Victime de son succès, Anthropic n’a plus la capacité de faire tourner ses serveurs correctement entre les utilisateurs gratuits, ses abonnés payants et les services tiers, comme OpenClaw, que beaucoup associent à Claude. L’entreprise annonce qu’il n’est désormais plus possible de lier un abonnement Claude à OpenClaw : il faut utiliser l’API et payer pour chaque token.

Mauvaise nouvelle pour les abonnés à Claude AI adeptes d’OpenClaw : le 3 avril, Anthropic a envoyé un mail à ses abonnés payants pour leur annoncer une décision radicale : à partir du 4 avril à 21h00 (heure de Paris), il ne sera plus possible d’utiliser son abonnement Claude pour faire fonctionner des outils tiers comme OpenClaw. 

Les utilisateurs qui souhaitent continuer d’utiliser le modèle d’Anthropic avec ce type de services le peuvent, mais devront désormais passer par un système de facturation à part, via l’API d’Anthropic ou un système de hors-forfait intégré à l’abonnement. Pour compenser, Anthropic offre un crédit unique équivalent au montant de leur abonnement mensuel, ainsi que des bundles d’usage à tarif réduit. Mais, sans surprise, la nouvelle est très mal accueillie par les utilisateurs du service.

Anthropic, victime de son succès

Apparu en novembre 2025 sous le nom Clawdbot, le service OpenClaw a toujours rendu Anthropic dubitatif. L’entreprise lui a d’abord reproché son nom trop proche de Claude, avant de finalement le laisser exister, tout en restant méfiant sur l’impact sur ses serveurs.

Depuis plusieurs semaines, Claude fait face une explosion de la demande. Avant cette annonce, Anthropic avait déjà commencé à imposer des limites de session plus strictes toutes les cinq heures pendant les heures de bureau, réduisant le nombre de tokens envoyables par session. Anthropic avait alors indiqué que ce changement visait à « gérer la demande croissante pour Claude » alors que ses serveurs sont plus limités que ceux d’OpenAI ou de Google.

Une des causes de cette saturation est OpenClaw. Très peu optimisé pour minimiser la consommation de tokens, OpenClaw consomme énormément de ressources, reste actif pendant plusieurs heures sur un ordinateur et sollicite Claude perpétuellement. « Nous avons travaillé dur pour répondre à la hausse de la demande pour Claude, et nos abonnements n’ont pas été conçus pour les usage de ces outils tiers », résume Boris Cherny, le responsable de Claude Code chez Anthropic.

OpenClaw et son crabe. // Source : Montage Numerama
OpenClaw et son crabe. // Source : Montage Numerama

Selon VentureBeat, un agent OpenClaw actif sur une seule journée peut brûler entre 1 000 et 5 000 dollars de coûts API. Anthropic ne disait rien au début, mais ne peut pas se permettre de cramer tout son argent pour ces usages de plus en plus répandus.

Il est toujours possible d’utiliser OpenClaw avec un modèle Claude, mais le passage aux tokens change la donne financièrement. Un abonnement Pro coûte environ 22 euros et un abonnement Max monte au-dessus des 200 euros, alors la facturation à la consommation introduit des coûts variables qui peuvent exploser lors des périodes d’usage intense.

Le créateur d'OpenClaw se dit déçu, mais pas surpris. Il dit que son service a été mis à jour pour réduire sa consommation.
Le créateur d’OpenClaw se dit déçu, mais pas surpris. Il dit que son service a été mis à jour pour réduire sa consommation. // Source : X

Sur X, de nombreux utilisateurs dénoncent une décision prise à la dernière minute. Beaucoup menacent de quitter Anthropic et de revenir chez OpenAI, alors que le groupe derrière ChatGPT vient justement de recruter Peter Steinberger, le créateur d’OpenClaw.

Quelques jours avant son annonce, Anthropic avait lancé Claude Dispatch, un concurrent d’OpenClaw qui permet à Claude de contrôler un ordinateur à distance. Difficile de ne pas y voir un lien direct : Anthropic veut créer un écosystème et ne veut pas que son modèle serve à d’autres. En l’état, utiliser Claude sur un OpenClaw 24 heures sur 24 risque de revenir à trop cher pour de nombreux développeurs.

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