La fondation Mozilla prépare une vaste offensive contre le pistage des internautes. L'an prochain, la version 65 de Firefox bloquera par défaut le pistage à des fins publicitaires et s'attaquera à certaines pratiques abusives.

À partir de 2019, il va y avoir d’importants changements sur la façon dont Firefox gère les outils de pistage publicitaire. Dès l’année prochaine, le navigateur web bloquera en effet « les traqueurs qui ralentissent le chargement des pages », ainsi que ceux qui suivent les pas des internautes d’un site à l’autre. C’est ce qu’annonce la fondation Mozilla dans un billet de blog publié le 30 août 2018.

En réalité, les dispositions prévues par l’éditeur de Firefox sont déjà en place dans la version expérimentale du logiciel (Firefox Nightly). Elles seront ensuite proposées au cours du mois de septembre aux internautes utilisant la version bêta du navigateur (sur Firefox 63). Si le déploiement se passe bien, alors les mesures seront proposées à tout le monde sur Firefox 65, qui sortira en janvier 2019.

Actuellement, la version la plus récente de Firefox est estampillée 61.0.2.

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Alex Wigan

Au cœur de cette démarche se trouve le souhait « d’atténuer les pratiques abusives », au moment où la situation est déjà très détériorée : « les pratiques malhonnêtes qui visent à collecter discrètement des données identifiables ou dégradent l’expérience utilisateur sont de plus en plus courantes ». Des exemples de ces nuisances sur la qualité de la navigation et de l’érosion de la vie privée sont donnés :

« Certains traqueurs pistent les utilisateurs grâce à l’empreinte numérique de leur appareil, c’est-à-dire qu’ils identifient secrètement les utilisateurs en repérant ses caractéristiques uniques et sur lesquels les utilisateurs n’ont aucun contrôle. D’autres sites ont déployé des scripts de minage qui calculent en toute discrétion de la cryptomonnaie en détournant la puissance de l’appareil ».

« Atténuer les pratiques abusives »

Voilà le contexte auquel fait face Mozilla et qui nécessite selon lui l’intégration et l’activation par défaut de contre-mesures. Certes, il s’avère qu’il est déjà possible de contrecarrer en grande partie ces mouchards, mais cela exige un effort de la part de l’internaute : c’est à lui de chercher, d’installer et de configurer les modules complémentaires qui veilleront sur sa navigation et son confort.

Or, l’usage des extensions n’est pas répandu chez la totalité des internautes. Cette future bascule va à son niveau contribuer à un remodelage du web, en faisant passer un nombre significatif d’internautes qui n’avaient pas idée du pistage ou qui ne savaient pas comment le combattre dans le camp des internautes qui agissent. Et cela, même si la part de marché de Firefox s’est érodée au fil du temps, à cause des efforts majeurs de Google pour faire la promotion de Chrome, son navigateur.

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