Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes de différentes nationalités affirment avoir souscrit à l’abonnement Free Max à 29,99 euros par mois pour bénéficier d’un Internet illimité à petit prix dans leurs propres pays, ce qui est impossible chez eux. Free interdit normalement ces usages, mais comment les encadrer sans être trop radical ?

De la 4G/5G illimitée sans barrière de gigaoctets dans 137 pays : la proposition de Free Mobile avec son forfait Free Max a beaucoup fait parler depuis son annonce le 31 mars. Il faut dire que l’opérateur frappe fort : c’est la première fois qu’un forfait est totalement illimité dans autant de pays. Les autres offres voyage, dont son forfait Free 5G, se limitent généralement à des barrières confortables de 35-40 Go, mais ne permettent pas d’utiliser son téléphone sans compter depuis n’importe quel pays.

Sans surprise donc, les voyageurs français sont nombreux à avoir immédiatement souscrit au forfait Free Max. Mais Free n’avait certainement pas anticipé un phénomène plus global : l’information s’est répandue à l’étranger et des personnes signalent sur les réseaux sociaux avoir souscrit à Free Max sans résider en France.

Free Max est réservé aux Français… mais comment contrôler ?

À 29,99 euros par mois, le forfait Free Max est moins cher que la plupart des offres haut de gamme des autres pays, qui incluent généralement de la data limitée et peu d’étranger. Cette anomalie française, où les prix sont bien moins chers qu’ailleurs, intrigue logiquement. La contrepartie est de posséder un numéro français, mais les utilisateurs peuvent miser sur un combo double SIM avec un numéro local pour le téléphone et l’eSIM de Free pour Internet.

Sur X, on trouve notamment des tweets écrits en russe avec des utilisateurs qui expliquent avoir souscrit à Free Max en truquant leur adresse IP pour être localisés en France. Ils ont pu activer facilement le numéro via une eSIM : ils ont désormais de la data illimitée chez eux pour moins de 30 euros. Ajoutons un autre avantage : en 4G/5G, le forfait de Free utilise les DNS de Free… en France. Il n’y a donc pas besoin d’un VPN pour contourner la censure locale.

Free Max en Russie.
Free Max en Russie. // Source : X

Autre exemple chez les frontaliers : Melvyn, un Suisse qui explique vivre entre les États-Unis et l’Asie, a souscrit à Free Max. « C’est le forfait le plus fou que je n’ai jamais vu », indique-t-il dans son tweet. Il suffit de donner une adresse postale française et de se localiser en France pour pouvoir télécharger une eSIM.

Ici, un utilisateur suisse affirme s'être abonné à Free Max pour payer moins cher.
Ici, un utilisateur suisse affirme s’être abonné à Free Max pour payer moins cher. // Source : X

Si l’usage frontalier n’est pas tellement surprenant (Free l’anticipait et ne s’y oppose pas), on découvre aussi que l’ajout de nouveaux pays comme le Maroc a de l’effet. Le créateur de contenus Moha Soussi, qui publie des vidéos sur le Maroc, explique aussi avoir souscrit à Free Max pour remplacer son forfait marocain trop cher pour peu de contenus.

Le forfait Free Max fait aussi le bonheur des personnes parfois au Maroc, parfois en France, comme le créateur de contenus Moha Soussi.
Le forfait Free Max fait aussi le bonheur des personnes parfois au Maroc, parfois en France, comme le créateur de contenus Moha Soussi. // Source : X

Free Max n’est donc pas qu’un succès en France : le forfait trouve déjà son public à l’étranger. Mais est-ce légal ?

Free peut-il bloquer les comptes de ses abonnés étrangers ?

Dans les conditions générales d’utilisation des forfaits Free, il est spécifié que seule une « utilisation raisonnable » de Free Max est autorisée à l’étranger. L’opérateur précise « qu’une consommation plus élevée à l’étranger (hors Europe et DOM) qu’en France métropolitaine pendant une durée prolongée peut donner lieu à facturation au tarif indiqué dans la grille tarifaire ci-dessous », ce qui suggère que son forfait à des limites. L’opérateur parle notamment d’une « période de 4 mois consécutifs », avec un avertissement préalable en cas d’abus. Mais est-ce vraiment le cas ?

Comme le font remarquer des internautes, de nombreux utilisateurs expatriés utilisent leurs forfaits Free depuis des mois à l’étranger, au Canada ou à Bali par exemple, sans jamais rentrer en France. Free ne les a jamais notifiés : l’opérateur a toujours été très tolérant. Il est normal que Free dicte des règles dans ses CGU : il a signé des contrats avec des opérateurs locaux qui n’apprécieraient pas que Free leur pique des abonnés. Il lui faut un dispositif en cas d’infractions répétées et de plaintes de son partenaire.

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Interrogé par Numerama sur le sujet lors de l’annonce de Free Max, Nicolas Thomas, le DG de Free, suggérait qu’un étudiant à l’étranger ne serait pas dérangé s’il utilise son Free Max exclusivement à l’étranger avant de revenir en France. Nicolas Thomas suggérait que certains utilisateurs feraient perdre de l’argent en Free en utilisant seulement le réseau de ses partenaires, mais que « c’est le jeu » avec ce type d’offres. La bonne pratique reste néanmoins de revenir en France régulièrement pour prouver que l’on a toujours un lien avec le pays, ce qui permet de rester dans les règles.

La donne sera-t-elle différente avec Free Max ? Si les opérateurs marocains voient de nombreux abonnés partir, il est probable qu’ils sanctionnent Free et rompent leur accord. L’enjeu est sans doute ici pour l’opérateur : Free veut des abonnés et se moque très certainement de leurs nationalités, mais l’opérateur sait qu’il joue à un jeu risqué si son forfait fait de l’ombre aux opérateurs des autres pays. C’est aussi pour cette raison que des pays prisés des Français manquent encore à l’appel : leurs opérateurs ne voient certainement pas d’un très bon œil cette concurrence internationale.

Source : Numerama

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