conducteurs de voitures neuvesmaudissent quotidiennement la Commission européenne sur dix générations (ou plus). Leur bourreau ? GSR2 et, plus largement, la réglementation européenne qui impose toujours plus d’aides à la conduite… et surtout toujours plus de bips. L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on.

Bip pour avoir légèrement empiété sur une ligne. Bip pour avoir dépassé d’un kilomètre-heure la limitation. Bip pour ne pas tenir assez fermement le volant. Bip pour avoir osé détourner le regard une demi-seconde… Si certaines alertes sont réellement pertinentes, d’autres sont franchement dispensables. Et si vous pensez qu’il suffit de respecter scrupuleusement le Code de la route pour y échapper, vous avez tort. Certains véhicules biperont quand même. Le pire dans tout cela, c’est justement que toutes les marques ne logent pas leurs occupants à la même enseigne. 

Une avalanche d’alertes qui distrait plus qu’autre chose

C’est simple : cet été, je suis passée d’un véhicule d’essai où ces alertes m’ont pourri la vie, au point d’insulter la voiture dans toutes les langues possibles (alsacien et chinois compris), à un modèle où la cohabitation était parfaite sans avoir à les désactiver. Un écart qui interpelle forcément. Je n’ai pas changé ma conduite entre les deux : la différence vient donc bien de la gestion logicielle.

Essai BMW iX3 (2026) // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Au volant du BMW iX3 (2026) avec des ADAS au point // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

L’Europe a imposé des fonctions de sécurité, elle n’a jamais exigé qu’elles marchent correctement. C’est probablement ce qui crée cette situation ubuesque. Ce que je ne comprends toujours pas, c’est comment certains constructeurs arrivent à s’en sortir, alors que tant d’autres semblent incapables d’améliorer leur système au fil des années. 

Une calibration très différente d’une marque à une autre

Quel est le secret des constructeurs allemands, comme BMW ou Volkswagen, que je place parmi les meilleurs élèves sur la question ? Talent, magie noire ou une interprétation plus personnelle de la réglementation. Chez ces deux marques, les alertes ne se déclenchent pas pour un oui ou pour un non, seulement pour ce qui mérite d’être signalé. En résumé, on peut très bien rouler sans pester contre ces bips. Un véritable soulagement. 

En revanche, en bas du classement, on retrouve à peu près toutes les marques asiatiques. Le moindre trajet peut vite se transformer en rave party, avec une mélodie à base de bips permanents et d’alertes à l’écran. Même des marques chinoises technologiquement très avancées, comme Xpeng, se prennent les pieds dans le tapis avec leurs ADAS.

La vitesse relevée étant fausse, l'alerte de survitesse bip et en plus je ne tiens pas le volant selon la voiture // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Biiiiiip … La vitesse relevée par la voiture est fausse, l’alerte de survitesse s’active et en plus je ne tiens pas le volant selon le véhicule // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

BYD, MG et même GAC Aion, que j’ai encore essayé mardi matin, infligent la même punition si l’on n’a pas le réflexe de désactiver ces alertes. Les marques japonaises ne nous épargnent pas plus. Du côté coréen, Hyundai et Kia font légèrement mieux, mais sont loin des bons élèves.

Dans tous les cas, ces constructeurs semblent suivre un peu trop à la lettre les règles, au point que les bips en deviennent une source de distraction. On marche sur la tête.

À la recherche du « bouton magique »

Notre planche de salut repose sur la possibilité de désactiver ces aides mal calibrées. Il faut néanmoins le faire à chaque démarrage du véhicule. C’est encore la réglementation qui impose que ces alertes reviennent nous hanter à chaque départ. Et profitons-en, car dans les prochaines années, nous pourrions perdre cette possibilité.

Face à l’exaspération de leurs clients, certains constructeurs ont donc compris qu’il était dans leur intérêt d’avoir des moyens rapides pour couper le sifflet à tous ces bips. Renault a d’ailleurs rapidement vu sa solution hériter du surnom de « bouton magique », de son vrai nom le mode « My Safety Perso », qui, d’un double appui sur un bouton à côté du volant, réduit au silence ces aides qui n’en sont plus. D’autres marques proposent un raccourci vers le bon menu de l’écran central pour gérer tout ça.

Même la e-C3 de base à un bouton pour désactiver l'alerte de survitesse // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Même la e-C3 de base à un bouton pour désactiver l'alerte de survitesse // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Chez d’autres, notamment les constructeurs chinois, il faut souvent naviguer dans plusieurs menus et sous-menus aux libellés obscurs. Autant dire qu’il est tout aussi exaspérant d’avoir à couper les aides que d’avoir à les supporter.

Sur les derniers véhicules chinois que j’ai testés, qui semblaient considérer neuf fois sur dix que je ne regardais pas la route quand je conduisais, j’ai trouvé une solution très personnelle : monter suffisamment la musique pour masquer ces sons quand j’avais la flemme de chercher à les désactiver. De quoi devenir vite nostalgique du bon vieux temps.

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