Parmi les variantes d’histoires Isekai, il existe aussi celles de réincarnation. Le héros meurt et gagne une nouvelle chance dans un autre monde. Si ses souvenirs restent intacts, son corps est en revanche très différent du précédent. C’est le cas de Yôjo Senki - Saga of Tanya the Evil, qui nous plonge en pleine guerre mondiale.

Avant d’être (l’anti) héroïne d’un manga et d’un animé, l’officier Tanya Degurechaff est née en 2013 sous la plume de Carlo Zen (écriture) et Shinobu Shinotsuki (illustrations) dans un light novel comptant actuellement neuf volumes. Si ce dernier est inédit en France, le manga est disponible depuis peu chez Delcourt/Tonkam sous le titre raccourci de Tanya the Evil, tandis que la série animée a été diffusée début 2017 sur la plate-forme Crunchyroll. Produit par le tout jeune studio NuT, Yôjo Senki est réalisé par un ancien de la Gainax et de MAPPA, Yutaka Uemara.

Tanya Degurechaff fait partie d’une division spéciale de l’Empire dans un monde alternatif où la magie aurait pris le dessus sur la science. Dans une autre vie, Tanya était un cadre impitoyable prêt à tout pour réussir professionnellement. Un jour, il est assassiné par un employé qu’il venait de licencier. Au moment de mourir, Dieu intervient et le réincarne dans le corps d’une orpheline vivant dans un monde au bord de la guerre. À seulement 9 ans, la jeune fille incorpore l’armée et commence à y gravir les échelons…

Studio NuT/via Crunchyroll

Des questions sans réponse

Yôjo Senki part d’un postulat de base alléchant en projetant un arriviste, pur produit d’une société capitaliste, au plus bas de l’échelle dans l’horreur de la guerre. Pour une fois, on évite le traditionnel otaku. Toutefois, l’idée de la punition divine est vite abandonnée puisque Tanya se voit octroyer un immense pouvoir magique. Entre son expérience passée de terreur des bureaux, son cynisme exacerbé et son apathie envers l’humanité, elle se retrouve totalement dans son élément — qui plus est, dans le camp de l’envahisseur. Dieu a-t-il un drôle de sens de l’humour, ou bien essaye-t-il de prouver quelque chose ?

Malheureusement, ces questions restent sans réponse à la fin de la série, dont le faible nombre d’épisodes donne l’impression d’assister à une introduction (les trois premiers volumes du light novel sont seulement couverts). Finalement, le script préfère se concentrer sur les opérations militaires de l’escouade de mages menées par le Diable du Rhin. Impitoyable aux premier abord, l’officier Degurechaff n’en devient pas moins un leader charismatique pour ses hommes. Celle ou celui qui viendrait regarder une série militaire en aura assurément pour son argent. D’autant que la réalisation est parfois impressionnante, comme en témoigne l’affrontement aérien du onzième épisode.

Studio NuT/via Crunchyroll

Yôjo Senki n’exploite malheureusement pas tout son potentiel et on aurait aimé que le Major Degurechaff soit caractérisé autrement que comme un « psychopathe au QI élevé  ». Le fait qu’il s’agisse d’un enfant n’apporte strictement rien au final, si ce n’est une séquence d’humour noir où elle prend l’intonation d’une gentille petite fille pour prévenir ses ennemis d’un bombardement imminent… Reste la traditionnelle question des séries se terminant sur un cliffhanger : à quand la suite ? Un long-métrage devrait faire office de deuxième saison sans toutefois être daté pour l’instant.

En attendant, vous pourrez profiter du doublage français, disponible depuis cette semaine sur la plate-forme Crunchyroll, pour découvrir ou redécouvrir l’animé.

 

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