Starlink n’a qu’à bien se tenir. Avant la fin de l’année, le service d’accès à Internet de SpaceX aura un nouveau concurrent, et non des moindres : Amazon Leo. C’est en effet dans les tous prochains mois que l’opérateur satellitaire entend lancer commercialement sa riposte, avec une couverture permise par un premier noyau de satellites.
Cette échéance a été confirmée par Rajeev Badyal, patron d’Amazon Leo (ex projet Kuiper), dans un échange avec Ars Technica paru le 8 octobre. Dans cette première phase, Amazon ne pourra miser que sur quelques satellites en orbite — on en dénombrait presque 400 début juillet. Mais en termes de production, la société en a déjà fabriqué un millier.
De fait, c’est davantage au niveau de la cadence des lancements que cela coince. Amazon fabrique en effet ses satellites bien plus vite que les fusées ne peuvent les emporter. L’entreprise se dit à « quelques semaines » d’un lancement sur Vulcan, la fusée d’United Launch Alliance (ULA), qui sera suivi d’un vol Arianespace et d’un second Vulcan avant fin 2026.
Pour limiter le goulot d’étranglement, Amazon a fait le choix de signer avec plusieurs entreprises pour ne pas dépendre que d’un seul fournisseur. Des accords ont été passés avec ULA, Blue Origin, Arianespace et même SpaceX, la maison mère de son concurrent le plus direct. À ce stade, quinze tirs ont eu lieu entre 2023 et 2026.

Le régulateur américain attend 1 616 satellites
Si Amazon a déjà 400 satellites, on reste cependant loin du compte. La FCC, le régulateur américain des télécoms, exigeait qu’Amazon ait 1 616 satellites en orbite au 30 juillet, soit la moitié de sa première constellation de 3 232 engins. Le 5 juin, elle a levé cette obligation, avec une contrepartie détaillée par Via Satellite.
Ainsi, les satellites lancés après le 30 juillet perdent leur priorité sur les fréquences (en cas de brouillage avec un autre réseau). Cette perte dure jusqu’au 30 mars 2028, ou jusqu’à ce que la moitié de la constellation marche. Cette pénalité peut être réduite à 15 mois s’il prouve avoir construit la moitié des satellites et réservé les fusées.
Avec 1 000 satellites sortis d’usine, il lui en manque encore 616.
Trois fois plus rapide que Starlink, avec quelle antenne ?
Conscient que Starlink compte un réseau déjà bien en place avec 11 000 satellites en orbite, Amazon met en avant ses débits : 1 gigabit par seconde en téléchargement et 400 mégabits par seconde en envoi. Ses équipes se disent trois fois plus rapides que Starlink en téléchargement, et 8 à 10 fois en envoi.
Par contre, ces débits sont ceux de Leo Ultra, l’antenne qu’Amazon destine aux entreprises. Ses modèles plus compacts, Leo Pro et Nano, plafonnent à 400 et 100 mégabits par seconde en téléchargement. Cela reste toutefois de très bons débits, en particulier dans les zones rurales ou encore en zone blanche, qui sont très mal desservies.
Pour les particuliers, d’ailleurs, Amazon promet le meilleur rapport qualité-prix et une installation simple. L’entreprise compte aussi sur ses autres produits, de l’abonnement Prime aux routeurs eero, en passant par Fire TV et les caméras Ring. Elle a déjà signé avec Apple pour fournir la connexion satellite des iPhone.
Il reste à savoir quel sera l’appétit des internautes pour l’offre d’Amazon Leo. Selon Rajeev Badyal, qui a dirigé Starlink à ses débuts, avant qu’Elon Musk ne le licencie il y a huit ans, une deuxième génération de satellites est déjà en route. En France, l’entreprise a obtenu en 2025 l’autorisation d’utiliser les fréquences nécessaires à son service.
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