Quels livres de Fantasy et de fantastique parus en 2020 offrir à vos proches pour Noël ? Voici notre guide Numerama.

L’année 2020 donne envie de fuir vers d’autres univers, non ? La littérature de Fantasy et de fantastique pourrait donc être idéale pour offrir à vos proches de beaux voyages dans des imaginaires alternatifs. Mais il se trouve que nombre de ces romans se situant dans d’autres univers ont aussi une pertinence pour regarder, comprendre notre monde réel ou son histoire. Et, oui, on a aussi besoin de cela. La magie est donc aussi poétique que politiquement importante dans ces 4 romans que nous vous conseillons de mettre au pied du sapin en ce Noël 2020.

Un Long Voyage

Source : Aux Forges de Vulcain

Un Long Voyage est la grande révélation Fantasy de l’année 2020, nous offrant une traversée poétiquement politique  qui laisse une empreinte marquante par son regard empathique sur l’humanité.

Le roman de Claire Duvivier est une quête initiatique universelle. Le narrateur, Liesse, nous raconte la chute d’un empire à travers des témoignages, et donc de nombreux points de vue, sur cet épisode historique imaginaire. Mais cette quête a cela d’universelle que plus Liesse nous en apprend sur la chute de cet empire, plus on en apprend sur notre propre monde, bien réel, voire sur nous-même. La plume de Claire Duvivier n’y est pas pour rien dans la qualité du roman, chaque phrase étant écrite avec une forme de « force tranquille » qui nous emmène sur un petit nuage tout au long du voyage.

Cette œuvre plaira tant à celles et ceux qui, habitués à la Fantasy, veulent une autre approche ; qu’à celles et ceux qui, remplis d’a priori sur le genre, pourraient en être finalement introduits à la subtile puissance.

Les Abysses

Traduit par Francis Guévremont. // Source : Aux forges de vulcain

Pour cette deuxième proposition, nous restons chez les éditions aux Forges de Vulcain avec Les Abysses. Un peu comme Un Long Voyage, le roman de Rivers Solomon est une « mise en magie » du monde pour parler de notre réalité, mais relevant davantage du fantastique que de la Fantasy.

Yetu est l’historienne des Wajinrus, un peuple de sirènes qui descendent des esclaves noirs, et plus particulièrement des femmes enceintes qui étaient jetées par-dessus bord par leurs ravisseurs esclavagistes. Ces femmes et leurs enfants se sont transformées en des êtres amphibies, par un phénomène surnaturel issu des profondeurs. L’histoire de ces sirènes est si lourde, si traumatisante, qu’un seul individu porte réellement cette mémoire dans toute la population : l’historien ou l’historienne, transmettant ce fardeau de génération en génération.

Comme dans son précédent roman (L’incivilité des fantômes, que l’on vous conseillait en 2019), Rivers Solomon traite de la place de la mémoire du passé — ici un passé discriminant et traumatique — dans la construction personnelle de soi et d’une société donnée. S’émanciper, est-ce se souvenir ou oublier ? Ce questionnement traverse décidément toute l’œuvre de Solomon avec excellence.

La fileuse d’argent

Traduit par Thibaud Eliroff // Source : Pygmalion

Si vous avez été enchanté par le merveilleux Déracinée, Naomi Novik pourrait vous envouter à nouveau, Pygmalion ayant sorti La fileuse d’argent en 2020. Cela peut aussi être une première plongée dans l’œuvre de cette romancière.

Miryem est la fille d’un prêteur trop généreux, à tel point qu’il ne revoit jamais ce qu’il prête, jusqu’à mettre sa propre famille en difficulté. La jeune femme décide de reprendre les choses en main, et elle le fait si bien qu’elle finit par attirer l’attention d’un mystérieux roi des neiges et son peuple magique, les « Staryk », qui règnent l’hiver sur les provinces gelées par le froid. Ce roi va se confronter à la détermination de Miryem, dont le destin va se relier à celui de deux autres jeunes femmes.

Naomi Novik plonge dans l’atmosphère de ce qui s’apparente à un conte slave de Fantasy. Le premier tiers du roman est peut-être un peu trop « psychologique », mais le récit s’accélère ensuite, et cette atmosphère magique est envoutante, parfois horrifiante.

La Piste des Cendres

Source : Éditions Critic

Voilà un roman de Fantasy où une révolte politique rejoint le souffle d’une aventure épique. Malgré la présence de magie, l’univers de La Piste des Cendres dégage une crédibilité par son inscription dans une période historique de notre passé, bien qu’évidemment réinventée. On se situe effectivement à la fin du 19e siècle au Nouveau-Coronado (équivalent du Nouveau-Mexique), dans une ambiance très western, où les colons mènent les pires exactions sur les autochtones, cherchant à écraser leur culture pour parachever leur conquête. Mais les peuples « indigènes » orchestrent la révolte.

La plume de l’auteur français, Emmanuel Chastellière, crée souvent une sombre tension en toile de fond. L’auteur fait effectivement appel au vent, au ciel, à des vibrations terrestres pour mettre en place une ambiance orageuse. Cela accompagne bien la notion de révolte grondante, justement, au fil du roman. Si nous étions dans un film, cette atmosphère serait traduite par une bande musicale faite de tambours militaires accompagnés d’instruments à cordes latents, comme signifiant l’imminence permanente d’une menace.

Le roman plaira aussi à celles et ceux qui apprécient la présence parcimonieuse de magie dans les univers de Fantasy.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo