L’armée de l’air ukrainienne a affirmé ce lundi 5 octobre que des tourelles de mitrailleuses robotisées, aidées par l’intelligence artificielle, ont abattu des drones russes à réaction, dont le Geran-5. Son porte-parole reconnaît qu’il était lui-même très sceptique.

Quelle réponse donner aux drones russes Geran-5, propulsés à près de 600 km/h grâce à leur moteur à réaction ? Tirer des missiles et des roquettes ? Encore faut-il en avoir en nombre suffisant. Engager ces appareils au canon, y compris avec des F-16 ? La flotte actuelle risque de ne pas suffire. Mais un autre plan commence à apparaître.

Iouri Ihnat, porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne, l’a expliqué ce lundi 5 octobre lors du téléthon national d’information, comme le rapporte le Kyiv Post. La capitale ukrainienne a commencé à accueillir des tourelles robotisées armées de mitrailleuses pour abattre ces drones très rapides, qui frappent le pays jour et nuit.

Descendre des drones filant à toute allure avec une « simple » mitrailleuse n’est pas un exercice facile. « J’étais moi-même un grand sceptique, je me demandais comment c’était possible », a d’ailleurs confié Iouri Ihnat. Sauf que ces tourelles confient la détection et la visée à des systèmes informatiques, ce qui réduit le rôle des opérateurs humains.

En l’espèce, le porte-parole attribue ces succès à l’intelligence artificielle et à la vision par ordinateur. En combinant ces deux procédés, la tourelle est à même de repérer et suivre une cible dans les images d’une caméra. D’après lui, la machine supprime l’erreur humaine et calcule mieux le tir, en anticipant aussi la trajectoire de la cible, pour faire mouche.

Anticiper est indispensable face à une cible qui, à 600 km/h, parcourt près de 170 mètres par seconde. En revanche, l’armée de l’air n’a précisé ni le nombre de drones abattus avec des tourelles robotisées, ni les conditions des tirs. Par ailleurs, même si ces tourelles ciblent les Geran-5, elles peuvent aussi être mobilisées pour abattre d’autres menaces.

Quatre Geran-5 sur dix échappent à la défense aérienne

Concernant spécifiquement les Geran-5, la défense ukrainienne est à la peine. Le 14 septembre, Iouri Ihnat reconnaissait auprès du Financial Times que le pays n’en interceptait qu’environ 60 %, contre 95 % pour les autres drones russes. Autrement dit, quatre Geran-5 sur dix passaient à travers la défense aérienne.

D’après le président ukrainien Volodymyr Zelensky, plus de douze tourelles sont déjà installées dans la capitale. Huit autres, conçues pour des mitrailleuses de calibre .50 (12,7 mm), vont suivre dans la région de Kiev. Il a donné ce chiffre le dimanche 4 octobre, lors de la visite à Kiev du chancelier allemand Friedrich Merz.

drone f-16
L’option F-16 pour abattre un drone est possible, mais ça coûte cher. // Source : Ukrainian Air Force

Selon Iouri Ihnat, ces tourelles sont placées notamment près des ponts (la capitale étant coupée en deux par le Dniepr). Le 4 octobre au matin, un drone russe a justement touché la chaussée du pont Nord de Kiev alors que des voitures y circulaient, au lendemain d’une première frappe qui avait blessé deux personnes. Pour la quatrième journée consécutive, la Russie visait les ponts de la capitale sur le Dniepr.

Le porte-parole admet toutefois que ces tourelles ont leurs limites : une mitrailleuse ne tire pas loin (de l’ordre d’un à deux kilomètres au mieux pour une mitrailleuse lourde de 12,7 mm). Elles ne couvrent donc qu’une zone précise, et seulement si le drone passe assez bas. Or, les Geran-5 observés au combat peuvent voler à plusieurs kilomètres d’altitude.

Les tourelles s’intègrent cependant dans une défense aérienne multicouche, où différents armements peuvent être mobilisés en fonction de l’altitude, du nombre, de la vitesse, de la dangerosité et de la manœuvrabilité des menaces. Surtout, une rafale de tourelle coûte bien moins cher qu’un missile sol-air, dont le prix se compte souvent en millions d’euros.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !