La startup rémoise a validé deux essais à feu statique de son moteur entièrement intégré, alimenté par sa propre turbopompe développée en interne. Un succès important, qui prépare un premier vol de sa fusée Zéphyr en 2027. Mais d’autres tests sont nécessaires.

En France, on n’a peut-être pas de pétrole, mais on a des fusées. Du moins, on a des acteurs du New Space français qui s’activent pour faire progresser le secteur aérospatial hexagonal. Un exemple tout récent : la startup Latitude a annoncé le 2 juin 2026 avoir réussi deux essais de mise à feu statique consécutifs de Navier, son moteur-fusée.

Cette étape clé dans la vie de cette jeune entreprise, fondée en 2019, a fait l’objet d’une communication étendue. La société a en effet publié la nouvelle sur ses différents comptes de médias sociaux, de X (ex-Twitter) à LinkedIn, en passant par Instagram et YouTube. C’est d’ailleurs sur cette plateforme qu’une vidéo résume ces deux essais.

Ces allumages ont été menés à quelques jours d’intervalle sur son site de recherche et d’essais Titan, situé à l’aéroport de Châlons-Vatry, à environ 50 kilomètres au sud de Reims, dans la Marne. Deux tirs relativement courts, de 15 secondes à chaque fois, afin de valider les phases transitoires d’allumage et d’extinction du moteur.

Malgré la brièveté de ces deux mises à feu, de précieuses données ont pu être glanées pour la suite de sa campagne — l’objectif à long terme étant de réussir à développer une fusée maison, le Zéphyr, qui se positionnera sur le marché des micro-lanceurs pour déployer des nanosatellites. En attendant, l’équipe a applaudi ce succès, comme le montre la vidéo.

Navier Latitude moteur-fusée
Le moteur Navier. // Source : Latitude

Une turbopompe maison comme clé de voûte

Au-delà de l’allumage, et de son caractère visuel très spectaculaire, Latitude fait remarquer une prouesse d’ingénierie qui n’est pas forcément évidente à voir : plutôt que d’acheter une pièce sur étagère, la start-up rémoise a fait le pari de la concevoir, de l’assembler et de la fabriquer partiellement en interne. Le bon déroulement du test valide cette approche.

La turbopompe est un composant critique dans un moteur de fusée. C’est elle qui doit injecter les ergols dans la chambre de combustion, tout cela avec une pression aussi extrême que possible — car de cette pression dépend la performance du moteur-fusée, c’est-à-dire sa capacité de poussée pour décoller et prendre de la vitesse.

Mais il y a encore du chemin. Latitude vise 2027 comme date pour son tout premier vol. Il faut donc continuer à développer le Navier et le Zéphyr. Côté moteur, deux tests devront être menés prochainement. D’abord la poussée à pleine puissance, afin de pousser l’engin dans ses retranchements. Ensuite, la poussée sur la durée, pour constater son endurance.

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