Deux nuits, là où deux compagnies de démineurs auraient mis environ une semaine.
C’est le temps qu’il a fallu aux robots terrestres du 3e corps d’armée ukrainien pour déminer les 30 km de routes menant à Shandryholove, un village du secteur de Lyman.
Aucun humain n’a eu à s’aventurer sur ces axes piégés. Ce déminage, rendu public le 24 septembre par le média ukrainien spécialisé dans la défense Militarnyi, n’est que le dernier épisode d’une séquence de communication dense autour de ces engins.
Un atout majeur pour l’armée ukrainienne alors que le 20 septembre, le 3e corps annonçait avoir repris plus de 125 km² depuis le lancement de l’opération Vivaldi, en mai 2026.


Des robots à tout faire
Selon les chiffres avancés par le 3e corps, ces drones terrestres neutralisent désormais environ 60 % des mines antipersonnel dans la zone du 3e corps. Ils font aussi l’inverse, en minant à distance les axes empruntés par les troupes russes, à raison de jusqu’à 200 mètres de terrain par jour et par équipe.
Et si le déminage est devenu leur spécialité, leur rôle ne se cantonne toutefois pas à cela. Ils évacuent les blessés et livrent vivres et des matériaux de construction en première ligne. Certains portent aussi des mitrailleuses ou servent d’engins kamikazes.
Le 21 septembre, le 3e corps revendiquait d’ailleurs une « première mondiale » avec des robots terrestres d’attaque largués par des drones bombardiers lourds à plus de 10 kilomètres derrière les lignes russes.
En faisant survoler le front à ses robots, l’Ukraine leur permet d’éviter mines, artillerie, drones FPV (de petits drones kamikazes pilotés en vue immersive) et terrain accidenté, pour frapper directement les lignes d’approvisionnement russes.
Le procédé n’est pas totalement neuf, un robot ARK-1 ayant déjà été transporté de cette manière. Mais c’est la première fois, selon le 3e corps, que des robots d’attaque sont déployés à une telle profondeur au cours d’une offensive.
Préserver les hommes avant tout
Pour une armée en infériorité numérique face à la Russie, l’intérêt est évident. Chaque mission confiée à un robot est un soldat de moins exposé.
Ces machines profitent aussi d’un contexte favorable. Selon l’ISW, les frappes ukrainiennes sur les réserves de carburant russes ont privé de diesel les générateurs de la guerre électronique adverse, tandis que les brouilleurs ukrainiens auraient neutralisé quelque 20 000 drones russes. L’unité d’élite russe Rubicon a même été retirée du secteur après avoir subi des pertes, selon The Kyiv Independent.
Moscou continue pourtant d’envoyer blindés et pilotes de drones vers Dobropillia en vue d’assauts cet automne, et reprend à son compte bon nombre des innovations ukrainiennes.
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