C’était l’annonce que tout le monde attendait : quel nom pour le porte-avions de nouvelle génération (PANG) qui succédera au Charles de Gaulle ? Celui d’un militaire de renom ? D’un homme d’État ? D’une grande figure féminine ? En fin de compte, dans son discours du 18 mars 2026, Emmanuel Macron a déjoué tous les pronostics en choisissant France Libre.
Ce nom, assurément, sera abondamment commenté. En tout cas, ce choix ne vient pas de nulle part : il s’inscrit dans la lignée du général de Gaulle en mettant en lumière le mouvement de résistance qui a œuvré pour libérer le pays. Par ailleurs, cela lève la difficulté de choisir un personnage capable de passer après un tel patronyme, qui écrase tout dans l’imaginaire collectif.

Le France Libre, donc, devrait commencer à sillonner les mers à partir de 2038. La première grosse phase du chantier n’a d’ailleurs pas attendu le discours du chef de l’État : la construction de deux chaufferies nucléaires K22 est déjà en cours. Elles fourniront toute la puissance énergétique requise pour un bâtiment plus lourd et plus connecté.
Ces chaufferies nucléaires pourront « délivrer deux fois plus d’énergie que celles du Charles de Gaulle », a souligné le président de la République. Une bonne nouvelle pour un navire présenté comme « digital et data-centré », avec une architecture numérique présentée comme sécurisée, flexible, performante et évolutive, et où l’IA aura toute sa place.
Ce sera aussi bénéfique pour les ruptures technologiques qui sont prévues à bord. On pense certes aux trois catapultes électromagnétiques (EMALS) qui équiperont le France Libre pour lancer des avions et des drones à un rythme soutenu, mais aussi et surtout aux nouvelles capacités de défense du navire. On pense ici aux moyens anti-drones.
La guerre des drones : le pari du laser haute puissance
Emmanuel Macron en a dit un mot durant son discours, évoquant les « systèmes de défense laser ». Ces capacités, qu’on classe dans la catégorie des armes à énergie dirigée, ont en effet besoin d’un fort apport électrique pour pouvoir effectuer des tirs à haute puissance et ainsi brûler des drones qui se montreraient menaçants.
La confirmation par Emmanuel Macron de la présence d’armes laser à bord du France Libre n’est pas surprenante. C’est un sujet dans l’air du temps : on parlait déjà d’un tel développement en 2024, en citant ces armements ainsi que les brouilleurs à forte puissance qui, eux, visent à perturber les signaux des aéronefs sans pilote pour les forcer à tomber.

Elle est également cohérente avec les enseignements des différents conflits qui ont émergé durant la décennie 2020 : guerre entre l’Ukraine et la Russie, guerre entre Israël et les groupes armés de pays voisins, guerre entre l’Iran et les États-Unis… les drones apparaissent dans tous les conflits et leur très faible prix permet de mener des attaques saturantes, difficiles à contrer.
Une protection multicouche : entre escorte et autodéfense
Quand le France Libre évoluera en mer, il ne sera évidemment pas seul : il aura autour de lui une puissante escorte navale composée de plusieurs frégates de premier rang qui seront là pour assurer sa protection à longue et moyenne portée. D’ailleurs, elles aussi accueilleront un jour des lasers, car il n’y aura jamais assez de missiles à bord pour tout contrer.

Il y a aussi un bête calcul comptable : les drones coûtent quelques milliers ou dizaines de milliers d’euros, là où les missiles atteignent largement le million d’euros à l’unité. Certes, il est toujours préférable de consommer un missile à un million pour sauver un bâtiment qui en coûte dix milliards (pour le France Libre), mais on peut aussi viser l’efficacité économique.
Au-delà des lasers et des brouilleurs, le France Libre intégrera des moyens d’autodéfense supplémentaires, semblables à ce que l’on peut trouver sur le Charles de Gaulle. On pense à des leurres et des protections cyber pour les moyens non-létaux jusqu’aux missiles pour les options les plus dures, en passant par l’artillerie de proximité (mitrailleuses).
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