La gendarmerie recrute un expert de haut niveau pour « déprotéger » des matériels ou des données auxquels les enquêteurs cherchent à accéder.

La gendarmerie nationale a fait publier ce jeudi au Journal Officiel deux petites annonces d’emploi, dont l’intitulé résonne fortement avec le conflit qui oppose Apple au FBI aux États-Unis. La première concerne un « emploi d’expert de haut niveau en technologies numériques chargé de projet et développement de techniques de déprotection matérielle à la division ingénierie numérique » de l’Institut de recherche criminelle, au pôle judiciaire de la gendarmerie nationale, à Pontoise (95). La seconde est très proche dans son intitulé mais concerne les « techniques de dé-protection logicielle ».

Les deux postes sont ouverts aux titulaires d’un diplôme d’ingénieur ou au moins d’un master 2 en informatique, électronique cryptologie ou mathématique.

Selon le descriptif, « le candidat retenu aura pour mission principale de développer des méthodes et outils nécessaires à la dé-protection matérielle (smartphones, disques durs…) et assurer la pertinence, la robustesse de ses méthodes ». En clair, il s’agira par exemple d’essayer de contourner le chiffrement des iPhone ou le chiffrement sous Android, pour accéder au contenu des appareils bloqués. C’est une attente forte du parquet, et plus généralement des enquêteurs qui souhaitent obtenir toutes les preuves potentiellement accessibles sur les matériels saisis chez des suspects. Mais les besoins sont bien plus larges :

Un hacker chercheur

Le candidat idéal, qui devra aussi « disposer de capacités avérées à acquérir de nouvelles compétences », doit déjà avoir dans ses bagages :

  • maîtrise de la structure des systèmes électroniques ;
  • expérience de conception et de rétro-conception de circuits électroniques ;
  • capacités de développement (langages C/C++, Java, Python…) ;
  • connaissance d’un ou plusieurs domaines innovants nécessaires au développement de l’activité du département ;
  • excellente connaissance des technologies numériques ;
  • maîtrise écrite et parlée de la langue anglaise ;
  • une connaissance de la criminalité liée aux nouvelles technologies est également recherchée.

La personne recrutée « devra mettre en place les outils d’analyse de données permettant au département INL d’exploiter au mieux les informations à sa disposition ». « Il devra pour ce faire être en mesure d’analyser les supports informatiques et réaliser des dossiers d’expertise comme soutenir techniquement les enquêteurs de la gendarmerie spécialisés en nouvelle technologie », précise la gendarmerie.

Celle-ci attend par ailleurs de son expert de haut niveau qu’il s’engage dans la communauté internationale de la sécurité informatique, pour apporter ses propres travaux et bénéficier des avancées des autres. Ainsi, « il sera également chargé de définir et conduire la politique de veille technologique dans son domaine de compétence et de valoriser son action à un niveau national ou international en participant à des publications dans des revues ou en recherchant des partenaires ».

Enfin, précise l’annonce, « il sera aussi chargé de l’animation de l’activité scientifique et technique du département en faisant preuve d’innovation et en suivant différents projets de recherches et de développement, en dispensant des cours et en développant des relations entre les acteurs français et étrangers du domaine de l’expertise en technologie numérique ».

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