Contre d'importantes sommes d'argent, les employés étaient invités par des vendeurs Amazon à supprimer leurs commentaires les moins élogieux, trompant ainsi les consommateurs.

Sur Amazon, il arrive que des revues négatives postées par des clients sur des articles vendus disparaissent du jour au lendemain, sans raison apparente. Un article publié par le Wall Street Journal dimanche 16 septembre a poussé Amazon à ouvrir une enquête sur le sujet.

300 dollars par commentaire

D’après le média américain, les employés du géant de la livraison seraient à l’origine des suppressions d’avis. Ils auraient été soudoyés par les vendeurs à hauteur de 300 dollars (environ 250 euros) par mauvais commentaire. Les vendeurs demandaient qu’ils en effacent « au moins cinq » à chaque fois, permettant aux employés Amazon de gagner une belle somme d’argent.

Une usine Amazon, où sont emballés les colis. // Source : CC Flickr Maryland GovPics

Ces derniers étaient aussi invités à fournir les adresses email des clients insatisfaits, ou des données de vente normalement réservées à un usage interne à Amazon, qui permettaient aux vendeurs de connaître les chiffres de leurs concurrents. Ils pouvaient ainsi ajuster leur offre (par exemple en baissant les prix) afin de gagner sur eux un avantage compétitif.

Si les pratiques dénoncées sont « particulièrement prononcées » en Chine, des employés américains seraient également concernés.

« Tolérance zéro »

Interrogé par The Verge, Amazon dit avoir depuis développé des « systèmes » pour restreindre les données auxquelles ses salariés ont accès. « Nous avons des politiques strictes et un code d’éthique et des conduites professionnelles qui s’applique à nos employés », a indiqué un porte-parole, précisant que «  quiconque est en violation de [ce] code » s’expose à des punitions, « incluant un licenciement et de potentielles sanctions légales et pénales ». « Nous avons une tolérance zéro », a-t-il assuré.

Les vendeurs peu scrupuleux risquent quant à eux la fermeture de leurs comptes, la suppression de leurs commentaires (y compris positifs cette fois-ci), la « retenue  » de leurs fonds ou des poursuites judiciaires.

Partager sur les réseaux sociaux