Nikola, qui travaille sur des camions propres, estime que Tesla a violé plusieurs de ses brevets pour façonner son Semi.

Naguère, Nikola et Tesla étaient le prénom et le nom d’un ingénieur ayant marqué l’Histoire. Aujourd’hui, ils sont les patronymes de deux entreprises qui se battent sur le marché des camions propres. Un sacré paradoxe. Car Nikola accuse Tesla d’avoir violé plusieurs de ses brevets afin de concevoir son Semi, un poids lourd 100 % électrique dévoilé à la fin de l’année dernière après plusieurs retards. La start-up qui travaille sur des véhicules électriques et à hydrogène réclame deux milliards de dollars à la firme d’Elon Musk. L’affaire date de novembre dernière, avant même l’annonce du Semi.

Nikola n’aime plus Tesla

Aux yeux de Nikola, il est clair que Tesla a copié le design d’un des ses camions, montré pour la première fois en mai 2016 : l’avant, le pare-brise, les portes et le fuselage comportent des similitudes, ainsi que le coefficient de traînées aérodynamiques. Avant que le Semi ne soit publiquement dévoilé, la start-up avait pris soin de demander des comptes à Tesla, lui suggérant de retarder la présentation pour tirer au clair les accusations. Tesla a ignoré ces alertes. Pour Nikola, le Semi crée «  une confusion sur le marché » et inhibe sa capacité à attirer des investisseurs et des partenaires. Voilà pourquoi il demande deux milliards de dollars. 

« Tesla n’a aucun brevet protégeant le design de son camion et n’a enregistré aucune demande pour une telle protection »

Pour appuyer son argumentaire, Nikola avance aussi que Tesla aurait tenté, en septembre 2016, de débaucher son ingénieur en chef pour travailler sur un camion. Il explique, dans l’argumentaire de la plainte : « Tesla n’a jamais clamé que son design était unique. Selon les informations et les croyances, Tesla n’a aucun brevet protégeant le design de son camion et n’a enregistré aucune demande pour une telle protection ». À l’inverse, Nikola a bel et bien fait les démarches auprès de l’autorité concernée, soumettant six brevets.

« Il est clair que cette action en justice n’a aucun mérite », s’est contenté d’indiquer un porte-parole de Tesla dans les colonnes de The Verge le 1er mai 2018. Ce à quoi Nikola a répondu, «  Nous ne commenterons pas car c’est devant la justice. Elle fera son travail  ».

Nikola cherche à concurrencer Tesla de toutes les manières possibles. Le mois dernier, il arguait que ses précommandes pourront être remboursées à 100 %, là où Tesla réclame un acompte. « Nous n’utilisons pas votre argent pour faire marcher notre entreprise. Nous tenons à assurer que nous n’avons jamais utilisé un seul dollar des acomptes dans l’histoire de notre entreprise  », soulignait la start-up dans un tweet. Aujourd’hui, les rejetons de Nikola Tesla sont donc plus que jamais ennemis. 

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