L'entreprise Anki a annoncé qu'elle arrêtait de produire des robots jouets, pourtant très mignons... et très attractifs. D'importantes levées de fonds avaient été effectuées pour les financer.

Le (mignon) robot Cozmo et les autres jouets de la marque Anki vont connaître une mort prématurée. Lundi 29 avril, l’entreprise a annoncé à ses 200 employés qu’elle fermait, rapporte Recode. Elle réussi à lever des fonds importants grâce à des investisseurs et une cagnotte Kickstarter. Cela n’a visiblement pas suffi.

De bons revenus, mais un Kickstarter malgré tout

En 2017, Anki avait réalisé 100 millions de dollars de revenus. Ce chiffre devait être dépassé en 2018. L’entreprise avait par ailleurs levé 200 millions de dollars de capital auprès d’investisseurs en moins d’un an. Enfin, elle avait bouclé à l’automne 2018 une cagnotte Kickstarter de près de 2 millions de dollars (pour un objectif de départ de 500 000) dédiée au développement de Vector, un nouveau robot.

Sur la page Kickstarter dédiée, on apprend qu’un peu plus de 8 200 internautes ont contribué. L’entreprise n’explique pas pourquoi elle avait besoin de 500 000 euros supplémentaires via Kickstarter, alors même qu’elle avait effectué une levée de 200 millions auprès d’investisseurs… L’un des cofondateurs, Hanns Tappeiner, avait plus ou moins répondu sur le site d’Anki. « [C’est] parce que nous voulons mettre Vector dans les mains de l’incroyable communauté de Kickstarter », écrivait-il, avant de préciser que c’était une manière pour eux de mieux « engager » les clients.

Ces explications sont d’autant plus floues que Vector est à priori le seul produit pour lequel ils ont lancé un Kickstarter. Plus qu’un amour pour le site de financement participatif, il semblerait qu’ils essayaient de s’assurer des ventes futures du produit, ou d’obtenir de l’argent assez rapidement. Les clients n’ont eu que quelques semaines (entre août et septembre 2018) pour pré-commander leur petit robot.

L’option du rachat 

Par chance, tous les clients ont déjà reçu le robot en l’échange de leur contribution. Il n’est simplement pas précisé si il continuera à être mis à jour, ce qui pourrait à terme poser des problèmes de sécurité.

Tout l’argent récolté n’a visiblement pas suffi à pérenniser l’entreprise. Son CEO Boris Sofman a annoncé que les employés étaient tous renvoyés et qu’Anki mettait la clé sous la porte.

Il a expliqué à Recode que plusieurs entreprises s’étaient montrées intéressées pour un rachat d’Anki. C’était le cas de Microsoft, Amazon ou Comcast. Aucune offre permettant d’envisager une croissance sur le long-terme n’a pourtant été faite, regrette Boris Sofman. «  Un accord financier important avait été réfléchi avec un investisseur stratégique », a complété un porte-parole. Les négociations étaient presque arrivées à leur terme, mais les deux parties ne sont finalement pas arrivées à se mettre d’accord.

RIP, Cozmo

Anki avait présenté son tout premier produit, Anki Drive, en 2013.

La start-up californienne s’est ensuite démarquée dans le milieu des jouets robots grâce à son produit phare, Cozmo.

Cozmo est doté d’intelligence artificielle. Il est capable de reconnaître des humains, de les suivre, de leur faire la tête ou de jouer à des jeux. Il peut aussi être connecté à une application pour apprendre à coder — on ignore pour le moment si elle sera discontinuée.

Dans le secteur du jouet intelligent, Anki était l’une des entreprises les plus innovantes. D’autres entreprises concurrentes ont fermé récemment. C’est le cas de Jibo, une start-up qui développait un robot intelligent.

Il n’est pas rare, de manière générale, de voir des entreprises réaliser de belles levées de fonds ou gagner beaucoup d’argent grâce à Kickstarter… avant de finalement fermer. Ces sommes, aussi importantes soient-elles, ne sont en aucun cas la garantie de la réussite d’une entreprise. Elles ne garantissent d’ailleurs même pas que l’entreprise tente de réussir, comme c’était le cas pour Anki.

En janvier, on vous racontait l’histoire de Holi, une start-up qui avait récolté 800 000 euros sur Kickstarter puis s’était volatilisée. Les internautes qui avaient payé pour avoir l’un de ses robots connectés s’étaient retrouvés démunis.

À lire sur Numerama : Holi  : la startup française qui avait levé 800 000 € sur Kickstarter pour un réveil s’est volatilisée

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