Censé rehausser l’orbite du télescope spatial Swift de la NASA, le véhicule robotisé LINK rencontre d’importantes anomalies matérielles. Désormais en rotation incontrôlée et privé de deux roues de réaction, l’engin doit être stabilisé avant d’envisager la suite de la mission.

Tout ce qui est susceptible d’aller mal doit-il aller mal ? Force est de noter, en tout cas, que le projet de maintenance orbitale mené par la NASA et la startup Katalyst Space traverse une sacrée zone de turbulences. Depuis ce week-end des 25 et 26 juillet, la situation s’est notablement dégradée, ce qui questionne la réussite à terme de la mission.

Rappel des faits. D’après la chronologie officielle, le remorqueur spatial LINK a bien été lancé le 3 juillet par une fusée Pegasus XL depuis l’atoll de Kwajalein, dans le Pacifique, et au beau milieu de nulle part — mais qui a le mérite de se trouver sur la route de Swift. Ainsi, ce lancement à cet endroit a permis à Katalyst de se faciliter la vie.

Swift Pegasus XL
L’avion qui a lancé la fusée qui a lancé LINK. // Source : Montage Numerama

Objectif de LINK ? Rejoindre le télescope spatial Swift, dont l’altitude diminue sous l’effet de la traînée atmosphérique et de l’activité solaire, pour le remorquer vers une orbite plus sûre. Si rien n’avait été entrepris, l’engin, qui est encore tout à fait fonctionnel, aurait fini par chuter gravement vers la Terre, ce qui aurait causé sa perte.

Des débuts prometteurs assombris par les premiers soucis en orbite

Au lendemain du tir, les équipes ont établi la liaison radio et entamé la phase de qualification en orbite. Au 10 juillet, les voyants semblaient au vert : déploiement des panneaux solaires, mise sous tension des instruments, contrôle de l’excès de quantité de mouvement et premiers essais des propulseurs électriques au xénon.

Pourtant, des accrocs sont rapidement venus perturber les opérations. Dans un communiqué du 15 juillet, Katalyst a reconnu l’apparition de problèmes d’orientation et de communication, et un dysfonctionnement sur l’une des trois roues de réaction de l’appareil. L’entreprise indiquait avoir envoyé un correctif logiciel pour rétablir la stabilité de LINK sur trois axes.

Du côté de la NASA, on se voulait rassurant, rappelant que le calendrier de qualification intégrait des marges pour surmonter ces imprévus. « Katalyst a mis en œuvre des correctifs de vol et des mises à jour opérationnelles qui ont permis de rétablir des communications fiables et un contrôle d’attitude stable », était-il annoncé.

Le week-end où tout a basculé, avec une rotation incontrôlée

Hélas, la situation s’est nettement compliquée quelques jours plus tard. Dans un point de situation publié le 28 juillet, la NASA a révélé que LINK avait subi de graves dysfonctionnements de contrôle d’attitude au cours du week-end. L’engin est parti en rotation sur lui-même, rendant les communications sporadiques.

Source : Katalyst
Les jalons théoriques de la mission. // Source : Katalyst

Le bilan technique, à ce stade, est relativement dégradé :

  • Deux des trois roues de réaction ne fonctionnent plus. Or, ces gyroscopes internes sont indispensables pour maintenir la bonne orientation du remorqueur ;
  • Le système de propulsion à gaz froid accuse une perte partielle de ses capacités.

La situation est préoccupante, mais l’agence spatiale américaine affiche un certain optimisme : « Les autres sous-systèmes principaux de LINK fonctionnent comme prévu. Le vaisseau spatial dispose toujours d’une alimentation électrique suffisante et reste en communication avec l’équipe Katalyst. »

Stopper la toupie avant de décider du sort de Swift

L’urgence immédiate pour Katalyst et la NASA est de parvenir à stopper la rotation de LINK dans les prochains jours, en actionnant ses propulseurs électriques. Si les ingénieurs parviennent à stabiliser le remorqueur, et à lui faire quitter son état de « toupie », tout ne sera pas réglé pour autant, ce que reconnait volontiers l’agence.

Il faudra en effet réécrire les systèmes de guidage, de navigation et de contrôle de LINK afin de les adapter à la nouvelle configuration du satellite. Ensuite, il conviendra de déterminer si les manœuvres de sauvetage sont encore à portée du remorqueur. Car le pire serait que le remède soit pire que le mal, et que LINK vienne percuter Swift.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !