Nintendo confirme la commercialisation de versions modifiées de la Switch 2 dans l’Union européenne, pour se conformer au nouveau règlement sur les batteries, applicable le 18 février 2027. L’Europe ne réclame pas un retour aux batteries amovibles, mais demande que le remplacement soit possible sans outils spéciaux.

Nintendo vient de confirmer la rumeur : il va déjà y avoir une nouvelle Switch 2… mais sans réelles nouveautés pour les joueurs. Le constructeur japonais a mis à jour sa page européenne dédiée à la conformité réglementaire pour acter une nouveauté, comme on peut le constater ce 4 juin 2026 : il prépare des versions modifiées de ses produits, dont la Switch 2, afin de respecter le règlement européen sur les batteries.

Nintendo explique que les batteries intégrées à certains appareils vendus dans l’UE devront être « facilement remplaçables par l’utilisateur final » à partir du 18 février 2027. Les futures Switch 2 vendues en Europe seront différentes des modèles déjà vendus.

Non, l’Europe n’exige pas le retour des batteries amovibles à l’ancienne

Depuis que les réseaux sociaux se sont emparés du sujet, une intox circule sur la nouvelle législation européenne. On lit partout que l’Europe forcerait les fabricants à revenir aux batteries amovibles des téléphones des années 2000, qu’on retirait en deux secondes en ouvrant la coque. C’est évidemment faux : l’Europe n’exige pas le changement de design de tous nos appareils.

Le texte en question est le règlement (UE) 2023/1542, et plus précisément son article 11. Il définit une batterie « facilement amovible » comme une batterie qui peut être retirée à l’aide d’outils disponibles dans le commerce, sans recourir à des outils propriétaires (sauf s’ils sont fournis gratuitement), ni à de l’énergie thermique ou des solvants pour la démonter.

Source : Nino Barbey pour Numerama
Source : Numerama

En clair, l’Europe veut tuer la colle qui ne se décolle qu’au pistolet à chaleur ou au solvant, les vis propriétaires et les procédures réservées aux ateliers agréés, avec des pièces introuvables sur le marché. Un tournevis standard doit suffire, le fabricant doit fournir une notice de remplacement et la batterie doit pouvoir être retirée sans détruire l’appareil. De quoi rendre le texte beaucoup plus raisonnable.

Les iPhone et les ordinateurs épargnés ? Mais la Switch 2 réinventée ?

La réglementation concerne aussi les smartphones, les tablettes et les ordinateurs, mais le règlement prévoit des exceptions qui visent à ne pas rendre le changement contre-productif. Par exemple, un appareil échappe à l’obligation de batterie remplaçable si deux conditions sont réunies : une certification d’étanchéité d’au moins IP67, et une batterie qui conserve 83 % de sa capacité après 500 cycles de charge et 80 % après 1 000 cycles. Dans ce cas, le remplacement peut rester réservé aux réparateurs professionnels. Une question de bon sens pour éviter que la batterie se noie en cas d’immersion dans l’eau ou pénaliser une marque qui propose un téléphone avec une batterie conçue pour durer.

Un smartphone comme l’iPhone coche ces cases : depuis l’iPhone 15, Apple annonce 1 000 cycles et ses appareils sont certifiés IP68. La marque, qui avait pourtant beaucoup protesté contre cette loi, passe donc entre les mailles du filet. Même logique pour le Pixel 10 Pro (1 000 cycles) ou le Galaxy S26 Ultra (1 200 cycles) : les constructeurs qui ont anticipé n’ont pas besoin de revoir leurs produits.

iPhone 15 et iPhone 15 Plus // Source : Thomas Ancelle / Numerama
iPhone 15 et iPhone 15 Plus. // Source : Thomas Ancelle / Numerama

La réglementation européenne a aussi eu des effets positifs sur les constructeurs : Apple utilise par exemple une colle à décollement électrique pour retirer la batterie. En appliquant un faible courant avec une pile, la batterie se détache sans chaleur ni solvant. Une technique que l’industrie commence à adopter pour rendre la réparation possible tout en gardant des appareils fins et étanches.

Pourquoi Nintendo doit revoir sa console ? Parce que la Switch 2 fait partie des mauvais élèves. La console et ses Joy-Con sont notoirement difficiles à ouvrir, entre vis tri-wing, nappes fragiles et batteries collées. Sans certification ni longévité suffisante pour bénéficier d’une dérogation, Nintendo n’a pas le choix : il doit revoir la conception de ses produits pour le marché européen. Le seul risque pour le consommateur est qu’une marque réduise la capacité de la batterie des versions européennes pour faciliter sa nouvelle conception.

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