Sony a confirmé à demi-mot qu'il y aura une nouvelle PlayStation. On peut s'en étonner, à l'heure du tout streaming.

« Je peux dire qu’une nouvelle génération de console est nécessaire  » : cette phrase est signée Kenichiro Yoshida, CEO de Sony cité par le Financial Times le 9 octobre 2018. Ou comment, en quelques mots, le ponte a confirmé une PlayStation 5 sans la nommer, à une époque où Google nous fait jouer à Assassin’s Creed Odyssey via un simple navigateur internet. Et quand Microsoft rêve de proposer son catalogue Xbox sur un smartphone. Sans parler d’une start-up comme Blade, qui est déjà bien en avance avec son Shadow.

En quelque sorte, Sony avance à contre-courant et assume une posture qui infirmerait la mort annoncée des consoles traditionnelles, serpent de mer agité à chaque nouvelle génération. Le géant japonais, maintes fois leader sur le marché, n’a pas perdu la tête. Il a simplement des raisons de croire que la PlayStation 5 aura sa place dans les salons, qu’importe la transition vers le cloud gaming.

Sony PS4 500 Millions

Plus de 500 millions de consoles vendues

Commençons par du factuel : la PS4 dépassera très bientôt les 100 millions de ventes et, depuis sa toute première PlayStation, Sony a écoulé plus de 500 millions de consoles, réparties en six produits (PS1, PS2, PS3, PS4, PSP et PSVita). La statistique est colossale et ne préfigure pas un désintérêt imminent des joueurs pour une console telle qu’on la connaît depuis plusieurs années.

En somme, Sony continuera de vendre des consoles tant qu’il y aura des gens pour les acheter. Une évidence qui rappelle la réalité du marché cinématographique : Netflix a-t-il fait disparaître les DVD et les Blu-ray des rayons ?

D’ailleurs, selon plusieurs indiscrétions, Microsoft lancerait plusieurs Xbox dans les années à venir : certaines prendraient le relais de la Xbox One, d’autres s’apparenteraient à des box intégrées à son écosystème de streaming. Autrement dit, il devrait y en avoir pour tout le monde — et toutes les connexions.

PlayStation

Un mal nécessaire ?

On peut également prendre le mot « nécessaire » dans un autre sens. Et si la PlayStation 5 était plus nécessaire pour Sony que pour les joueurs ? Contrairement à Microsoft, qui a les reins très solides grâce à ses autres activités, la firme nippone a fait de sa division gaming un pilier de sa santé financière. Il suffit de regarder le bilan le plus récent pour s’en convaincre : durant Q1 2018, les jeux vidéo pèsent pour près de 25 % du chiffre d’affaires. En ce sens, Sony doit prendre plus de précaution que les autres et n’a, en parallèle, pas autant d’argent à investir dans le cloud gaming que Microsoft et Google.

En prime, quand on voit qu’il faut plusieurs années à Sony pour autoriser le changement de pseudo, on se dit que les révolutions prennent plus de temps qu’ailleurs. L’attentisme japonais.

PlayStation Now // Source : Sony

Mais, le cloud existe déjà chez Sony

Ceci étant, il existe déjà du cloud gaming chez PlayStation, depuis plusieurs années, avec le service PlayStation Now. Mais  Sony ne communique pas outre-mesure dessus et mise sur une stratégie inverse par rapport à ce que la technologie est censée offrir. Naguère disponible sur plusieurs supports (PS3, PSVita, certains téléviseurs connectés), l’abonnement a peu à peu restreint son accès à la PlayStation 4 et au PC. En théorie, le but du cloud gaming est de s’ouvrir, pas de se limiter. Depuis peu, le PlayStation Now autorise les téléchargements de certains jeux. Une fonctionnalité qui permet de contenter les plus petites connexions, celles qui n’auront pas accès au cloud gaming et qui accueilleront volontiers une PlayStation 5.

En prime, contrairement au Xbox Game Pass, Sony n’inclut pas ses nouveautés dans son service équivalent. On sait pourquoi : là où Microsoft a peu d’exclusivités, la PlayStation 4 les accumule. Il ne serait donc pas rentable de tout réunir au sein d’un seul et même abonnement.

Difficile, dès lors, d’imaginer à quoi ressemblera le marché vidéoludique de demain. Mais il se dessine quand même une esquisse où les Japonais — Nintendo et Sony — continueraient de s’attacher à des objets quand les Américains — Microsoft et Google –, grâce à leurs millions, migreront vers des services à la Netflix. Chacun devrait pouvoir y trouver son compte… en fonction de sa connexion internet.

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