Christina Koch, astronaute d’Artémis II, n’est plus éligible aux vols spatiaux et prend d’autres fonctions au sein de la Nasa. C’est donc tout l’équipage de la mission lunaire d’avril 2026 qui renonce à voler dans l’espace. Une preuve que les astronautes auraient reçu trop de radiations ? La rumeur a été rapidement démentie par l’un d’eux.

Ils ont tous officiellement rangé leur scaphandre au placard. Les 4 astronautes de la mission Artémis II, qui ont fait le tour de la Lune en avril 2026, ont désormais pris leur « retraite ». Aucun d’eux n’a prévu de voler de nouveau dans l’espace. La fin de leur carrière d’astronaute ne signifie toutefois pas la fin de leur vie professionnelle tout court.

Dans un communiqué publié le 13 octobre 2026, la Nasa a officialisé le nouveau rôle de Christina Koch. La première femme à survoler la Lune, en tant que spécialiste de mission d’Artémis II, ne volera plus dans l’espace et devient ingénieure en chef adjointe de la Nasa, par intérim. Elle prendra ses fonctions le 1er novembre, à la suite de Katherine Van Hooser, ingénieure en chef adjointe depuis 2023.

Ingénieure en chef adjointe de la Nasa : quel est le nouveau rôle de Christina Koch ?

Concrètement, Christina Koch aidera Amit Kshatriya, ingénieur en chef de la Nasa, à diriger les ingénieurs de l’agence, avec un rôle de supervision technique et de préparation des missions sur l’ensemble des programmes, dont le retour sur la Lune et, à terme, Mars. Ce poste la fait passer au statut d’« astronaute manager » (management astronaut, en anglais) : elle ne sera plus éligible aux affectations de vols spatiaux, mais pourra mettre son expérience au service d’autres missions.

Source : NASA/Frank Michaux
Christina Koch. // Source : NASA/Frank Michaux

Le communiqué de la Nasa ne prévoit aucun retour en vol : ce changement de statut marque donc a priori une fin définitive de carrière de vol, d’autant plus qu’elle s’accompagne d’une évolution vers des fonctions de haut niveau.

À l’instar de Christina Koch, les trois autres membres de l’équipage d’Artémis II ont tous pris leur retraite des vols spatiaux actifs, dans la foulée de la mission lunaire d’avril 2026 :

  • Reid Wiseman (commandant) : l’ancien chef du bureau des astronautes est passé au statut d’astronaute émérite de la Nasa en septembre 2026, un statut qui met fin à son éligibilité aux vols spatiaux tout en lui permettant d’intervenir bénévolement comme consultant, formateur et mentor auprès de la Nasa,
  • Victor Glover (pilote) : il a également effectué sa transition vers le statut d’astronaute émérite de la Nasa, en même temps que Reid Wiseman, quittant la rotation des vols actifs pour transmettre sa connaissance du vaisseau Orion aux futures missions Artémis et se consacrer à d’autres projets, à la Nasa et en dehors.
  • Jeremy Hansen (spécialiste de mission) : en juillet 2026, l’Agence spatiale canadienne (ASC) a annoncé qu’il quitterait son corps d’astronautes à partir de septembre, pour entamer un nouveau chapitre de sa carrière professionnelle tout en restant ambassadeur du spatial.

Depuis l’annonce concernant Christina Koch, plus aucun des membres d’Artémis II n’est éligible à un nouveau vol spatial.

Ces départs tombent alors que la Nasa prépare la suite du programme. Artémis III, prévue en 2027, restera en orbite terrestre pour tester l’amarrage entre Orion et les atterrisseurs lunaires commerciaux. La Nasa vise ensuite un retour d’astronautes américains à la surface de la Lune avec Artémis IV, en 2028. L’agence compte sur Reid Wiseman et Victor Glover pour transmettre leur expérience aux équipages de ces missions.

Trop de radiations pour voler à nouveau dans l’espace ? Victor Glover dément

Une situation qui a rapidement soulevé des questions sur les réseaux sociaux, certains allant même jusqu’à suspecter que les 4 astronautes auraient reçu trop de radiations durant leur mission pour être capables de voler à nouveau. Une hypothèse immédiatement balayée par l’un des intéressés. « Une dose [de radiations], oui. M’empêcher de voler à nouveau, non. J’aurais pu marcher sur la Lune, mais je préfère aider quelqu’un d’autre à le faire. C’est ma vérité, et je ne parle pour personne d’autre », a répondu Victor Glover sur X.

Le mSv (millisievert) est l’unité de mesure utilisée pour évaluer la quantité de radiation absorbée par le corps humain et son impact sur la santé.

La Nasa applique une limite de radiation unique de 600 millisieverts (mSv) sur l’ensemble de la carrière d’un astronaute, sans distinction d’âge ou de sexe. L’agence a elle-même proposé ce plafond, que les Académies nationales des sciences américaines lui ont recommandé d’adopter dans un rapport publié en 2021.

Lors de la mission Artémis I, partie sans équipage autour de la Lune fin 2022, les capteurs installés dans la capsule Orion ont mesuré une dose totale de 27 à 35 mSv en un peu plus de 25 jours, soit environ 5 % de ce « budget ». D’après les auteurs de l’étude, publiée dans Nature, les prochaines missions Artémis, de durée comparable, ne devraient pas approcher la limite. Artémis II n’a duré que 10 jours.

Rien n’indique donc que les radiations aient écourté la carrière des membres d’Artémis II. Les 4 astronautes ont rejoint des postes de direction, de conseil ou de transmission, et Victor Glover dit avoir préféré aider la génération qui posera le pied sur la Lune.

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