Après une longue bataille juridique, un vendeur d'armes à imprimer a obtenu gain de cause. Mais l'affaire n'est pas encore pliée.

Aujourd’hui, en ce 1er août 2018, les Américains auraient pu se rendre sur un site dont nous ne donnerons pas le lien pour télécharger un fichier permettant d’obtenir une arme via une imprimante 3D. Une opportunité qui fait froid dans le dos et qui est la conséquence d’une longue bataille juridique entre le propriétaire du site et le gouvernement américain — encore en cours grâce à 8 états qui ont porté plainte à la dernière minute.

« La victoire légale est le commencement formel d’une ère pour les armes téléchargeables. Les armes peuvent être autant téléchargeables que des musiques. Il y aura des services de streaming pour les semi-automatiques », se réjouit Cody Wilson, cité par TechCrunch le 11 juillet 2018. À ses yeux, c’est le début d’un commerce florissant. 

Flippant

En 2013, Cody Wilson, qui se définit comme un anarchiste, a posté les plans d’un pistolet baptisé The Liberator et imprimable en 3D. Rapidement, le gouvernement américain, alors sous l’administration Obama, a fait interdire les fichiers, craignant qu’ils puissent être téléchargés en dehors du territoire. Les autorités publiques y voyaient une violation de l’ITAR (régulation en matière de trafic international des armes). Sauf que c’était une interdiction qui allait à l’encontre des premier et deuxième amendements de la constitution, protégeant la liberté d’expression et le port d’arme.

Pour les pro-armement, c’est bien évidemment une immense victoire, doublée d’une sacrée porte ouverte vers un futur où des armes intraçables, donc hors juridiction, verront le jour. Même si, pour l’heure, les imprimantes 3D capables de les créer restent hors de portée du grand public. Une barrière qui n’empêche pas Avery Gardiner, co-présidente d’une association anti-arme, de s’alarmer dans les colonnes de CNN, «   Les gens qui pourront en fabriquer seront des acteurs étatiques ou des cartels criminels bien financés, lesquels ont la possibilité d’organiser avec efficacité des attaques criminelles aux États-Unis et ailleurs. » Pour elle, il y a donc plus que jamais un risque pour la sécurité nationale comme internationale. 

Le gouvernement avait par ailleurs donné raison à Cody Wilson sous certaines conditions : pas d’arme automatique, pas de revente, pas de calibre supérieur à 50 mm. Mais l’affaire n’est pas terminée : inquiets, 8 états américains ont porté plainte juste avant que l’autorisation soit donnée au site. Cela a pour effet de relancer la machine juridique et de bloquer le processus… pour l’instant.

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